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Le site de Michel Bouffioux

"Derrière les barreaux, le droit à la santé est une fiction"

Publié le 5 Octobre 2006 par Michel Bouffioux in Ciné-Télé Revue

Louis Olivier

Louis Olivier

Une enquête publiée dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 5 octobre 2006

Après le récent décès suspect d’un jeune homme à la prison de Forest des suites d’un éventuel surdosage de médicaments destinés à le «calmer», nous avons mené l’enquête sur un sujet qui reste largement tabou : la déplorable qualité des soins médicaux offerts aux détenus dans les prisons belges. Au travers de témoignages plus accablants les uns que les autres, cet article décrit un système archaïque dont les insuffisances sont constitutives d’atteintes très graves aux droits de l’homme et relèvent très souvent de la non-assistance à personne à danger. Soyons très clair : que les prisons existent pour mettre la société à l’abri des prédateurs, c’est une très bonne chose. Que les cellules ne ressemblent pas à des chambres de l’hôtel Hilton est tout aussi justifié. Que les actes posés par les criminels doivent être fermement sanctionnés ne fait aucun doute. Par contre, notre démocratie n’a rien à gagner d’un système pénitentiaire inhumain qui bafoue le droit à la santé et partant la dignité des détenus.

Amaigri par un cancer dont il ne s’est pas totalement remis, l’homme que nous rencontrons dans les environs de Herstal (région liégeoise) n’a pas l’allure d’un caïd. Pourtant, Louis Olivier est ce qu’on appelle une «figure du milieu». «Oui», avance-t-il avec un sourire affable, «j’ai fait pas mal de coups. Mais je suis de l’ancienne école. La violence, ce n’est pas mon truc. Je n’ai jamais eu de sang sur les mains. Certes, il y a eu cette affaire de coups et blessures, il y a quelques années, mais ça n’a rien à voir avec les activités que je menais à l’époque». Fin des années ’90, Louis Olivier est en effet emprisonné pour avoir tiré deux coups de feu dans les jambes d’un type qui battait sa femme et ses gosses depuis plusieurs années. Pour ce règlement de compte, il écopera d’une peine de 7 ans et demi de prison.

Si nous rencontrons Louis Olivier, ce n’est pas pour parler de cette affaire mais pour évoquer son cancer qui a débuté lorsqu’il était encore derrière les barreaux. Me Nève et Berbuto, ses avocats nous ont parlé de lui : nous savons que cet ancien gangster aujourd’hui «rangé des voitures» a dû mener un long combat pour obtenir du système pénitentiaire que sa maladie grave soit prise en compte et soignée. «Vous vous intéressez au droit à la santé dans les prisons belges ? Dans ce cas, avant de vous parler de moi, je voudrais d’abord évoquer un souvenir qui me hante. Je voudrais vous parler d’un homme qui est pratiquement mort dans mes bras et dont je n’oublierai jamais le visage», objecte notre témoin.

Le récit que nous entendons alors fait froid dans le dos. Cela se passe vers 1999-2000 (pas au moyen âge!) dans une prison de l’Etat belge (pas dans les geôles d’une dictature!). «En plus de l’affaire pour laquelle j’avais été arrêté», raconte M. Olivier, «le parquet de Liège voulait me coller d’autres choses sur le dos. Quand je suis arrivé à la prison de Verviers, j’étais donc assez révolté, un peu rebelle. Avant même que je ne sois jugé, j’ai donc eu droit à un séjour dans le bloc 1B, un quartier de haute sécurité réservé aux condamnés. Au bout d’un certain temps, comme j’étais calmé, on m’a confié une tâche de servant (ndlr : distribution des repas). J’allais et je venais de cellule en cellule et c’est comme cela que j’ai découvert un certain B. Ce gars-là, je l’avais déjà entraperçu lors de mon entrée. A un moment où il en imposait encore. C’était un type athlétique et à ce qu’on m’avait dit de lui, il était considéré comme un caïd en région bruxelloise, plus particulièrement du côté de Schaerbeek. Mais là, je ne l’ai pas tout de suite reconnu ! Il était tellement amaigri. Cet homme n’était plus que l’ombre de lui-même».

