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Le site de Michel Bouffioux

Modus operandi

Publié le 7 Mars 2004 par Michel Bouffioux in La Dernière Heure

Chronique "Si on me laisse dire" publiée dans le quotidien belge "La Dernière Heure" en marge du procès de Marc Dutroux et consorts - Le 7 mars 2004.

 

An-et-Eefje.jpg

Marc Dutroux et Michel Lelièvre ont participé à l’enlèvement d’An et Eefje. Le fait est acquis depuis la mi-août 1996 lorsque ces deux accusés ont formulé leurs aveux. Par contre, les circonstances du rapt restent à élucider. Certes, les témoins entendus hier à Arlon conduisent à penser que le fait a été commis à Ostende. Où plus précisément? C’est déjà trop en demander. Dutroux et Lelièvre désignent des endroits différents.

 

Comment les deux hommes ont-ils procédé? Le mystère reste entier. Voire, il s’amplifie. Plusieurs témoins ont confirmé qu’An Marchal ne voulait pas faire du stop, voire même qu’elle craignait de tomber sur un automobiliste qui aurait pu procéder à un enlèvement. Dès lors, la version des accusés selon laquelle les jeunes filles ont «demandé» à monter dans leur voiture mérite d’être remise en question. Comme l’a rappelé utilement le procureur Michel Bourlet, il ressort clairement des enlèvements de Sabine et Laetitia qu’il s’agissait de faits violents. Rien à voir avec la prise en charge d’autostoppeuses…

 

Les récits de Dutroux et Lelièvre doivent aussi être pris avec des pincettes dans la mesure où ils sont contradictoires sur à peu près tous évènements qui ont suivi le moment où An et Eefje sont montées dans la CX. C’est Mme Magnée lui-même, soit l’avocat de Dutroux qui le reconnaît. Mardi, il a relevé pas moins de sept contradictions entre les versions de son client et celles donnée par Lelièvre! Pour autant, cela ne signifie pas que les dernières allégations de Dutroux soient la vérité. Bien au contraire ! Celles-ci qui font désormais intervenir «deux policiers» dans l’enlèvement d’An et Eefje apparaissent même totalement abracadabrantes. Mais, dans le même temps, ses précédentes versions ne semblent pas plus crédibles... Et au bout de compte, il ressort que l’accumulation de mensonges patents des accusés donne à s’interroger sur ce qu’ils cherchent à cacher.

 

Des témoins qui seront entendu demain, mais aussi dans quelques semaines dans le cadre du volet «association de malfaiteurs», conduiront les jurés à se poser bien des questions. Notamment quant à ce qui a bien pu se passer entre 23H45 et 00H44 dans la nuit du 22 au 23 août 1995. C’est le moment où An et Eefje quittent le casino de Blankenberge après le show Rostelli. Qu’ont-elles fait ? Pourquoi ont-elles ratés deux trams ?  A qui ont-elles parlé ? Ont-elles été repérées par Dutroux et Lelièvre dès ce moment ? Devant l’hôtel Brazil ? Ce qui impliquerait la complicité de tierces personnes? Des témoins suggèrent cette piste qui n’a pas été assez creusée durant l’instruction chestrolaise. Cela ne veut pas dire qu’ils ont forcément raison mais ils méritent d’être autant entendu que des accusés qui mentent comme ils respirent!

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