Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le site de Michel Bouffioux

Charleroi. L'éternel retour des mauvaises pratiques politiques (02/02/2012)

Publié le 2 Février 2012 par Michel Bouffioux in Paris Match Belgique

Une enquête publiée dans l’hebdomadaire Paris Match, le jeudi 2 février 2012. Selon RTL/info et La Dernière Heure (informations publiées le 9 février): « Le vendredi 3 février, l'auditorat du travail a transmis son dossier au collège communal de Charleroi, précisant que des poursuites seraient engagées contre Alain Eyenga devant le tribunal correctionnel devant lequel il sera cité directement.»

On croyait ce temps révolu, mais l’enquête de Paris Match annonce le retour de Charleroi dans la mauvaise gouvernance. En cause, des accusations et plaintes en sens divers déposées par des membres du personnel de la Ville. Sont dénoncés, pêle-mêle, du favoritisme, des faits de harcèlement, des mutations illégales de fonctionnaires, des renvois abusifs, des contournements de procédures de recrutement, des diffamations, des détournements de main d’œuvre au préjudice de la collectivité, des abus de pouvoir. On se croirait revenu au temps des sieurs Cariat et consorts, sauf que, cette fois, c’est un échevin libéral qui est au centre de la tourmente. Mais pas lui, seulement, car la majorité en place au Collège fait plus que fermer les yeux.

Le 22 juillet 2010 à 8 h 31, un habitant de Couillet envoya un mail à l’échevin de la Propreté de la Ville de Charleroi pour signaler la présence de «produits calcinés, toxiques, morceaux de verre, etc.» dans un parc où une voiture avait été incendiée. Et voici la réponse qu’il reçut d’une personne se présentant sous le titre à rallonge de «Responsable du Service Environnement de la Ville de Charleroi, département d’Ecologie Urbaine – Service SOS Pollution»: «Bonjour, Suite à votre courrier adressé à Monsieur l’Echevin concernant la voiture fut incendiée au milieu de la grande pelouse du parc de Couillet centre. Deux membres du Service SOS Pollution c’est rendu sur place le 23/07/2010 relatif à l’objet émargé. Nous n’avons rien conctasté comme empreinte de la voiture incendiée sur la pelouse (…) Pourrais-tu nous communiquer prochainement vos coordonnées (adresse et téléphone) ainsi que plus de précision sur la localisation de pollution pour une meilleure intervention. D’avance, je vous remercie et je vous prie d’agréer, Monsieur l’expression de ma considération distinguée» (sic).

  

Monsieur A.A., le «Responsable» avec un grand «R» qui a fait parvenir cette bafouille à un administré carolo a, parmi ses «activités principales» et d’après le descriptif de sa fonction formulé par la Ville de Charleroi, les missions «de rédiger des lettres, actes, rapports, formulaires; d’instruire des dossiers (recherche, analyse, synthèse, avis…), d’échanger les informations avec le public et les autres services, internes ou externes, d’accueillir le public »! Surréaliste? Selon plusieurs sources, une telle situation persiste depuis près de deux ans parce que ce «Responsable» est un «protégé» de l’échevin de la Propreté Alain Eyenga (MR).

  

Ce dernier, qui fut naguère présenté par son parti comme l’«Obama de Charleroi», bondit quand Paris Match l’interpelle: «A.A. n’est pas mon protégé. Je prends les paris: si vous trouvez quelqu'un qui aurait été pistonné par moi pour être engagé à la Ville, je baisse ma culotte sur la place Charles II! Je n'ai pas fait engager A.A., mais je suis satisfait de ses prestations (…) On s’en prend à lui parce qu’il est d’origine tunisienne et, en tant que démocrate, je ne peux l’accepter. (…) Il y a des fautes dans ses écrits mais il faut relativiser. Dans une asbl dont je m'occupe pour le compte de la Ville, il y aussi un type qui a un nom bien belge et il fait le même genre de fautes. Dans des cas comme ceux-là, une secrétaire aide sur le plan de l'orthographe! Il y a des gens qui ne savent pas écrire mais qui savent travailler et qui connaissent la législation. A.A. est excellent sur le plan technique. Et encore une fois, ce n'est pas moi qui l'ai fait rentrer. Ce monsieur, je l'ai rencontré la première fois lorsqu'il était déjà en fonction. La décision de le recruter a été prise avant que je ne sois échevin. Je n'y suis pour rien, on me fait un mauvais procès!»

  

On notera cependant qu’Alain Eyenga est échevin depuis janvier 2009. Et qu’A.A. a été désigné en tant que patron du service SOS Pollution un an plus tard. Soit le 1er mars 2010, sur une proposition du Collège entérinée lors d’une séance à huis clos du conseil communal à laquelle l’échevin de la Propreté était présent. Mais il y a plus interpellant. Selon les informations de Paris Match, la Ville de Charleroi s’est rendue coupable d’une fausse déclaration à l’autorité de tutelle – le ministre wallon des Pouvoirs locaux et des Villes – visant à faciliter la désignation d’A.A. dans le poste de «Responsable», et ce au détriment d’O.G., une personne potentiellement plus compétente.

  

Détails de ce qui ressemble à un tour de passe-passe. En novembre 2007, le poste convoité est déclaré vacant par le conseil communal. L’appel public aux candidatures est clôturé en février 2008 et, le 18 avril de cette année-là, le Collège déclare vingt-deux candidats «admissibles». Parmi eux, le susnommé A.A., mais aussi O.G., un agent en fonction depuis 2001 dans le service SOS Pollution, unanimement apprécié par ses collègues et sa hiérarchie et disposant des diplômes, de l’expérience et des compétences requis.

  

La Ville de Charleroi poursuit la sélection des candidats par l’examen de leurs diplômes et l’envoi d’un courrier, le 29 juillet 2008, par lequel ils sont invités à transmettre un CV et une lettre de motivation, par voie postale ou par mail, avant le 6 août 2008. O.G., qui, rappelons-le, dispose des diplômes requis, s’exécute le 4 août 2008 au soir et garde précieusement la preuve de l’envoi des documents demandés. Pour ce candidat, plus rien ne se passe jusqu’en mars 2010, lorsqu’il voit débarquer A.A. à SOS Pollution, au poste de responsable qu’il convoitait.