«Depuis quelques semaines, B. souffrait le martyre», poursuit Louis Olivier. Il était touché par un cancer foudroyant. A la gorge. Lorsqu’il avait commencé à se sentir trop mal, plutôt que de l’envoyer à l’hôpital, la seule mesure qui avait été prise à son égard avait été de le changer de cellule. En fait, on l’avait placé dans un local nu de tout mobilier, à l’abri du regard des autres détenus. Il était là, allongé sur un matelas de mousse posé à même le sol. Dans cette pièce, il n’y avait même pas un essuie, mais ce n’était plus nécessaire puisqu’il n’avait plus la force de se laver. Les fenêtres étaient grandes ouvertes mais cela ne faisait pas partir l’odeur pestilentielle due notamment au fait qu’il ne parvenait même plus à se lever pour aller aux toilettes. B. ne bougeait pratiquement plus. Il ne savait plus parler, même pas écrire… Et personne ne s’occupait de lui. Quand je l’ai découvert, il était dans cette déchéance totale depuis quinze jours ou trois semaines. A côté de lui, il y avait des pots de médicaments qui séchaient parce qu’il n’avait pas la force de les prendre.»

«Alors je me suis arrangé avec des matons pour pouvoir un peu m’occuper de lui», continue le témoin. ‘On m’a répondu : ok, mais c’est ta responsabilité.’ Je lui donnais de la nourriture… Enfin des petits morceaux de pain trempés dans l’eau. J’ai nettoyé sa cellule. Une fois, j’ai réussi à l’aider à s’asseoir près de la fenêtre pour qu’il prenne un peu de soleil. Un autre jour, je l’ai porté à bout de bras jusqu’à la douche. Ca durait trop longtemps; Un gardien m’a dit : «Et, tu vas me rentrer «ça» dans sa cellule !» J’ai répondu : ‘Mais «ça» c’est un homme!’… J’ai demandé à B. qu’il me donne un numéro de téléphone pour prévenir sa famille ou son avocat. Avec beaucoup d’efforts, il a réussit à me communiquer le numéro d’une certaine Mariana. Je l’ai appelée mais elle ne voulait plus entendre parler de lui. Il était seul au monde. Et il allait mourir là. Oublié de tous. Pire qu’un chien errant. Sans traitement adapté. Même pas contre la douleur. Je m’en suis plaint à des gardiens. Il fallait d’urgence le conduire dans un hôpital! On m’a répondu : ‘T’occupe pas, on ne peut rien faire tant qu’on on n’a pas d’autorisation du ministère’. Quelques jours plus tard, B. est mort. Avec un autre détenu, on a écrit une lettre à la direction pour se plaindre mais cela n’a eu aucun effet. L’affaire a été étouffée. La mort de B. n’intéressait personne. Je me suis occupé de cet homme pendant deux semaines. Sur tout ce temps, il n’avait réussi à me dire qu’une seule phrase construite : «Pourquoi tu fais cela pour moi ?». Son désespoir était si profond qu’il ne s’attendait même plus à recevoir le moindre secours. Vous vous imaginez? C’est vraiment terrible d’en arriver là. De devoir partir comme cela !»

Peu de temps après, Louis Olivier entame une grève de la soif pour protester de son innocence par rapport à certains faits dont l’accuse la justice liégeoise – et pour lesquels il bénéficiera plus tard d’un acquittement par la cour d’assises de Liège. «Après trois jours et demi, pas un médecin n’était pas venu me voir. Une infirmière est brièvement passée dans ma cellule pour me dire que je n’aurais droit à aucune visite médicale. Charitablement, elle m’a alors averti que si je n’arrêtais pas tout de suite, j’allais souffrir de séquelles physiques et neurologiques importantes et irréversibles. J’ai donc arrêté». S’en suit une tentative d’évasion : «Au moment où j’ai été repris quatre malabars de la police fédérale m’ont cassé les dents et m’ont blessé aux jambes (hématomes importants et écorchures diverses). Ok, c’est comme cela. On m’a replacé à Lantin. Mais là, pas le moindre traitement, pas un goutte de mercurochrome, pas un dentiste en vue. On m’a laissé comme cela. Bien sûr, on n’en meurt pas. Ca fait mal, c’est tout».

