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Le site de Michel Bouffioux

Bob Beijer veut parler (16/05/2007)

Publié le 16 Mai 2007 par Michel Bouffioux in Paris Match Belgique

MAIS L'ANCIEN GENDARME VEUT AUSSI CHANGER DE NOM


- Entretien publié dans l'hebdomadaire franco-belge "La Libre Match", le 16 mai  2007 -


michel-beijer.jpgBob Beijer, le retour ! Condamné à quatorze ans de prison en 1996, l’ex-collègue de Madani Bouhouche vit désormais à Bangkok. Depuis sa libération, il y a sept ans, c’est là qu’il s’est professionnellement reconverti dans les secteurs de l’informatique et l’immobilier. Revenu pour quelques jours en Belgique, il s’est confié à La Libre Match, en exclusivité pour la presse francophone, ainsi qu’à l’hebdomadaire néerlandophone «P Magazine». Autrefois suspecté dans un nombre invraisemblable d’affaires louches, touchant au banditisme, à des extorsions de fonds, au terrorisme, voire au contre-terrorisme et au renseignement, ce petit homme aux yeux perçants fut aussi présenté par certains médias comme l’un des membres potentiels de la bande dite des tueurs du Brabant wallon (28 morts entre 1982 et 1985). «Je n’ai jamais rien eu à voir avec ces horreurs. Il s’agissait surtout de fantasmes de journalistes. Peut-être que certains policiers les ont partagés, mais je n’ai jamais été inquiété dans cette affaire», réaffirme-t-il aujourd’hui. «Toutefois, je pourrais aider l’enquête sur les tueries», dit encore Bob Beijer. "Je dispose d’ informations précises sur des dossiers non résolus qui sont considérés à tort comme connexes aux tueries". Sollicité par des enquêteurs, Robert Beijer se dit prêt à collaborer. En échange, il souhaite que les autorités belges envisagent favorablement son dossier de changement de nom en cours d’examen depuis plusieurs années. «La balle est dans le camp de la ministre de la Justice», estime-til. Fille de l’une des victimes des tueurs, Patricia Finné espère que «les discussions avec Beijer doivent aboutir. Son témoignage est précieux à un moment où les informations de nature à faire avancer l’enquête sur les tueurs sont devenues extrêmement rares».

 

La Libre Match. On vous croyait définitivement installé en Thaïlande et vous voilà à Bruxelles. Le mal du plat pays ?

Robert Beijer. Alors là, pas du tout ! J’ai totalement refait ma vie en Asie et je n’éprouve aucun sentiment de nostalgie pour la Belgique. Les personnes de ma famille qui me sont les plus chères vivent désormais à Bangkok. En ce moment, j’y suis actif dans les domaines de l’informatique et de l’immobilier. Je suis revenu, pour quelques jours seulement, afin de régler quelques petites affaires privées… Mais aussi pour lancer un appel à Laurette Onkelinx, la ministre de la Justice !

 

Quel genre d’appel ?

Cela fait plusieurs années que des magistrats et des policiers savent que je dispose d’informations qui pourraient leur être utiles. Mais jamais les conditions n’ont été remplies pour que je puisse les leur donner. En 1996, alors que j’étais encore en prison, j’ai négocié une libération plus rapide à un moment où j’avais déjà purgé plus du tiers de ma peine. En d’autres termes, j’étais déjà libérable mais, bénéficiant d’un « traitement de faveur », on ne me libérait pas ! Des enquêteurs étaient venus me solliciter pour que je leur donne des éléments. Je m’étais déclaré prêt à collaborer... pour autant qu’on me traite sur le même pied que les autres détenus de droit commun. En échange de mes renseignements, je voulais retrouver ma liberté dans un délai normal. Ni plus, ni moins. Ce n’était tout de même pas beaucoup demander ! Pourtant, le ministre de la Justice de l’époque (N.d.l.r. : Stefaan De Clerq du CD & V) n’avait rien voulu entendre.Et dire que des hommes politiques prétendent s’intéresser aux victimes. A l’époque, j’ai bien dû constater que ce n’était que du vent. Dont acte. J’ai fait plus de la moitié de ma peine et je suis resté silencieux.

