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Le site de Michel Bouffioux

Après le Tsunami - «C’est comme si on chantait Malbrouck» (13/01/2005)

Publié le 13 Janvier 2005 par Michel Bouffioux in Ciné-Télé Revue

Tsunami.jpg

Entretien publié dans l’hebdomadaire belge «Ciné-Télé Revue», le 13 janvier 2005

 

Jean-Pascal van Ypersele à propos des dérèglements climatiques :

«C’est comme si on chantait Malbrouck»

 

Relativement aux catastrophes causées par l’homme, il ne suffit pas de s’interroger sur un avenir à plus ou moins long terme. Il convient déjà de regarder dans le rétroviseur : l’actualité des dérèglements climatiques causée par l’effet de serre est déjà fournie depuis plusieurs années. En 2003 et 2004, on a dénombré pas moins de 900 évènements extrêmes en relation avec le réchauffement du climat provoqué par la pollution de l’atmosphère. Il s’agit de vagues de chaleur, d’ouragans, de tempêtes, de typhons et d’inondations à caractère exceptionnel.

 

Certains noms ont marqué nos mémoires : les ouragans Charley ou Jeanne dans les caraïbes durant l’été dernier. Lesquels se sont ensuite répétés au Japon. L’ouragan Catarina qui a touché le Brésil en mars 2004 et qui fut la première occurrence d’un cyclone de type tropical dans l’atlantique sud; Région où la température de l’eau en surface avait été trop faible jusque là pour engendrer un tel phénomène. Au Mexique, on se souviendra aussi longtemps d’un certain Yvan qui fut l’un des cyclones les plus violents que ce pays ait eu à subir et ce, pendant une période d’une longueur inédite : 5 jours!

 

En ce qui concerne les vagues de chaleur, comment ne pas rappeler aussi l’été maudit de 2003 et les milliers de morts français et belges. A mettre en lien direct avec le réchauffement de la planète? Les scientifiques n’ont pas encore tranché définitivement, mais c’est fort probable. Et puis, il y aussi toutes ces images d’inondations, lesquelles estiment les spécialistes, seront toujours plus fréquentes et toujours plus destructrices en raison de la déforestation qui implique une moins grande absorption des sols confrontés par ailleurs à des pluies torrentielles plus fréquentes… Parce que, dans le même temps, les glaciers sont en train de fondre et que l’évaporation de l’eau dans l’air s’accentue… 

 

C’est très simple : 2004 aura été la quatrième année la plus chaude depuis 1861… juste derrière 2003. Sur une échelle de 10.000 ans, jamais la température n’a cru de manière aussi rapide que durant ces cinquante dernières années. Tout cela à évidement un coût. Sur le plan humanitaire : ces catastrophes pas tout à fait naturelles, liées au réchauffement du climat, ont causé pas moins 56.000 morts en 2003 et 2004! Etant la conséquence d’un modèle de développement économique qui est censé faire notre richesse et notre bonheur, cette pollution nous coûte aussi de plus en plus cher. Car chaque catastrophe se paye. «Munich Re», une société de réassurance a récemment fait les comptes : en 2003 et 2004, les compagnies d’assurance ont dû débourser quelques 155 milliards de dollars! Et cela ne nous donne qu’un aperçu des dégâts humains et matériels causés par le réchauffement du climat car dans certaines régions du monde, beaucoup de personnes et de biens ne sont pas assurés…

 

Dans un récent ouvrage, le globe-trotter français Nicolas Hulot estime que les hommes semblent souffrir du «syndrome du Titanic». Notre navire – l’humanité- se dirige tout droit vers un iceberg. Il est là, on le voit déjà mais on l’ignore et  l’orchestre continue à jouer. Ce qu’il fera encore, quelques heures plus tard, alors que le bateau sera en train de couler. Est-ce là le destin des hommes? Faut-il être à ce point pessimiste ? Dans le domaine des catastrophes pas vraiment naturelles court-on vers des désastres par défaut de prévoyance ? Pour répondre à ces questions, nous avons rencontré un autre spécialiste incontournable. Le professeur de l’Université catholique de Louvain Jean Pascal van Ypersele qui s’est récemment fait remarquer par sa participation à une étude commanditée par Greenpeace sur les conséquences des changements climatiques en Belgique. Il nous a tout de suite confié un sentiment très semblable à celui exprimé par Thierry Camelbeeck (lire plus haut) : «Les gouvernements du monde, y compris ceux de la Belgique fédérale, n’écoutent pas assez la communauté scientifique. Et si les mentalités n’évoluent pas dans les dix ou vingt années à venir, on finira pas conduire l’humanité dans une situation environnementale ingérable.»