A cette époque, c’est aussi ce que ce dit Louis Olivier à propos de douleurs qu’il ressent depuis un certain temps en urinant. Mais, quelques mois avant que commence son procès, celles-ci deviennent difficilement supportables. «Pour être tout à fait clair, je commençais à pisser du sang!», précise-t-il. «Je ne dormais plus, j’étais blanc comme un linge, je mangeais de moins en moins et donc je m’en suis plaint au médecin. Il a mis cela sur le compte de mon état nerveux parce que j’allais bientôt passer en procès. Il faut dire que les ‘visites’ étaient très sommaires. On se mettait dans une file avec une trentaine d’autres personnes qui souffraient d’affections et de maladies les plus variées (sida, hépatites, blessures, problèmes nerveux…). Arrivé devant le toubib, sans auscultation, il vous lançait : ‘qu’est-ce qu’il te faut’. Vous répondiez devant les gardiens - pas de secret médical- et vous receviez votre prescription. Voilà, la visite était finie… Comme je continuais à pisser le sang, je m’en suis confié à de nombreuses reprises aux gardiens. Réponse : «On a fait un rapport». Les semaines s’écoulaient ainsi, je maigrissais à vue d’œil, mais rien ne se passait. Et puis j’ai été jugé. J’étais dans un état second, fiévreux, près de m’écrouler à tout moment. Sans plus aucune volonté de me défendre. A cette époque, on m’a donné du paracétamol pour calmer la douleur… Donc je saignais encore plus. Après ma condamnation, j’ai menacé le médecin : «Tu ne va me laisser crever comme cela ! J’aurai ta peau». Conséquence : j’ai été transféré dans un autre bloc, à la maison de peine. Là, il y avait un autre toubib. Celui-là a pris le temps de m’ausculter. Il a vu tout de suite que c’était grave : ‘C’est pas la première fois qu’on m’envoie des types dans votre état. C’est impensable’. Et j’ai enfin eu le droit de subir des examens à l’hôpital où on m’a dit qu’il était moins une. J’avais un cancer de la prostate et de la vessie. Quelques semaines de plus et je passais l’arme à gauche. A ce moment, je ne pesais plus que 42 kilos et je perdais connaissance plusieurs fois par jour».

Quinze jours plus tard, Louis Olivier reçoit l’autorisation d’être opéré. Il ne sait presque plus marcher mais il n’y a pas d’ambulance pour le conduire à la l’hôpital de la Citadelle : on l’emmène menotté entouré d’un dispositif policier impressionnant. L’intervention chirurgicale est très lourde. Ablation de la prostate, de la vessie et reconstruction de celle-ci à partir d’un morceau d’intestin. «Je me suis réveillé avec 11 tuyaux dans le corps. Quatre jours plus tard, les gardiens de Lantin qui venaient me surveiller à l’hôpital me remettaient des chaînes aux pieds contre l’avis des médecins. Parmi ces gens, il y a en a qui sont corrects mais il y a aussi des fêlés. L’un d’eux m’a nargué comme s’il voulait en découdre avec moi alors que j’étais encore entubé. Il y avait toujours un surveillant dans la chambre. 24 heures sur 24. Même quand on me lavait».