  

Que sont devenues les autres candidatures «admissibles» et singulièrement celle d’O.G.? Un document interne du département des Ressources humaines de la Ville de Charleroi ne répond que partiellement à la question: «Sur les vingt-deux candidats, quatorze ont été écartés au vu de leur diplôme ou parce qu’ils n’ont pas répondu au courrier du 29/07/2008.» O.G. ne fait pas partie de ces cas de figure. Logiquement, il restait donc à ce stade en compétition avec huit autres candidats. La note des Ressources humaines précisant ensuite «sur les huit candidats restants, cinq se sont désistés». O.G. ne s’étant jamais désisté, il aurait donc dû faire partie des trois derniers candidats, avec A.A., qui ont passé un ultime test oral en rencontrant le directeur adjoint des Espaces verts. Mais bizarrement, il ne faisait pas partie de ce trio.

  

Qu’est devenue la candidature d’O.G.? Le mystère vient d’être éclairci par un courrier tout récent – il date du 13 janvier 2012 – du ministre wallon des Pouvoirs locaux et de la Ville, Paul Furlan (PS): «Je ne me suis pas opposé à l’exécution de la délibération du 1er mars 2010 décidant de l’engagement à temps plein de monsieur A.A. en qualité de responsable du service Environnement à la division de l’Ecologie urbaine (…) Je n’ai pas remis en cause cette décision, compte tenu qu’il s’agit d’un engagement contractuel pour une durée de deux ans venant à échéance en mars 2012. En outre, la Ville de Charleroi a informé mon administration que monsieur O.G. s’était désisté de la procédure.» Difficile de parler d’une simple erreur, alors qu’entre juillet 2008 et mars 2010, O.G. s’était adressé plusieurs fois à des responsables de l’administration de la Ville de Charleroi pour savoir où en était la procédure de recrutement. Et si on exclut l’erreur, il faut alors parler d’un faux et usage de faux relevant des juridictions pénales.

  

Le 8 mars 2010, A.A., le frais émoulu « Responsable du Service Environnement de la Ville de Charleroi, département d’Ecologie Urbaine» débarque dans ses nouveaux bureaux à Ransart, plus précisément au sein du service SOS Pollution. Créé en 1977, cet organisme fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 aux fins de répondre aux plaintes des citoyens de Charleroi relatives à des situations de pollution volontaire ou accidentelle. Ses techniciens spécialisés se déplacent et mettent en place les plans d’assainissement et les procédures administratives visant à lutter contre les incivilités. En septembre 2009, un «audit de la division de l’Ecologie urbaine» réalisé par Comase Managment Consulting préconisait le renforcement de ce service, bien coté dans la population locale pour la qualité de ses interventions, par le recrutement d’un responsable et de deux agents supplémentaires. Toutefois, l’engagement d’A.A. va provoquer une évolution en sens inverse.

  

Dès son arrivée, le nouveau «Responsable» avec un grand «R» témoigne d’une incompétence déplorée unanimement par l’ensemble de ses subordonnés. Propos d’un témoin direct, forcément anonyme: «A.A. n’était pas du tout compétent pour le poste et il ne connaissait pas grand-chose dans le domaine de l’environnement. En plus, il était arrogant. Son incapacité à maîtriser la langue française nous a tout de suite interpellés. Comment a-t-il obtenu les diplômes universitaires qu’il revendique?»

  

Le 10 juin 2011, l’ensemble du personnel de SOS Pollution, à l’époque cinq techniciens et deux administratifs, se plaint au Service interne de prévention et de protection au travail de la ville de Charleroi (SIPPT). Tardivement, c’est-à-dire en septembre 2011, la conseillère en prévention Huguette E. rédigera un rapport de cette rencontre où, unanimement, l’ensemble du personnel se disait victime de harcèlement. Evoquant «une liste non exhaustive de problèmes rencontrés par le service SOS Pollution», ce rapport note que «le responsable du service a été parachuté depuis un an et avec un diplôme qui ne correspond pas à la fonction. Il ne s’est pas bien intégré et n’a pas essayé d’avoir des contacts positifs avec les agents»; que«le personnel compétent et très qualifié a le sentiment qu’il sabote le service par son incompétence (…). Les agents effectuaient auparavant un très bon travail mais se sentent dévalorisés (…)»; que «le responsable donne une mauvaise opinion du service à l’extérieur par son comportement et la non-maîtrise des sujets touchant à la pollution. Il ne fait aucun rapport, ne prend pas la parole en réunion et, malheureusement, ne prend pas de décision ou alors elles sont incorrectes.»

  

Et encore qu’«aucune formation en management ne semble avoir été dispensée au chef de service compte tenu de son arrogance et de son mépris envers ses collaborateurs; (…) de nombreuses tâches lui incombant ne sont pas effectuées ou, si elles le sont, elles sont réalisées par ses collaborateurs mais en revêtant sa signature». Et enfin que «le responsable tronque souvent la vérité et essaie de manipuler les agents en les remontant les uns contre les autres», qu’«il n’aime pas être contrarié et ne croit pas les informations que les techniciens lui donnent». Conclusion utile de cette spécialiste du bien-être au travail: «Il est à remarquer que tous les agents du service SOS Pollution sont solidaires du présent rapport.»

  

A la même époque, les agents de SOS Pollution se plaignent à leur hiérarchie d’être requis pour des tâches ne ressortant pas de leurs compétences, à savoir verbaliser les maraîchers qui auraient oublié de reprendre leurs déchets, le dimanche, au marché de Charleroi. Dans une lettre adressée le 16 juin 2011 au directeur adjoint des Espace verts, ils dénoncent «un déploiement de force inapproprié: quatre policiers, deux techniciens de SOS Pollution et un placier, soit sept hommes sur le terrain un dimanche pour constater deux cartons non repris». Et de prévenir d’un risque de dysfonctionnement : «Le technicien de garde (SOS Pollution) présent sur le marché ne peut plus assurer son rôle d’intervention rapide sur des problèmes de pollution qui pourraient s’avérer extrêmement importants (fuite d’essence, phénomène explosif).»