 

- Avec d’autres membres de la communauté internationale, vous tentez d’alerter les gouvernements et les opinions mondiales quant aux importants dérèglements climatiques induit par la pollution de l’atmosphère. Il faudrait, en effet, que l’humanité prenne conscience de son impérieux intérêt à prendre son avenir environnemental en charge. Mais pour ce qui s’est passé en Asie, ne s’agit-il pas d’une problématique très différente : le tsunami est un évènement naturel, il n’a pas été causé par une quelconque action humaine. C’est une fatalité qui renvoie l’homme à sa petitesse face aux éléments ?

- Pour ce qui concerne le phénomène géophysique auquel on vient d’assister, il n’y en effet aucune responsabilité humaine, mais il en va bien autrement des conséquences de cette catastrophe : si un système d’alerte avait existé, celles-ci auraient été nettement moindres en termes de pertes humaines. Les sismologues s’attendaient à un séisme particulièrement important dans cette région du monde mais ils ne pouvaient pas dire quand il aurait lieu. Sachant qu’il y avait ce risque et que ses conséquences humaines et environnementales seraient gigantesques, des mesures préventives auraient dû être prises pour diminuer l’ampleur des dégâts… Il y a là un parallèle saisissant à faire avec ce qui passe en matière de gestion de l’environnement : cela fait plus de cinquante ans que des scientifiques attirent l’attention sur le fait que le climat va changer d’une manière majeure et c’est à peu près comme si on chantait Malbrouck! D’une manière générale, le tout à l’économique, prend toujours le pas sur les impératifs de développement durable et on n’écoute pas assez les scientifiques.

 

A défaut de mesures immédiates de précaution, la nature nous réserve-t-elle d’autre catastrophes importantes causées celles-là par l’action néfaste de l’homme sur son environnement ?

Certains parlent de «surprises inévitables», car ce ne seront pas tout à fait des surprises… Il y aura une augmentation des vagues de chaleur, une augmentation du niveau des mers qui causera un retrait des côtes et une inflation de l’intensité des tempêtes. On doit aussi s’attendre à ce que l’agriculture soit affectée, surtout dans les régions tropicales. Dans une Afrique déjà marquée par l’insuffisance de sa production agricole, l’augmentation de température va faire disparaître un certain nombre d’espèces végétales et cela causera de nouvelles catastrophes alimentaires.

 

- Pour les organismes humains sera-t-il possible de supporter la récurrence de vagues de chaleurs d’une durée et d’une intensité inédite?

- Oui et non. Souvenons-nous de l’été 2003 et des milliers de décès provoqués par la vague de chaleur qui a touché l’Europe. Maintenant, les températures que l’on a connues auraient paru tout à fait agréables à un habitant d’Arabie saoudite ou du Nord de l’Afrique. Je veux dire par là que l’homme comme tous les organismes vivants ont aussi une capacité d’adaptation à l’environnement. Ce qui pose problème ici, ce sont les changements trop rapides qui sont en train de se produire. Et puis, il faut bien comprendre que lorsque les températures moyennes augmentent, cela se traduit aussi par la probabilité de dépassements importants lors d’évènements extrêmes, tels les vagues de chaleur. En de telles circonstances, les organismes humains encaissent très mal et ce d’autant plus qu’il peut y avoir des facteurs aggravants comme les pics d’ozone.