Ceux qui ont subi de telles opérations savent qu’elles impliquent une convalescence longue et difficile. Pour Louis Olivier, elle se passe en prison. Quand il revient à Lantin, il ne sait presque plus marcher, il peut devoir uriner à tout moment avec risque systématique de devoir déféquer. Impossible pour lui d’encore fréquenter le préau ou les douches communes. En plus, les soins journaliers dont il a besoin ne peuvent être donnés en milieu cellulaire. «Je continuais à perdre du poids, ça n’allait pas du tout. Même le médecin de la prison estimait que je devais bénéficier d’une libération provisoire pour raison de santé. Mais cette fois, c’est le ministre de la Justice qui refusait (ndlr : Verwilghen à l’époque). Mes avocats ont entamé des recours au conseil d’Etat, cela a duré des mois. Finalement, j’ai bénéficié d’une libération conditionnelle. Soi disant parce que j’étais malade mais si je ne l’avais jamais été, j’aurais été libéré au même moment !».

Oserait-on écrire que Louis Olivier s’en est encore bien sorti ? Mieux en tous cas qu’Yves Roland, un ex-détenu de la prison d’Andenne qui est décédé le 14 août dernier d’un cancer généralisé. «Son état de santé se détériorait continuellement depuis l’été 2005.», témoigne son beau-père. «Ce dont il souffrait n’était un mystère pour personne. Il n’arrêtait pas de perdre du poids. On lui avait fait des prises de sang. Pourtant, le médecin de cet établissement pénitentiaire ne voulait rien entendre et Yves n’a donc reçu aucun traitement spécifique contre le cancer. Il avait juste droit à des antidouleurs. Notre famille s’est battue en vain contre le docteur de la prison pour qu’il accepte le transfert d’Yves dans un hôpital spécialisé… En fait, il ne l’a accepté que le 7 août dernier quand mon beau-fils était déjà à l’agonie. Aussitôt, il a été transféré dans un service d’oncologie. Mais c’était trop tard». La semaine dernière, à la demande de la famille d’Yves Roland, Me Frédéric Bovy a déposé une plainte pour non-assistance à personne en danger auprès du juge d’instruction de Namur.

Bien qu’en l’espèce il n’y ait pas eu mort d’homme, le cas vécu par Jean (ndlr : prénom fictif) est aussi très interpellant. Ce jeune homme, que nous rencontrons en compagnie de ses parents en région liégeoise, est gravement handicapé. Il y a trois ans, un accident l’a privé de ses deux mains et de l’usage d’un œil. En juillet 2004, Jean est impliqué dans un conflit qui tourne mal : il reçoit deux balles dans le dos. «On m’a aussitôt emmené au CHR. Heureusement, le premier projectile ne m’avait qu’éraflé et l’autre les médecins me l’ont retiré. Aucun organe vital n’avait été touché. Je m’en tirais avec deux grandes cicatrices dans le dos». Celles-ci n’ont pas encore eu le temps de se refermer que Jean se retrouve déjà transféré dans les locaux de la police et chez le juge d’instruction. «C’était quelques heures seulement après mon opération. On m’a laissé poireauter toute une journée sans manger et sans boire», raconte-t-il. Accusé par son agresseur de revendre du haschich, il reçoit aussitôt son billet pour aller passer un séjour à Lantin.

«Le fait que des gens se retrouvent en tôle parce qu’ils ont fait des conneries me semble tout à fait normal. Il faut payer ses erreurs», estime Jean. «Par contre, la manière dont on est traité n’est pas acceptable : le droit à la santé derrière les barreaux, c’est une fiction ! Je trouve que c’est une grave erreur stratégique si l’on veut plus de sécurité dans notre société : ce n’est pas en infligeant des atteintes à la dignité des détenus qu’on va leur donner l’envie de se réconcilier avec le monde. En ce qui me concerne, je portais des prothèses qui nécessitaient une désinfection quotidienne avec un produit spécialisé à base d’alcool. Jamais durant les dix-sept jours que j’ai passé en prison, ce désinfectant ne m’a été donné. C’est mon codétenu qui m’aidait comme il le pouvait en nettoyant mes prothèses à l’eau. Quant à mes blessures au dos, j’ai eu droit irrégulièrement à quelques désinfections sommaires données par une personne dont je ne saurais dire s’il s’agissait d’un médecin ou d’un infirmier. Parfois, il utilisait de l’isobétadine, parfois de l’eau oxygénée. Résultat des courses : quand je suis sorti de Lantin, mes cicatrices étaient devenues des plaies purulentes. A l’hôpital, on m’a expliqué qu’avec quelques jours de plus de ces mauvais soins, j’aurais certainement eu des complications très graves».