 

Avez-vous eu le sentiment d’avoir payé un prix politique pour avoir mis en cause la sûreté de l’Etat lors de votre procès devant la cour d’Assises de Bruxelles en 1994 ?

D’abord,je ne reviens pas sur ce que j’ai dit: certaines des missions que j’ai menées dans les années 1980 l’ont été pour le compte de la Sûreté.Vraisemblablement,il a été audacieux de ma part d’avoir osé cracher dans la soupe...Cela a un prix, c’est clair.

 

Aujourd’hui, vous êtes libre. Le contexte est fort différent...

En effet, je n’ai plus rien à négocier en termes de liberté. Ma période de conditionnelle est terminée. Dès lors, ce que je souhaiterais obtenir avant de parler revient à vraiment très peu de chose...

 

Une prime ? De l’argent ?

Alors là, pas du tout ! Je souhaite seulement l’accomplissement d’une petite formalité administrative...

 

A savoir ?

Depuis ma libération de prison en décembre 1999, j’ai introduit un dossier pour changer de nom.Cela fait donc des années que cette procédure est en cours et,récemment,j’ai appris qu’elle risquait de ne pas aboutir.Pourtant, ce que je sollicite me semble à la fois bénin et légitime:jusqu’à l’âge de 6 ans, étant né de père inconnu, j’ai porté le nom de ma mère.Ensuite,elle s’est mariée à un certain Beijer qui m’a donné son patronyme. Bien plus tard,j’apprendrai que cet homme n’était pas mon vrai père. Je voudrais donc récupérer mon premier nom,le seul qui renvoie à mes véritables origines familiales.Franchement,je ne vois pas en quoi cela pourrait gêner qui que ce soit. Mais apparemment, ce serait de trop ! Dans de telles conditions, je n’ai pas envie de collaborer...


Vous demandez l’intervention de la ministre de la Justice ?

Si elle peut débloquer cette situation,qu’elle le fasse ! Il n’y a pas que moi qui suis demandeur. Des enquêteurs attendent que je dise tout ce que je sais depuis plusieurs années...A vrai dire,je suis assez estomaqué de la tournure prise par les évènements. On se retrouve dans le même scenario d’échec qu’en 1996.Toutes les parties sont prêtes à marcher dans la même direction, mais cela est rendu impossible par un stupide blocage administratif au ministère de la Justice. Je crois pourtant avoir déjà fait preuve de ma crédibilité. Les informations que j’ai données dans le passé se sont toujours avérées exactes (N.d.l.r.:par exemple, en 1995,Beijer révélait l’existence d’un lieu à Sart-Dame Aveline où étaient enterrés des pistolets-mitralleurs volé treize ans auparavant à l’Escadron Spécial d’Intervention (ESI) de l’ex-gendarmerie. Un vol audacieux dont les spéculations en termes de mobile avaient fait couler beaucoup d’encre. Les policiers y trouvèrent aussi un pistolet Stech-kine et une arme de poing Browning volé chez l’ingénieur de la FN Juan Mendez –quelques mois avant que ce dernier ne soit exécuté sur l’aire de sortie d’une autoroute– des explosifs, des détonateurs, des plaques d’immatriculations etc... – Lire aussi l’encadré). Aujourd’hui, ce qui reste à révéler permettrait à la justice d’enfin comprendre des dossiers criminels importants qui ont défrayé la chronique à une époque que certains ont appelé « les années de plomb ».Très récemment, Patricia Finné, la fille de Léon Finné, l’une des personnes assassinées par les tueurs du Brabant (N.d.l.r. : lire aussi l’encadré) m’a confié qu’elle espérait que les discussions aboutiraient. Ce qui compte pour elle, c’est de ne négliger aucune information qui permettrait de faire avancer l’enquête. Par contre, pour la ministre de la Justice,j’ai cru comprendre qu’il s’agit de «vieilles affaires qui ne l’intéressent plus »... De plus, on m’a fait savoir, récemment, qu’«elle ne souhaite pas être dérangée avec cela pendant sa campagne électorale».Si tout cela est bien exact, je suggère à Mme Onkelinx d’expliquer sa position aux familles concernées !