  

Une personne qui a travaillé dans le cabinet de l’échevin explique que «le regard critique de ces agents a fort fâché Alain Eyenga. L’homme a le sang chaud et, surtout, il considère les fonctionnaires comme des présumés râleurs. Des fainéants. Après l’histoire du marché, devant plusieurs témoins, il a dit: “Ceux-là, ils vont être punis.”» Et cela va aller vite. Très vite.

  

Le 28 juin 2011 – douze jours plus tard seulement –, l’échevin Eyenga dépose un point en séance au Collège de la ville de Charleroi. On lit dans le procès-verbal de cette réunion au sommet des édiles locaux: «Ecologie urbaine: proposition de transfert de trois agents du service Environnement vers les services de la Police administrative (dossier déposé en séance). Le Collège marque son accord sur le transfert et charge la GRH de mettre en oeuvre les modalités administratives.» Mutation contrainte, sans information préalable. Une purge, en fait. Touchant notamment l’ennuyant agent O.G., écarté désormais du service après avoir été «désisté» malgré lui de sa candidature au poste de responsable.

  

Interpellé par Paris Match sur ce style de management qui ressemble plus à celui d’un politburo de l’ère soviétique qu’à celui qu’on pourrait espérer d’une majorité composée par des partis démocratiques, M. Eyenga prétend que ces agents, «qui n’ont pas démérité», ont été l’objet d’une«rationalisation des services» prévue de longue date: «Je n’ai jamais dit qu’ils allaient être punis.» Les faits démentent ces paroles: mutations demandées en séance du Collège quelques jours à peine après une contestation.

  

L’échevin ajoute que «ces personnes seront toujours utiles à la Ville de Charleroi à l'endroit où elles se trouveront. Elles ne se trouveront pas dans un bagne!». Et là encore, les faits montrent clairement que la priorité était d’éjecter des gêneurs plutôt de veiller à ce que des agents soient plus utiles ailleurs. En effet, la Ville de Charleroi n’est pas une île à l’abri des lois et règlements. Ce que le département des Ressources humaines va vite rappeler au Collège de la Ville. Lequel note dans le procès-verbal de sa réunion du 19 juillet 2011 : «Transfert d'agents du service Environnement vers les services de la Police administrative, décision du collège du 28 juin 2011. Sur base d'un rapport émanant de la GRH, il ressort que ces transferts vont engendrer des anomalies de grade. Les agents du service des sanctions administratives sont actuellement des agents non nommés, de niveau E. Or les agents dits du service Environnement ont un grade plus élevé, à savoir: A1 technique, D9 et D7.»

  

Qu’à cela ne tienne, les punis iront ailleurs: «Le Collège décide que le D9 et le D7 seront transférés à la Voirie pour l'exercice de missions légales dévolues à la division. Le A1 technique sera transféré aux Bâtiments mais soumis à une période d'essai de six mois.» Voilà donc comment un technicien en environnement et un biochimiste qu’on ne pouvait éjecter vers la Police administrative auraient dû se retrouver au service Voirie, tandis qu'un ingénieur industriel en chimie aurait dû travailler au service des Bâtiments.

  

Voilà comment des agents qui excellaient dans une fonction devaient être envoyés vers des postes moins rémunérés pour lesquels ils n’avaient aucune compétence spécifique. Voilà aussi que l’une des victimes de la mauvaise humeur d’un échevin – le fameux O.G., «désisté», puis «muté» – allait passer d’un contrat CDI avec plusieurs années d’ancienneté à un contrat avec période d’essai de six mois!

  

Quand nous parlons de cette péripétie des six mois d’essai à M. Eyenga, il tombe des nues: «Ah, non! Ou alors cela m’aurait échappé. Notez qu'il y a un des collèges où j'étais absent. On a pris une décision un jour où je n'étais pas là.» Sympa pour ses collègues. En effet, le 19 juillet 2011, M. Eyenga n’était pas présent à la séance du Collège. Par contre, il est bien là lorsque ce dossier de mutation à la soviétique revient encore une fois devant le Collège de la Ville, le 17 août 2011. Lors de cette nouvelle réunion au sommet, le greffier note que «M. Eyenga évoque le retard dans la décision du Collège de transférer deux agents D7 et D9 du service SOS Pollution à la division de la Voirie et un agent A1 à la division des Bâtiments. Madame la secrétaire communale f.f. explique que le directeur adjoint de la Voirie craint que ce transfert ne vienne amputer son plan d'embauche alors que les agents n'ont pas les diplômes correspondants aux domaines d'étude requis. Le Collège confirme que le transfert de ce personnel se fait en surplus du plan d'embauche de la Voirie et des Bâtiments.»

  

Traduction: le haut fonctionnaire qui gère les affaires de voirie s’étonne qu’on lui envoie subitement des agents qu’il n’a pas demandés et qui n’ont pas les compétences pour travailler dans ses services. Mais les grands esprits qui siègent à l’hôtel de Ville font mine de ne pas l’entendre… Est-ce cela la politique de «rationalisation » évoquée plus haut? Poser la question, c’est évidemment y répondre. Un mois plus tard, le politburo de Charleroi est une nouvelle fois rappelé au principe de réalité. Le procès-verbal de la réunion du Collège du 6 septembre 2011 témoigne du fait que «Madame la secrétaire communale f.f. rappelle l'historique du transfert des trois agents de SOS Pollution et la dernière décision intervenue, à savoir l'affectation des D7 et D9 à la Voirie et du A1 aux Bâtiments en sus du plan d'embauche. Vu la qualification de ces agents et après examen des possibilités d'affectation, la GRH suggère de les transférer à l'Aménagement urbain, division de l'Urbanisme – service du Permis d'environnement. Le Collège marque son accord.»