 

- N’y aura-t-il que des bouleversements dans le sens de l’augmentation de la chaleur. Par exemple, ces jours-ci, il a neigé en Arabie saoudite. C’est un fait sans précédent et cela donne le sentiment que le climat est complètement blackboulé…

- Attention à ne pas construire des généralités à partir d’un fait ponctuel. Ce qui s’est passé en Arabie saoudite fait partie de ce qu’on appelle la variabilité du climat. En d’autres termes, il serait audacieux de conclure que le climat est détraqué parce qu’il y a eu, une seule fois, de la neige en Arabie Saoudite. Il faut examiner les tendances lourdes, étudier les évènements qui se reproduisent. Et quand cela est calculé de manière scientifique, on observe bel et bien le danger principal, à savoir le réchauffement global. Il ne faut pas introduire de la confusion dans la tête des gens! J’ai d’ailleurs été très interloqué par l’intention d’un film comme The Day after tomorrow qui suggère le danger d’un refroidissement subit. Au point de me demander s’il n’y a pas une intention de certains lobbies à vouloir brouiller les cartes et donc à démobiliser des opinions qui ne percevraient plus les véritables enjeux de l’avenir : on ne va évidemment pas dans les siècles qui viennent vers une glaciation de la terre ou un refroidissement de climat. La communauté internationale des scientifiques a clairement établi l’inverse. Dans les statistiques, les dix dernières années ont toutes fait partie des années les plus chaudes depuis 1861, soit l’époque où l’on a commencé à disposer de mesures fiables de la température globale.

 

- Dans les années à venir, il va faire plus chaud, mais dans le même temps, il va aussi plus pleuvoir ?

- Certainement. La fonte des glaciers continentaux et la dilatation de l’eau due à la chaleur va faire gonfler la couche supérieure de la surface des océans. Il y aura plus d’évaporation de l’eau des océans dans l’atmosphère et cela causera une augmentation de la pluviosité dans le monde. En moyenne, en tous cas. Parce qu’on aura aussi des redistributions : à certains endroit, il pleuvra beaucoup plus, à d’autres moins. Mais, dans la plupart des régions, lorsqu’elles tomberont –et principalement en hiver- les pluies le feront de manière plus intense. On risque donc d’avoir plus d’inondations et, paradoxalement, dans le même temps, on risque de connaître plus de sécheresses. Comme il fera plus chaud, l’eau qui sera tombée s’évaporera plus vite. Or, pour l’agriculture, ce n’est pas tant l’eau qui vient du ciel qui est importante, c’est surtout celle qui reste dans le sol. On sera donc perdant sur tous les tableaux : plus d’inondations mais aussi plus de sécheresses.

 

- Le réchauffement de la planète n’est pas non plus sans conséquences en termes de biodiversité ?

- Effectivement. Les dérèglements climatiques sont à considérer comme des facteurs aggravants d’autres désastres d’origine humaine : la destruction et la parcellisation des habitats nécessaires à la survie de nombre d’espèces animales. On construit des routes au milieu des forêts ou on les fait purement et simplement disparaître pour des intérêts économiques immédiats… Le réchauffement climatique risque de faire basculer le destin d’espèces qui parviennent encore à survivre aujourd’hui. On estime ainsi qu’un tiers des espèces encore vivantes aujourd’hui pourraient avoir disparu dans les cinquante prochaines années.

 

- A contrario, d’autres espèces pourraient croître?

- Oui et notamment en se développant dans des zones du monde qui leur étaient auparavant inhospitalières parce que trop froides. En Wallonie, on observe déjà la présence de libellules qui ne vivait auparavant que dans des climats méridionaux. En mer du Nord, des crustacés tropicaux tentent actuellement de prendre la place de nos bonnes vieilles moules. Auparavant, cette espèce - la balane- n’était présente que dans des eaux plus chaudes comme celles du Pacifique.

 

- Certains moustiques actuellement présents en Afrique et qui sont vecteurs de maladies tropicales ne pourraient-ils pas émigrer vers le sud de l’Europe ?