Vous pouvez nous en dire plus sur les renseignements que vous pourriez donner à la justice ?

Je vous l’ai dit : je pense pouvoir l’aider dans certaines grandes affaires qui n’ont pas étérésolues...


Mais encore ?

Des policiers le savent : je peux leur apporter mon aide dans l’enquête sur les tueries du Brabant.


Sans y être impliqué ?

Bien entendu ! Je veux être très clair : personnellement, je ne suis en rien impliqué dans ces faits.De même, mon propos n’est pas de prétendre que je dispose de réponses toutes faites qui permettraient de résoudre cette énigme criminelle. Par contre,je pourrais aider les enquêteurs à dépolluer ce dossier mammouth.Au fil des ans, plusieurs affaires ont été liées à tort aux tueries. Pour un certain nombre d’entre elles, avec certitude, je peux les resituer dans leur vrai contexte. Cela permettrait à mes anciens collègues de ne plus être encombrés par certaines mauvaises pistes, par des tuyaux crevés ou, je le déplore, par certaines hypothèses abracadabrantes.


De quels dossiers connexes aux tueries parlez-vous?

Vous comprendrez que je réserve cela aux enquêteurs... Je vous dirais qu’il s’agit de dossiers qui ont influé sur l’histoire de la Belgique et qui font partie des « années de plomb ».


Mais comment êtes-vous si bien informé ?

Je parle de dossiers où j’ai été impliqué de différentes façons... Soit parce que j’étais présent dans leur phase de préparation, soit parce que j’y suis intervenu directement.


Parler de tout cela, ce n’est pas risqué pour vous ?

Je contrôle la situation. Le temps a passé, des choses ont bougé, des prescriptions ont été atteintes, la géopolitique a changé...


Votre hypothèse à propos des tueries ?

Disons que je ne crois pas aux théories du grand complot généralisé. Pour le reste, je constate qu’il y a déjà eu tellement d’hypothèses...

Je ne veux pas ajouter quelques spéculations gratuites de plus. Ce que je peux apporter à l’enquête, ce sont des éléments concrets. Ni plus, ni moins.


Cela vous semble normal que l’on soit toujours dans un cul de sac après autant d’années ?

Cela n’apparaît normal pour personne.Mais, dans le même temps, il y a une vérité statistique qui veut qu’un certain nombre de faits criminels ne sont jamais résolus. Dans le cas d’espèce, il est assez logique de penser que les auteurs n’avaient pas l’argent pour mobile mais plutôt une forme d’idéologie. Dans le cas contraire, je crois que les primes très importantes qui ont été proposées auraient pu appâter certains d’entre eux.


L’« affaire Françis Zwarts », du nom d’un convoyeur de la Sabena qui a disparu avec sa cargaison d’or sur le tarmac de Zaventem en 1982, est-elle comprise dans le lot des dossiers sur lesquels vous pourriez faire des révélations ?

Effectivement, je pourrais aussi donner des éléments à ce sujet, notamment en ce qui concerne le périmètre où pourrait se trouver le corps de la victime. Je précise,si nécessaire, que ce dossier n’a rien à voir avec les tueries du Brabant.


Vous dites « où pourrait se trouver le corps de la victime ». Pourquoi utilisez-vous le conditionnel ?

Il s’agit de faits vieux de vingt-cinq ans ! Je dispose d’informations très fiables mais, après autant de temps, on ne sait jamais avec certitude si l’on va trouver ou pas. C’était exactement le même cas de figure quand j’ai donné mes indications sur Sart-Dame Aveline. Malgré le sérieux de mes renseignements, il y avait une possibilité que les armes ne fussent plus là. En fin de compte, on les a tout de même trouvées !


Comment en savez-vous autant ?

Quelqu’un qui a participé à l’« affaire Zwarts » m’en a parlé. C’est vraiment le même schéma que les armes de Sart-Dame Aveline. Une personne m’avait confié qu’elle avait déplacé ces armes. J’avais confiance en elle...Dans le dossier Zwarts aussi, la qualité de la personne qui m’a donné l’information me laisse à penser que je suis dans le bon.