  

Et voilà les trois punis envoyés vers le service du Permis d’environnement, où ils débarquent sans aucune connaissance du travail à effectuer. Cerise sur le gâteau, ils remplacent deux contractuels compétents qui – est-ce un hasard? – ont été récemment virés de la Ville après une procédure d’examen dont ils contestent la valeur. L’une de ces deux personnes, se disant lésée, s’est contentée de cette courte déclaration lorsque Paris Match l’a contactée: «J’ai entamé une procédure devant le tribunal du travail de Charleroi et si j’ai gain de cause, la décision fera jurisprudence pour tous les autres ex-collègues. Je ne ferai pas d’autres commentaires, sauf que mon collègue et moi étions appréciés dans notre travail que nous réalisions avec professionnalisme.»

  

Last but not least, le 13 janvier dernier, dans un arrêté relevant un non-respect des règles statutaires sur la mobilité interne contrainte, lesquelles imposent un minimum de concertation, le ministre des Pouvoirs locaux et de la ville, Paul Furlan, annulait toutes les décisions du Collège de la Ville de Charleroi relative au transfert des trois agents punis… Depuis lors, les ex-futurs mutés sont revenus dans leur service d’origine, à SOS Pollution, où ils sont victimes de faits que n’importe quel tribunal du travail trouverait constitutifs de harcèlement.

  

Primo, le «Responsable» avec un grand «R», monsieur A.A., a décidé de ne pas leur donner de travail. Secundo, dans un témoignage écrit daté du 25 janvier 2012, un de leurs collègues témoigne de ceci: «Dans le cadre de mon travail avec mon responsable de service monsieur A.A., des instructions pour le moins ahurissantes m’ont été données. Celles-ci consistent à ne plus entretenir de relations amicales avec Monsieur O.G., ainsi qu’avec Monsieur T.F., hormis sur le temps de midi entre 12 h et 12 h 30. Je lui ai demandé de plus amples explications. Monsieur A.A. m’a répondu que mes deux collègues avaient déjà de gros ennuis, qu’ils allaient en avoir beaucoup plus encore et qu’il n’était pas de bon augure pour moi de leur parler. Je lui ai alors rétorqué qu’il n’avait pas de le droit de m’empêcher d’avoir des relations normales et amicales avec ces gens dans un contexte de travail. Alors, Monsieur A.A. s’est énervé en bafouillant qu’il était le chef (…), qu’il avait tous les pouvoirs, qu’il était très soutenu et suivi complètement par l’autorité car la Ville avait engagé des gens compétents comme lui pour redresser le personnel.»

«Des gens compétents…» Dès la première épreuve orale, A.A. a raté l’examen organisé en novembre 2011 qui aurait pu le pérenniser dans sa fonction de «Responsable». Mais à Charleroi, un échec n’est pas nécessairement un échec. Des discussions sont actuellement en cours entre le Collège et les syndicats pour permettre, dans certaines conditions, à des contractuels en échec de bénéficier d’un nouveau contrat d’emploi. Il est donc envisageable que A.A. puisse tirer avantage de cette nouvelle donne pour recevoir un CDI après avoir raté l’examen. O.G., qui a réussi la première épreuve, attend depuis des semaines la publication des résultats. Il est donc envisageable qu’ayant réussi son examen, O.G. se voit muté dans un autre service. Faut-il vraiment chercher l’erreur?

 

Les aventures malheureuses des «punis» du service «SOS Pollution» n’ont pas que des conséquences personnelles... En témoigne cette lettre inquiète qu’écrivait P. Hecq, le directeur du Département de la Police et des Contrôles de Charleroi (Région Wallonne), le 29 septembre 2011. Son destinataire, le bourgmestre de Charleroi : «Il me revient que le service SOS Pollution (5 agents) mis en place depuis de nombreuses années (…) est en voie de démantèlement. (…) Je ne peux manquer d’attirer votre attention sur le bienfondé des missions qui étaient assurées par ce service, sur la nécessité de maintenir une prestation équivalente, et donc une équipe composée d’agents compétents et expérimentés. (…) Nous avons par le passé et jusqu’à présent, toujours pu compter sur les agents du Service d’Ecologie urbaine et en apprécier leur collaboration. Les permanences SOS Pollution constituent pour nous une sécurité d’intervention rapide sur le territoire de Charleroi et vient en parfait complément des missions du service de garde « SOS Environnement Nature » de notre département. La ville de Charleroi mérite de maintenir, voire de renforcer une telle prestation si l’on veut pouvoir offrir à ses citoyens un meilleur cadre de vie, plus respectueux de l’environnement.»

 

L’Echevin Eyenga a été chargé par le Collège de rédiger une réponse à cette lettre mais visiblement il cherche ses mots car elle n’est pas encore parvenue à Monsieur Hecq. Comment expliquer en effet que des 5 agents qui travaillaient efficacement avant l’arrivée du nouvel Echevin de la propreté, il n’en reste qu’un qui dispose du matériel nécessaire pour remplir sa mission. Qu’un autre est en congé de maladie. Et que trois restent assis toute la journée sur une chaise à attendre qu’on les considère comme des travailleurs.

  

D’AUTRES FAITS RELEVANT DU PÉNAL

Propriétaire d’une pharmacie florissante à Gosselies, Alain Eyenga (MR) est devenu échevin de la Propreté de la Ville de Charleroi en janvier 2009. Il remplaçait Philippe Sonnet, un proche d’Oliver Chastel inquiété par la justice pour n’avoir pas rentré des déclarations d’impôts… Une affaire qui s’est finalement soldée par un acquittement devant le tribunal correctionnel. Un témoin direct de l’intronisation du nouvel échevin se souvient : « Quand Eyenga est arrivé, il a tout de suite fait table rase de tout ce qui avait été mis en place par son prédécesseur, qualifié de “professionnel de la politique”, donc suspect. C’était quasi obsessionnel. Il n’y connaissait pas grand-chose en termes de gestion publique, un handicap bien légitime pour une personne qui débarquait ainsi sans préparation du privé. Par contre, ses préjugés étaient beaucoup moins acceptables. Il a tout de suite manifesté du mépris pour les fonctionnaires qu’il considère comme des fainéants et des inefficaces. Ensuite, ses nouvelles fonctions lui sont montées à la tête. Le départ de son premier chef de cabinet vers l’ICDI a accru le problème : il se croit tout permis, notamment en termes de nominations, de mutations et d'utilisation des gens. Dans ce contexte, beaucoup de personnes qui travaillaient au cabinet de l’échevin de la Propreté du temps de Philippe Sonnet ont quitté un navire qui vogue trop au gré d’humeurs et de colères répétées. »