- C’est évident. Mais bon, la malaria était encore présente en Europe au début du siècle dernier avec un climat plus frais qu’aujourd’hui. On a pu l’éradiquer en asséchant les marais et en contrôlant les zones de reproduction des moustiques. Je veux dire par là qu’on pourra peut-être faire face mais cela aura évidemment un coût, comme quand l’on devra rehausser les digues pour contenir l’élévation du niveau de la mer en Belgique. Dans le même temps, des constats interpellent : comme par exemple, la propagation du virus du Nil occidental qui a été récemment observée… à New York. Il y a aussi en Belgique une augmentation d’une très grave maladie nerveuse, la maladie de Lyme, qui est transmise par des tiques qui raffolent des hivers doux pour se reproduire.

 

- Parlons de la Belgique justement. Si rien ne change, à quoi pourrait ressembler le climat de la Belgique dans quelques décennies ?

- Chez nous aussi, il fera de plus de plus en plus chaud. On peut estimer qu’à la fin de ce siècle, les températures moyennes pourraient s’accroître jusqu’à plus de 6°. Les hivers froids appartiendront alors aux livres d’histoire et les étés caniculaires du genre de celui de 2003 risquent de se multiplier. Comme par ailleurs, on peut craindre également une augmentation très importante des pluies en hiver et des périodes de sécheresse en été. Chez nous aussi, il y aura plus d’inondations mais aussi des pénuries d’eau, vu la plus grande évaporation en été… Le risque d’une plus grande fréquence des tempêtes est à envisager, mais ce n’est pas certain. La côte belge sera elle aussi confrontée à l’élévation du niveau de la mer. Un peu moins d’un mètre d’ici à 2100. Et si rien ne change, dans 1000 ans, on sera arrivé à une augmentation d’environ 8 mètres! Pour imaginer les conséquences, on doit savoir que 1 mètre d’élévation du niveau de la mer impliquerait déjà en Belgique que 63.000 hectares de terre se retrouveraient à une altitude négative. J’ai déjà évoqué l’apparition de nouvelles espèces animales en Belgique, mais en termes de biodiversité, il y aura aussi des disparitions. Des poissons d’eau douce comme les ablettes ne survivront pas au réchauffement. Pas plus que les hêtres de la forêt de Soignes. Il faudra aussi faire le deuil des Hautes fagnes telles qu’on les connaît aujourd’hui : ses tourbières disparaîtront. Il y aura aussi des conséquences sanitaires : on a vu récemment ce que les vagues de chaleurs combinées à des pics d’ozone peuvent provoquer comme décès. Cette chaleur favorisera aussi un allongement de la saison des pollens allergisants et comme je l’ai déjà dit, le développement de certains types de tiques.

 

- A vous entendre, on sait bien ce que nous l’avenir nous réserve ?

- Bien entendu qu’on en a une idée assez claire! Les Nations Unies ont créé, il y a maintenant 16 ans un groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat et des rapports réguliers et scientifiquement rigoureux témoignent du consensus des climatologues tant aux niveau des causes, de l’impact et de la nécessité de mesures de prévention du réchauffement climatiques.

     

- Pour autant, la communauté internationale se montre-elle à la hauteur du défi qui se présente à elle ?

- La réponse est non. Il y a des embryons de démarches positives mais on reste très loin de ce qu’il faudrait faire.

 

- On a beaucoup parlé des accords de Kyoto visant à la réduction des gaz à effet de serre, lesquels cause le réchauffement du climat. Non seulement, il a fallu beaucoup de temps pour qu’ils soient ratifiés par le nombre d’états minimum nécessaires à leur mise en œuvre mais en plus, en termes d’effort, cet accord est très minimaliste…  

- De fait. Ces accords de Kyoto sont très important parce qu’ils ont une portée symbolique. C’est un signal en direction des populations du monde : on accepte de considérer qu’il faut veiller à l’avenir de notre planète. Mais dans le même temps, si l’on veut contrer le réchauffement climatique, il faudrait faire un effort dix à vingt fois supérieur à ce qui est prévu par les accords de Kyoto. Ces accords prévoient une diminution de 5% des émissions de gaz à effet de serre des pays développés et ce qu’il faudrait c’est une diminution d’au moins 70% de l’ensemble des pays du monde. Et ce avant la fin du siècle. Il faut se dire qu’avec ce protocole, une structure existe et qu’il conviendra de la développer en impliquant plus de pays et en impliquant ceux qui le sont déjà de manière accrue.