Dans l’aspect de votre témoignage relatif aux dossiers connexes aux tueries, vous allez aussi donner des indications de lieux ?

Sans entrer dans les détails que je réserve à la justice, il peut s’agir d’indications d’endroits où se trouvent des armes, des indices ou des preuves matérielles... Et puis, je peux aussi donner pas mal d’explications, des éléments de contexte qui permettront aux enquêteurs de se faire une religion claire et nette sur ces dossiers prétendument connexes. Ils pourront définitivement mettre au placard certaines thèses délirantes et donc élaguer l’enquête sur les tueurs du Brabant. A ce stade, je ne désire pas en dire plus.


Vous êtes encore le même homme qu’il y a vingt ans?

Comme le bon vin, j’espère tout de même avoir bonifié ! En effet, je ne suis plus le même homme pour des tas de raisons. Familiales,notamment. Dans le même temps, si je devais recommencer ma vie et que je me trouvais dans des circonstances identiques, mes choix seraient sans doute les mêmes. Dit comme cela, cela peut interpeller. C’est qu’il manque encore pas mal d’explications, des clés qui sont de nature à expliquer mon comportement,des éléments de contexte,des précisions sur l’idéal qui m’a toujours animé.Un jour, j’expliquerai ce qui m’a emmené dans une trajectoire de vie si peu commune.J’y travaille:un livre est en préparation.J’en profiterai pour régler certains petits comptes avec les médias car il y a deux choses que je n’ai jamais digérées dans ce qu’on a pu dire ou écrire à mon égard.


Lesquelles ?

La première, bien entendu, c’est le costume de tueur du Brabant que l’on a voulu me tailler. Mais bon, avec le recul, je me dis que ce n’est pas encore le plus grave. Cette accusation était tellement ridicule qu’elle était facile à contrer. Par contre, il est plus difficile de lutter contre les étiquettes que l’on vous colle.Cela fait très mal de se voir décrit comme un type d’extrême droite alors que votre idéal n’a absolument rien à voir avec cela ! Je suis un type ouvert. La tolérance, la diversité, ce sont des valeurs importantes pour moi ! Je m’arrête là.Vous en saurez plus en lisant mon livre...


«Son témoignage est précieux»

Un soir de septembre 1985, son père, Léon, a été l’une des victimes des tueurs du Brabant wallon alors qu’il faisait ses courses au Delhaize d’Overijse. Depuis lors, sa fille Patricia n’a jamais renoncé à vouloir savoir. « Qui ? » « Pourquoi ? ». Malgré le temps qui a passé – bientôt vingt-cinq ans –, ces questions restent désespérément sans réponses. « J’espère que les discussions avec Beijer aboutiront. Son témoignage est précieux à un moment où les informations de nature à faire avancer l’enquête sur les tueurs sont devenues extrêmement rares. Ce qu’il demande en échange me semble tout à fait dérisoire vu l’enjeu. Je souhaite vraiment que la ministre de la Justice l’entende de la même oreille ! ». On signalera pour ceux qui s’intéressent à l’enquête sur les tueries du Brabant que Patricia Finné est la co-administratrice d’un forum de discussion sur la question : tapez www.tueriesdubrabant.be.cx

 

Ce qu'il n'avait pas dit en 1995 ?

Robert Beijer dit « Bob » n’a pas bénéficié d’une vie de famille extrêmement chaleureuse durant son enfance : ses six premiers années, il les vit en institution. Son père adoptif et sa mère se contentant de lui rendre visite de temps en temps. Ensuite, commence une période de douze ans dans un internat très strict à Wavre. Etudiant à l’Université libre de Bruxelles (Solvay), ses études promettent d’être brillantes... Pourtant, dans les années 1970, il plaque tout pour rentrer à la gendarmerie. Il y travaille notamment à la section « stup » de la BSR de Bruxelles qu’il quitte en même temps que son collègue Madani Bouhouche, peu de temps après une première affaire trouble : ils avaient placé un micros dans le bureau d’un sous-officier... En 1983, après avoir remis leur démission, les deux hommes s’entendent pour créer une officine de détectives privés baptisée ARI (Agence de Recherche et d’Information).