L’une de ces grosses colères s’est manifestée en avril 2010, lorsque nos collèges de la Nouvelle Gazette révélèrent qu’Alain Eyenga avait pris contact avec la direction des TEC de Charleroi aux fins d’affréter un bus pour aller chercher des membres du personnel de sa pharmacie, bloqués en Turquie alors que le transport aérien était empêché par un nuage de cendre volcanique. L’échevin évoque une mauvaise interprétation des faits : « J’ai pris contact avec les TEC au même titre que j’ai téléphoné à des sociétés privées d’autocar pour savoir si elles organisaient quelque chose de spécial pour les Belges qui étaient bloqués à l’étranger. Avant d’être conseiller communal, j’ai aidé des Belges qui, ayant perdu leur passeport, étaient coincés à Madagascar. C’est dans ma mentalité d’aider les gens. Je n’ai exercé aucune pression. J’ai demandé un renseignement d’ordre général. Jamais je ne ferai quelque chose qui va dans le sens d’un abus social. »

L’échevin Eyenga est aussi l’objet d’une enquête judiciaire relative à du détournement de main d’œuvre de son cabinet, dont certains membres anciens et actuels auraient travaillé à l’organisation d’un bal caritatif en 2010 sur le compte des contribuables. Selon nos informations, au moins trois agents concernés par ces faits qui relèvent de la sphère pénale sont en aveux. D’autres s’en tiennent à « une version élaborée après l’éclatement de l’affaire », disent les témoins en aveux, selon laquelle l’échevin aurait demandé au personnel de se mettre en congé, sans avoir été entendu.

A cet égard, M. Eyenga nous déclare : « Il y a bien une enquête sur ma personne depuis le mois de juin. Des gens sont encore actuellement entendus. Moi-même, je l'ai été. La justice doit établir si j’ai demandé à des membres de mon cabinet de prester pendant leurs heures de travail. Ma version est que je n'avais pas besoin de mon cabinet pour organiser quoi que ce soit. Je suis serein. Plus que serein. A l'issue de l'enquête, je réagirai parce que je pense tout cela va beaucoup trop loin. Je suis pris dans une tourmente. On me cherche en permanence. A force de me concentrer sur mes dossiers et sur le boulot pour lequel la population m'a élu, je prête le flanc à un ensemble de comportements qui sont tous du même acabit, avec un fond de racisme.(...) Vous savez comment cela va se terminer ? Je vais déposer plainte contre quelques personnes, notamment certaines qui étaient dans mon cabinet ! »

« Au sein du MR de Charleroi, Alain Eyenga est actuellement considéré comme un électron libre qui fait le jeu du PS Ficheroulle et du cdH », nous dit un mandataire libéral. Il est affligeant de découvrir aussi que M. Eyenga est désormais désigné par certains de ses coreligionnaires à propos d’une affaire d’attaques méchantes via Internet, visant à déstabiliser une conseillère communale MR lors d’un scrutin électoral… Une page Facebook faisait rimer le nom de cette jeune dame avec la dénomination d’une profession de rue, certes bien rémunérée. Des faits qui, eux aussi, ont été dénoncés à la justice, mais que M. Eyenga dément formellement : « J’ai même été coller des affiches pour cette collègue », dit-il notamment.

 

 

 

 

 

Alain Eyenga : « Je me sens harcelé »

 

Michel Bouffioux- Depuis votre arrivée en fonction, des membres du personnel de la Ville, se plaignent de leur sort...

Alain Eyenga : Je n'ai pas la gestion du personnel dans mes compétences. Il y a une secrétaire communale qui est la chef des fonctionnaires. Les échevins ne sont pas des gestionnaires du personnel en tant que tels.

 

Dans le cadre d'une information judiciaire en cours, plusieurs de vos anciens collaborateurs de votre cabinet d'Echevin ont avoué avoir travaillé – pendant leurs heures rémunérées par la collectivité- à la mise sur pied d'un souper dansant organisé en votre nom. Etes-vous au courant de cela?

Je ne suis pas au courant de cela parce que ce n'est pas moi qui mène cette instruction. Je confirme cependant qu'il y a bien une enquête sur ma personne depuis le mois de juin et que, dans ce cadre, des gens sont encore actuellement entendus. Moi-même, je l'ai été. Vous comprendrez aisément que je ne peux m'exprimer plus avant, d'ailleurs les instructions de mon avocate sont de ne rien dire.

 

Si les faits sont établis, ils relèvent de la justice pénale. En avez-vous conscience?

(Il rit) Je ne suis pas juriste mais en tous cas j'assumerai mes responsabilités. En degré de rectitude, j'ai déjà montré que j'étais au-dessus de la moyenne. Je n'ai pas de problème avec cela : j'ai donné mes explications, l'enquête dira sa vérité. Je n'ai aucun doute sur le fait que je serai innocenté.

 

En êtes-vous si certain? A Paris Match, nous n'avons pas eu trop de mal à recueillir des témoignages d'anciens collaborateurs qui sont accablants... Témoignages qui sont aussi connus de la justice.

La justice doit établir si je leur ai demandé de prester pendant leurs heures de travail ou pas. Donc, si je les ai invités à organiser ce souper. Je vous rappelle que je suis échevin depuis trois ans et qu'avant cela j'étais conseiller communal et que j'organisais déjà ce type d'évènement : un souper à caractère caritatif par an. Je n'avais donc pas de cabinet à ce moment-là. Ma version est donc que je n'avais pas besoin de mon cabinet pour organiser quoique ce soit. Je pourrais vous expliquer comment les choses se sont passées mais cela n'aurait aucun intérêt puisqu'une instruction est en cours. Je suis serein. Plus que serein. A l'issue de l'enquête, je réagirai parce que je pense tout cela va beaucoup trop loin.

 

Quel est votre point de vue sur l'affaire «S.O.S. Pollution»?