 

- Pourquoi y a t il tant d’immobilisme dans une matière aussi cruciale ?

- Voyez le «tout à l’économique», voyez aussi les calculs à très courts termes de trop de gouvernants dans le monde. La devise de beaucoup d’entre eux pourrait malheureusement se résumer par la formule : «après nous, le déluge». Elle est favorisée par le fait que l’essentiel des dégâts devrait apparaître dans 20, 30 ou 50 ans. Des entreprises regardent la progression de leur valeur en bourse et de leur bilan à 6 ou 12 mois, des dirigeants politiques se focalisent sur les échéances électorales à 4 ou 5 ans… Tant que la population, les électeurs, ne demanderont pas d’agir, ils ne bougeront pas. Le problème, c’est que c’est un cercle vicieux. Souvent pour que la population bouge, il faut des incitants des gouvernements et pas uniquement en termes de communication. On vient par exemple de diffuser des informations sur l’impact de la pollution de l’air sur la longévité en Europe. La Belgique est fort concerné puisque cela diminuerait l’espérance de vie de nos concitoyens d’une durée équivalente à 14 mois. C’est dû notamment aux particules qui sont émises dans l’air de par la combustion des carburants. Le diesel, par exemple mais pas uniquement. Il y a aussi le mazout de chauffage. Or, en Belgique, deux mazouts de chauffage sont présents sur le marché. Le «normal» et depuis deux ans, l’ «extra» qui contient quarante fois moins de soufre. Ce n’est pas rien, car l’on sait que le soufre contribue à la pollution atmosphérique et à la formation des pluies acides. Or, que constate-t-on, rien n’est fait pour inciter à acheter de l’«extra». Celui-ci reste un peu plus cher – cinq ou six centimes le litre. Du coup, la plupart des consommateurs ne le demandent pas et ceux qui veulent en trouver ont du mal à dénicher un marchand qui le distribue. Voilà une action qui serait toute simple pour le gouvernement : taxer un petit peu plus le «normal» et un peu moins l’ «extra» provoquerait un mouvement de bascule salutaire. Et d’ailleurs indispensable, car pour rappel, la Belgique a aussi signé un protocole de Göteborg par lequel il s’est engagé à réduire drastiquement ses émissions en dioxyde de soufre dans les années à venir.

 

- Les responsables politiques belges en font-ils assez pour que la population mesure bien les enjeux de développement durable ?

- Non. Bien sûr, par rapport à d’autres pays, on n’est peut-être pas si mal placé que cela. On a une loi sur le développement durable, un conseil fédéral du développement durable, un plan de développement durable etc. Mais quand on parle de mesures concrètes, au-delà des discours, il y encore énormément de chemin à faire.

 

- A vous entendre, on constate en effet que les hommes ne prennent pas encore en main leur avenir. A terme, si l’on continue comme cela, la terre deviendra-t-elle invivable ?

- Les conditions de vie sont déjà difficilement supportables pour une partie importante de la population mondiale! Deux milliards de personnes vivent avec deux dollars par jour et presque autant n’ont pas d’accès à de l’eau potable…  Avec le réchauffement climatique, les inégalités ne vont faire que s’aggraver. Les populations riches qui peuvent ouvrir le robinet et faire fonctionner la climatisation ne souffriront peut-être pas de manière majeure des changements climatiques.  Dans un premier temps, en tous cas. Car, in fine, les technologies de l’homme ne pourront pas combler les dommages causés à une nature dont il se sera complètement coupé. Je voudrais pourtant garder de l’espoir, forcer mon optimisme et me dire qu’il y aura un sursaut d’intelligence et de moralité. Avant qu’il ne soit trop tard. C'est-à-dire dans la période tout à fait cruciale des 10 ou 20 années à venir…

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