 

Dix ans plus tard, c’est l’heure du bilan de plusieurs années d’activités louches restées encore largement mystérieuses à ce jour. Les deux hommes se retrouvent au centre d’un méga-procès qui dure plus de cinq mois et demi. Ce sont alors toutes les « années de plomb » qui sont évoquées. Au programme de la cour d’Assises du Brabant, une expédition meurtrière chez des Libanais d’Anvers actifs dans les diamants, l’ivoire et l’or (un mort et un blessé grave), l’assassinat en 1986 de l’ingénieur de la FN, Juan Mendez (N.d.l.r : uniquement à charge de Bouhouche). Le vol d’une cargaison d’or en 1982 à Zaventem avec la circonstance aggravante que le convoyeur Francis Zwarts a totalement disparu... Et puis aussi, un lot impressionnant de dossiers pourris. Il s’agit d’affaires vraisemblablement liées entre elles mais dont personne, dans la justice ou la police, n’a jamais réussi à cerner le véritable fil conducteur. Le vol d’armes à l’ESI de la gendarmerie, un attentat contre un major (N.d.l.r. : Herman Vernaillen), l’explosion d’une bombe dans une Peugeot 504 de la gendarmerie, etc...

 

En arrière-fond de ces affaires, et sans que cela ne fasse nécessairement l’objet de préventions, on parle encore de micros, d’opérations de surveillance et d’intoxication, voire de chantage. Un climat flirtant autant avec des barbouzeries en tous genres qu’avec du banditisme classique.Avec, d’un côté, un Bouhouche dont les idées politiques et les fréquentations menaient en droite ligne vers des milieux d’extrême droite actifs et violents, eux-mêmes impliqués dans des affaires criminelles. Et de l’autre, un Beijer qui affirmera lors du procès -en ayant l’oreille des jurés- qu’en fait, il avait mené plusieurs missions pour la Sûreté de l’Etat, notamment des locations de flats et de garages à des fins qui restent largement inexpliquées. On ne prête qu’aux riches : Beijer et Bouhouche ont été aussi suspectés – plus par des journalistes en quête d’hypothèses que par des policiers – dans le cadre de l’enquête sur les tueries du Brabant. Pour démontrer leur bonne foi, ils ont accepté de passer le test du polygraphe et ils l’ont réussit. Rien jamais pu leur être imputé dans le dossier des tueurs, dans lequel, du reste, il n’ont jamais été inculpés.

 

Quels sont les vrais et les faux liens entre toutes les affaires qui ont fait penser à certains observateurs que la Belgique de la fin des années 1970 jusqu’au milieu des années 1980 aurait connu une sorte de stratégie de la tension ? Beijer dit avoir une partie du mode d’emploi. En tout cas, il se dit en mesure d’alléger le dossier mammouth de la Cellule de Jumet en lui démontrant que certaines pistes qui ont été suivies n’ont rien à voir avec les tueries. Encore faudra-t-il qu’il obtienne son changement de nom, ce qui ne semble pas gagné à ce stade. Ou alors, il faudra attendre la parution de son livre... Dans quelques années.

 

L’ancien gendarme, lui, a le temps. Condamné à quatorze ans de prison en 1995 – pour des faits relativement peu importants par rapport à ce dont il était accusé (recel criminel, vol dans une maison communale, port illégal d’armes, faux télégramme, corruption de fonctionnaire...) – il a purgé sa peine et il a refait sa vie.Très loin de la Belgique. L’impatience se trouve plutôt du côté de certains enquêteurs qui espèrent encore trouver certaines pièces du puzzle qu’ils essayent de reconstituer depuis de si nombreuses années. Et ils ne peuvent plus espérer quelque chose de Bouhouche qui, récemment, a quitté ce monde. L’impatience est plus palpable encore dans certaines familles de victimes – voir le témoignage de Patricia Finné– qui espèrent encore l’information, le détail, qui pourrait enfin conduire vers la résolution de la plus grande énigme de l’histoire criminelle belge.

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