Je ne suis pas cité dans l'affaire SOS Pollution et je le regrette. Parce que vous savez, je ne suis pas à une plainte près ! Je suis à l'aise par rapport à cela et je n'ai commis aucune faute. J'ai été l'objet d'une plainte d'un fonctionnaire qui a été classée sans suite et les autres vont suivre le même chemin. Je n'ai aucun souci. Mais je réagirai en temps opportun parce qu'à force de me concentrer sur mes dossiers et sur le boulot pour lequel la population m'a élu, je prête le flanc à un ensemble de comportements qui sont tous du même acabit, avec un fond de racisme. Vous réentendrez parler de moi dans quelques semaines parce que cela dépasse toutes les limites.

 

Vous ne pouvez pas affirmer que vous n'êtes pas intervenu dans l'affaire «SOS Pollution»!

Je ne suis pas cité dans la plainte des agents de SOS Pollution. Le bourgmestre est cité, la secrétaire communale aussi. Moi pas. La plainte porte sur le manque de moyens dont aurait eu à souffrir le Service interne de protection des travailleurs de la Ville de Charleroi auquel ils se sont adressés. Vous voyez, je ne suis pas concerné. Ils n'ont pas eu le culot de mettre mon nom sur la plainte!

 

Dire que vous n'avez rien à voir dans ce dossier, c'est cela qui est culotté! Vous avez tout de même demandé la mutation contrainte de trois agents de ce service!

Tout à fait, c'est à mon initiative. Je peux m'en justifier.

 

En quoi ces agents avaient-ils démérité?

Ils n'ont pas démérité. On ne parle pas de cela. Au nom de l'autonomie communale, vous pouvez réorganiser vos services, réaffecter vos employés (sic) là où vous pensez qu'ils seront le plus utiles.

 

Non seulement ces mutations ont été contestées et vécues comme une sorte de purge, mais en plus, comme l'a récemment établi un arrêté d'annulation de l'autorité de tutelle, ces mutations étaient contestables.

Ce n'est pas exact. Il y a un recours de ces agents qui a été envoyé à la tutelle de la Région wallonne qui dit que la décision doit être cassée parce que la secrétaire communale n'a pas entendu les agents.

 

C’est bien ce que nous disons! Et on reproche à la Ville, un manque de concertation avec les agents concernés...

(Il répond de manière complètement incohérente, mélangeant des procédures différentes à savoir la plainte déposée au Service de prévention et la problématique des mutations, invoquant des attitudes racistes) Non, non la secrétaire communale ne les a pas entendus. Ils ont été entendus au SIPP. Le SIPP a essayé d'organiser une réunion de concertation avec le responsable du service SOS Pollution qui est Tunisien et qui pose aussi un problème parce qu'il est Tunisien. Vous pouvez l'écrire car j'ai horreur de cela : moi, j'ai les capacités de me défendre! Mais quand il y a des gens comme ce Tunisien-là qui ne peuvent pas se défendre!

 

Pourquoi ne peut-il pas se défendre?

(Il s'emporte) Je suis noir de peau, tout le monde le sait!

 

Ce n'est pas le propos!

(Il parle avec conviction) Laissez-moi continuez, parce qu'il y a de cela! Ce monsieur-là a été entendu au SIPP, le directeur des espaces verts a été entendu à propos de SOS Pollution. Tout le monde va dans le même sens. Ce qui n'a pas été fait, c'est que les agents qui ont été l'objet de mutations n'ont pas été entendus par la Secrétaire communale (ndlr : nouveau mélange entre deux procédures différentes : la plainte pour harcèlement au SIPP et la procédure de mutation non conforme au règlement communal) mais ce sera fait. Parce que pour muter un agent, il faut l'entendre, lui expliquer, motiver. En ce qui me concerne, je ne suis pour rien dans le manque de motivation.

 

Mais dans les mutations, vous y êtes pour beaucoup! Vous avez mis plusieurs fois le point à l'ordre du jour du collège!

Ah oui, oui. Bien sûr. Je vais vous donner un chiffre : l'année passée quand ils étaient encore tous présent à SOS Pollution, ils ont traité 600 dossiers. Depuis que ceux-là n'y sont plus, on a comptabilisé 1200 plaintes. Il y a moins de personnes dans ce service et on traite plus de plaintes!

 

Il y a combien de personnes actives dans ce service actuellement?

Deux. Et un qui est en maladie. Je me sens harcelé ! J'ai eu droit à des courriers de la Région wallonne, celui de Monsieur Philippe Hecq, par exemple, qui a écrit au Collège communal en criant qu'on démantelait le service.

 

Vous êtes un acteur essentiel de la mutation de ces agents, c'est normal qu'ils réagissent s'ils ne sont pas d'accord !

Mais quel est le dommage de cette mutation?

 

Ces personnes se retrouvent dans des services où elles ne sont pas compétentes alors qu'elles quittent des postes où elles ne déméritaient pas.

Ah bon? On a fait un audit du département des espaces verts et de l'écologie urbaine. Dans cet audit, ces personnes dépendaient de Monsieur Frédéric D. qui est le responsable du service du permis de l'environnement. Et bien les personnes que l'on a déplacées vont retrouver Monsieur Frédéric D. qui était déjà leur collègue, il y a plus de dix ans. Donc ces personnes seront toujours utiles à la ville de Charleroi à l'endroit où elles se trouveront. Elles ne se trouveront pas dans un bagne!

 

A un certain moment, il a même été question de faire prester une nouvelle période d'essai de six mois à une personne qui était pourtant engagée depuis des années comme contractuel avec un CDI!

Je ne suis pas au courant. Je n'ai jamais entendu parler de cela.

 

C'est marqué noir sur blanc dans un PV du collège de la Ville de Charleroi! Vous lisez tout de même les PV du Collège auquel vous participez?

Six mois de clause d'essai mais ils ont des contrats à durée indéterminée!

 

C'est justement, ce que nous relevons!

Ah, non, cela je dois le vérifier. C'est alors que cela m'aurait échappé. Notez qu'il y a un des collèges auquel j'étais absent. On a pris une décision un jour que je n'étais pas là.

