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Le blog de Michel Bouffioux

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Les articles et vidéos du journaliste belge Michel Bouffioux


Firmin Lambot, une belle histoire belge

Publié par Michel Bouffioux sur 5 Juillet 2019, 11:17am

Catégories : #Paris Match Belgique, #Paris Match.be

Il y a 100 ans, il fut le premier coureur de l’histoire du Tour de France à arriver en jaune à Paris (l'intégralité de cet article est en accès libre sur le site de Paris Match Belgique)

Un récit publié dans l'hebdomadaire Paris Match Belgique le 4 juillet 2019 et sur le site Paris Match.be, le 8 juillet 2019.

Firmin Lambot, une belle histoire belge

Ils partirent à 67, ils arrivèrent à 10. Il y a 100 ans, un Wallon qui vivait en Flandre gagnait le premier Tour de France de l’après-Première Guerre mondiale. Une course dantesque, trop longue, avec un règlement trop sévère, des vélos trop lourds roulant sur des routes et chemins dégradés par les années de guerre. Cette année-là, Henri Desgrange inventa le maillot jaune pour distinguer le leader du classement général au sein du peloton. Le 27 juillet 1919, au bout de l’enfer, Firmin Lambot, originaire de Florennes, résidant à Anvers, fut le premier coureur de l’histoire du Tour à ramener la tunique d’or à Paris.

Le premier coup de pédale fut donné au milieu de la nuit, le 29 juin 1919, quelques heures à peine après la signature du Traité de Versailles. Un étrange horaire qui ne découragea pas un public nombreux de venir les encourager avant qu’ils se lancent dans une improbable odyssée de 5 560 kilomètres. 67 coureurs au départ. Principalement des Français et des Belges. Autant d’aventuriers qui s’étaient rassemblés vers une heure du matin au Parc des Princes, trépignant d’en découdre, sans doute un peu angoissés par le « calvaire » qui leur était promis. Sous les acclamations, ils enfourchèrent leur lourde monture, 12 kilos à tirer sans dérailleur, alourdis encore par leur imposant chargement fait de boyaux de rechange, d’outils pour réparer eux-mêmes les bris de machine, de deux bidons sur le guidon, d’une besace contenant quelques victuailles. Ils empruntèrent la rue de la Tourelle et puis la route de la Reine, pour se rendre place d’Armes à Boulogne-Billancourt, tout près du pont de Saint-Cloud, qui enjambe la Seine. C’est là que le directeur du journal L’Auto, Henri Desgrange, à bord d’une Brasier décapotable dédiée à la Grande Boucle, donna le signal du départ. Il était 3 heures du matin.

Ainsi recommença le Tour de France en 1919, après quatre ans d’interruption, sans quelques-uns de ses champions des éditions précédentes qui, comme tellement d’autres hommes, avaient servi de chair à canon pendant la Grande Guerre. D’ailleurs, les stigmates de cette folie destructrice, causée par des visions nationalistes obtuses renforcées par l’avidité d’industriels, étaient encore évidents. A Paris, çà et là, des fortifications, des canons rappelaient d’où l’on venait, tandis que les routes de France étaient dans un état lamentable, proche de l’impraticabilité. La plupart des gladiateurs qui pénétraient dans cette arène étaient trop peu entraînés. Nonobstant, les organisateurs de la course l’avaient décidé, ce treizième tour serait plus long que tous les autres précédemment organisés, car il fallait bien passer par l’Alsace et la Lorraine, reprises aux Allemands.

Un portrait de Firmin Lambot réalisé à la veille du départ du Tour 1919 à l'initiative des organisateurs de l'épreuse (photo BNF-Gallica)

Un portrait de Firmin Lambot réalisé à la veille du départ du Tour 1919 à l'initiative des organisateurs de l'épreuse (photo BNF-Gallica)

« Cette bataille sera rude, mais tant mieux. Plus elle sera dure, plus elle sera splendide »

Henri Desgrange l’avait claironné dans le journal L’Auto, quelques jours avant le départ : « Ce Tour de France 1919 laissera derrière lui, au point de vue difficultés de toutes sortes, tous les Tours de France précédents (…) Cette bataille sera rude, mais tant mieux. Elle fera de nombreuses victimes, tant mieux encore : plus elle sera dure, plus elle sera splendide ». Aussi le règlement de l’épreuve dessinait- il les contours d’un spectacle qui ravirait les producteurs de télé-réalité de notre temps. Le « grand drame de la route » se voulait « terrible », « surhumain », « effarant ». Il promettait « une gloire qui rejaillira éternellement sur celui de nos braves qui se sera adjugé le Tour de France 1919 ». Pour conquérir le Graal, les compétiteurs devaient « faire toute la course sur la même machine » et se voyaient contraints de la réparer eux-mêmes en cas de panne ou de crevaison. Surtout, il était exigé que l’exercice soit totalement solitaire, à l’inverse des épreuves actuelles qui sont fortement influencées par les stratégies d’équipe : « Le coureur du Tour de France est placé dans la situation d’un routier qui part seul à l’entraînement. (…) Il ne peut recevoir aucune aide de qui que ce soit, cette interdiction allant pour lui jusqu’à l’obligation de puiser de l’eau lui-même aux sources ou fontaines qu’il peut rencontrer. La course se dispute sans entraîneurs et suiveurs, ni soigneurs, sauf aux étapes. Le coureur ne peut aider en quoi que ce soit ses camarades ou concurrents et ceux-ci ne peuvent rien accepter de lui ».

Un règlement appliqué à la lettre dès la première étape, Paris-Le Havre, longue de 388 kilomètres...

La suite de cet article est en accès libre sur le site de Paris Match Belgique, suivre ce lien.

Firmin Lambot, aux côtés de son épouse, célèbre sa victoire à Paris, le 27 juillet 1919. (Photo : BNF-Gallica)

Firmin Lambot, aux côtés de son épouse, célèbre sa victoire à Paris, le 27 juillet 1919. (Photo : BNF-Gallica)

Paris, le 27 juillet 1919 : tour d'honneur de Firmin Lambot au Parc des Princes. (Photo BNF-Gallica)

Paris, le 27 juillet 1919 : tour d'honneur de Firmin Lambot au Parc des Princes. (Photo BNF-Gallica)

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