Tous ces dossiers de mauvais traitements n’étonnent guère Delphine Paci, la présidente de la section belge de l’ Observatoire International des Prisons. Cette jeune avocate vient justement de rédiger un rapport très documenté et fort accablant sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires belges (1). Elle y pointe du doigt, les problèmes de surpopulation, d'hygiène, d'insalubrité mais aussi la mauvaise qualité des soins de santé dans nos prisons. «Le manque de moyens humains et matériels ont pour conséquence qu’on y pratique une médecine du tiers monde, résume-t-elle. «Ce sont les détenus doivent généralement demander, à plusieurs reprises, par le biais de « petits rapports » une consultation, un examen, un traitement, voire une intervention médicale. De nombreux détenus se découragent et ne bénéficient dès lors d’aucun soin approprié... A l’inverse, plusieurs cas nous ont été relatés où, à la suite d'un manque de soins, le détenu a dû subir une intervention chirurgicale qui ne se justifiait pas au départ. Comme l’illustre aussi les témoignages que vous avez recueillis lors de votre enquête, de tels retards de diagnostics et de traitements peuvent pourtant avoir des conséquences désastreuses, voire fatales pour la santé du détenu.»

Et l’avocate d’illustrer son propos au travers de moult exemples récents que l’on retrouve aussi dans le dernier rapport de l’OIP : «Un détenu de la prison de Forest est décédé en 2005 suite à un malaise cardiaque. Cet homme était connu pour ses problèmes de coeur et avait déjà fait deux malaises lors de son passage le matin-même au Parquet. Pour autant, il n’avait fait l’objet d’aucune intervention ou signalement spécifique. A Forest, un détenu a fait une crise d’épilepsie consécutive à l'absence de prise en considération des plaintes qu'il avait exprimées. A Berkendael, un médecin extérieur a constaté qu’une détenue souffrait d’une côte cassée depuis 4 mois sans avoir bénéficié du moindre soin. En 2005, un détenu de Forest s’est vu refusé tout traitement pour une « hépatite C active » qui venait de lui être diagnostiquée par le médecin pénitentiaire… Un autre détenu de Forest a attendu 3 mois pour une nouvelle paire de lunettes qui lui était indispensable (2 mois pour la consultation chez l’ophtalmologue et 1 mois pour les lunettes). Aucune suite n’ayant été réservée aux demandes répétées d’un détenu de Saint-Gilles de voir un dentiste, celui-ci a fini par s’arracher lui-même la dent malade… »

Faire l’objet d’une prescription est une chose. Encore faut-il ensuite que les traitements soient adaptés aux pathologies. «Mais ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut !», renchérit Me Paci : «De nombreuses plaintes font état de médicaments périmés de longue date, d’aspirine ou autre anti-douleur comme seul traitement à des infections graves, etc. Quant aux traitements médicamenteux destinés au sevrage, des détenus placés dans différents établissements se plaignent du fait qu'ils ne sont pas toujours aptes à couvrir les symptômes de manque. Enfin, il y aurait beaucoup à dire aussi en ce qui concerne les personnes souffrant de pathologies mentales et psychiatriques qui ne trouvent pas en prison les conditions minimales de prises en charge…»

Dans le dernier rapport de l’O.I.P., deux citations ont particulièrement attiré notre attention. Il y a d’abord ce constat terrible posé par un membre du corps médical : «Un médecin travaillant à la prison de Forest avoue ne pouvoir pratiquer que de la ‘médecine vétérinaire’ parce qu'il n'a ni les moyens, ni l'espace, ni l'équipe, ni le temps requis pour traiter certaines pathologies». Et puis, cette citation de Dostoïevski qui, malheureusement, reste d’actualité, même sous nos latitudes : «Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d'une nation qu'en visitant ses prisons».

<>(1) oip@oipbelgique.be

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