 

De toute manière, l'idée était de les faire partir à tout prix de SOS Pollution ! L’histoire montre qu'on a voulu les déplacer successivement dans plusieurs services...

Il manque du personnel partout à la Ville. Il ne s'agit pas de mettre les gens sur une voie de garage, on espère que ces agents seront utiles là où on les a mis.

 

Clairement, on voulait les éjecter de SOS Pollution et on a cherché un endroit où les placer! N'essayer pas de me démontrer qu'une forme carrée est ronde!

J'entends votre point de vue mais sachez qu'une priorité pour le Collège est de rationnaliser ces services-là. Nous avons un manager délégué par la Région wallonne qui doit fusionner la propreté, la voirie, les espaces verts, y compris SOS Pollution. On n'échappera pas à ce type de choses parce qu'on doit rationaliser. La personne qui doit faire la fusion de tous ces services, c'est Monsieur D. qui est actuellement directeur de la Voirie, qui est ingénieur agronome et qui, dans le temps, a été responsable de la propreté. Cette personne était la mieux indiquée pour faire la fusion et elle a déposé une première note en ce sens.

 

Vous me disiez que la personne qui dirige le service SOS Pollution ne sait pas se défendre. Pourquoi serait-elle dans cette incapacité?

(Succession de mots qui ne répondent pas à la question) Parce qu'elle a une attitude attentiste et qu'elle s'est sentie extrêmement mal par rapport aux attaques qui étaient dirigées contre elles. Donc, elle n'est pas bien. Et c'est comme cela. Je ne trouve pas cela correct. Parce qu'elle est Tunisienne, c'est un problème et voilà. Ce n'est pas acceptable. Je suis un démocrate et je ne peux pas accepter cela.

 

Cette personne n'est pas l'objet de critiques parce qu'elle est Tunisienne!

Il y a ce qu'on écrit et il y a ce que l'on dit. Vous lui poserez la question à lui-même et au directeur dont dépend «SOS Pollution».

 

Quand on lit les écrits de ce responsable que vous défendez, on se pose tout de même certaines questions!

Oui, il y a des fautes. J'ai aussi dans une asbl dont je m'occupe pour le compte de la ville, un type qui a un nom bien belge et qui fait le même type de fautes. Dans ce cas-là, on a une secrétaire qui aide sur le plan de l'orthographe, le type qui n'est pas bon sur le plan de l'orthographe. Parce qu'il y a des gens qui ne savent pas écrire mais qui savent travailler et qui connaissent la législation. D'ailleurs, je peux aussi vous montrer des courriers d'autres personnes du service «SOS Pollution» qui comportent des fautes. Je reconnais qu'il ne s'agit pas de grosses fautes comme Monsieur A.A en fait. Une attachée du cabinet du bourgmestre m'a encore dit récemment que Monsieur A.A était excellent sur le plan technique; Il est disponible et il fait son boulot. C'est indiscutable qu'il n'a pas une orthographe excellente mais ce n'est pas moi qui l'ai engagé. Ce monsieur, je l'ai rencontré la première fois lorsqu'il était déjà engagé. Je ne le connaissais pas avant. Ce type, il vient d'Arlon et avant cela, il venait de Tunisie.

 

Ce n'est donc pas votre protégé comme on le dit?

Mais je vous jure sur la tête de feu mon père et de mes trois enfants que je ne sais même pas où il habite. Je ne suis pour rien dans son engagement.

 

Que va-t-il se passer pour les «mutés» qui sont revenus à SOS Pollution?

Ils sont sur place en attendant qu'une décision motivée éventuelle décide à nouveau de leur transfert. Mais ceci n'est pas de ma compétence, c’est celle de la secrétaire communale. Moi, j'ai simplement estimé que dans la rationalisation du personnel que l'on faisait ces personnes pouvaient être utiles ailleurs. Vous savez, à l'écologie urbaine j'ai fait affecter une dame qui s'occupait des marchés publics, Mme Nicole L, et c'était dans l'intérêt de la ville parce qu'il manquait des gens à la cellule des marchés publics. C'est une décision qui a été prise dans l'intérêt de la ville et depuis, je le regrette parce que mes dossiers marchés publics dans mes compétences n'avancent pas vite. Madame L. n'a pas été chercher un avocat pour autant.

 

Le directeur-adjoint du service « Propreté» de la ville de Charleroi a déposé plainte contre vous pour «calomnie et diffamation»; Il a été l'objet d'une tentative de mutation finalement avortée. Il a été dénoncé à votre initiative au parquet de Charleroi pour des faits de corruption imaginaires qui ont été aussitôt classé sans suite par la justice. Quel est votre point de vue sur cette affaire-là?

(Il rit à nouveau) C'est effrayant que vous rapportiez des choses comme cela sans les recouper autrement.

 

Avec qui d'autre que vous devrais-je recouper ? C'est vous qui avez porté ce dossier contre Monsieur H au collège et vous avez été l'objet de sa plainte en diffamation!

Sa plainte en diffamation a été classée sans suite, donc je n'ai pas de commentaire. Pour moi, c'est une plainte vexatoire et je réagirai en temps opportun. Moi je travaille beaucoup pour l'intérêt de la ville et si je mettais autant d'énergie que certains dans cette ville pour déposer plainte, il y a longtemps que j'aurais eu des résultats en termes judiciaires. Dans cette affaire, j'ai constaté que les poubelles n'étaient pas bien fixées et j'ai juste demandé des explications. J'ai des courriers qui vont dans ce sens-là. En absence de réponse, j'ai interrogé le collège. C'est un autre membre du collège qui a dit que, comme on n'avait pas de réponse, on allait dénoncer les faits au parquet. On en était au cautionnement et j'estimais que ce marché ne s'était pas correctement terminé. Là, il y a eu une vérité judiciaire aussi, c'est que le marché avait été correctement effectué mais vous pouvez faire le tour des parcs, il y a des poubelles qui ne sont pas bien fixées. Mais comme démocrate, j'accepte la vérité juridique.

 

En attendant, il y a eu de la publicité sur cette affaire, ce monsieur qui est juge consulaire par ailleurs, a été sali...

Et quand lui il dépose plainte contre un Echevin pour calomnie et diffamation, vous ne trouvez que c'est rien? En fait, à la suite du classement sans suite de sa plainte, on aurait dû me séparer de lui, voilà ce qui aurait dû se passer. Et lui donner un autre emploi avec un salaire équivalent dans la ville. Cela n'a pas été fait. Vous croyez que devant un tribunal, je vais perdre? On peut s'amuser à cela, si on veut. A partir du moment où un fonctionnaire dépose plainte contre un Echevin, il ne peut plus travailler avec cet échevin : il n'y a plus de confiance. C'était lui le premier à déposer plainte. Et là aussi, il y a des faits de racisme; J'ai des témoignages écrits. Je n'en dirai pas plus.

 

Vous trouvez que ce monsieur n'est plus à sa place?

Je ne peux pas dire cela. Je n'ai rien à dire sur lui. Quand une personne dépose une plainte non fondée contre son supérieur hiérarchique, c'est évident qu'ensuite les personnes ont du mal à travailler ensemble. On doit vous séparer. Maintenant, vous savez qu'il a déposé un dossier complet lui-même pour aller s'occuper de développement durable?

 

Oui, il y a eu des discussions avec le bourgmestre à cet égard mais ce n'était pas à l'initiative de Monsieur H.! On est venu lui proposer une autre fonction, très peu de temps après qu'il fut dénoncé au parquet pour une soi-disant mauvaise exécution d'un marché public. Une plainte sans objet...

Ce n'était pas sans objet parce que n'importe quelle ménagère de cette ville pouvait constater que les poubelles ne sont pas bien fixées. Ce qui était mauvais, c'était le cahier des charges qui n'était pas assez précis. C'est pour cela que l'affaire est classée, ce n'est pas parce que les poubelles sont bien fixées. C'est parce que le cahier des charges n'obligeait pas l'entrepreneur à fixer les poubelles comme moi je l'entendais.

 

Est-ce que les résultats de l'examen pour le poste qu'occupe A.A seront publiés un jour?

Oui. Je ne connais pas tous les méandres mais je sais qu’un jury se réunit bientôt pour les examens. Je n'en sais pas plus. Avec la charge de travail que j'ai, ce n'est pas le premier de mes soucis. Que ce soit lui ou que ce soit un autre, il faut juste que le boulot soit fait. Je n'ai pas de protégé. Si vous pouvez trouver quelqu'un qui aurait été pistonné par moi pour être engagé à la ville, je baisse ma culotte sur la place Charles II! Je n'ai pas fait engager A.A. Mais je suis satisfait de ses prestations techniques et de sa disponibilité. La décision de le recruter a été prise avant que je sois échevin. Je n'y suis pour rien, on me fait un mauvais procès!

 

Vous êtes échevin depuis quand?

Depuis 2009.

 

A.A a été recruté en mars 2010!

Oui mais la décision de pourvoir le poste a été prise avant que je sois échevin. C'est quelque chose qui avait déjà été décidé et que j'ai exécuté. Quand il y a une nomination, il y a des examens etc, cela prend du temps.

 

A ce propos, la ville aurait signalé au ministre de tutelle que Monsieur O.G se serait désisté de la procédure d'examen pour le poste finalement attribué à A.A.?

Je ne sais pas. Je n'y étais pas à ce moment-là. Je ne saurais pas vous répondre.

 

Que savez-vous des récents examens organisés en 2011 pour le poste?

Monsieur G a réussi d'après ce qu'on m'a dit.

 

Monsieur A.A a raté?

Oui, il a raté son examen.

 

Et il va rester dans la fonction ?

Monsieur J.H. (il cite un autre agent de SOS Pollution) a aussi raté son examen et il est toujours en place. Il a raté l'examen mais il est excellent. Il a une disponibilité en dehors de la moyenne. Je voudrais qu’on parle aussi des gens qui travaillent bien, comme ce monsieur.

 

Monsieur A.A. a raté et il va rester dans sa fonction ?

Quand vous me cherchiez ce matin, on était en train de discuter pour régler ce type de problème.

 

Oui, il y a une note du collège sur le cas des contractuels qui ont raté leur examen.

C’est en discussion avec les syndicats. Je n’ai pas de problème avec cela, si quelqu’un a raté un examen et qu’il doit partir, je n’ai pas de problème avec cela. Quand on reçoit un carton rouge, on sort du terrain.

 

Mais ce qui est discuté, c’est l’inverse. En cas de carton rouge, on pourrait continuer à jouer !

C’est une discussion qui est menée avec les syndicats et je n’ai pas tenu spécialement à y être. La note n’émane pas de moi.

 

Est-ce que vous savez qui a informé le ministre de tutelle du «désistement » imaginaire de Monsieur O.G. de sa candidature au poste qui a été attribué en mars 2010 à Monsieur A.A. ?

Je n’en sais rien. Je n’ai pas vu le courrier, ce n’est pas moi qui l’ai signé. Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas gestionnaire du personnel. Quant au dossier de Monsieur A.A., il vient au moment où l’on constate qu’au sein de SOS Pollution, il n’y avait personne qui avait le profil ou le diplôme requis pour occuper le poste qui lui a finalement été attribué. Monsieur A.A. est arrivé après qu’on ait examiné la situation d’O.G. et des autres. La décision d’engager Monsieur A.A. intervient avant que je sois échevin. En fait, je connais bien Monsieur J.H. Il habite dans la même entité que moi. Il m’a dit alors que j’étais encore conseillé communal : « Nous, on était là depuis longtemps et on espérait avoir ce poste mais ils ont décidé d’engager quelqu’un en externe pour être leur chef. On la trouve mauvaise ». Je ne sais pas pourquoi et comment, avant moi, on en est arrivé à décider d’engager quelqu’un en externe.

 

On nous rapporte de toute manière que Monsieur A.A. n’est pas compétent ?

A mon sens, il est disponible. Il fait sa bouille. Ce n’est pas moi qui l’ai engagé. C’est le directeur de l’écologie. Il n’y a pas eu d’intervention de ma part.

 

Mais il y a eu de solides interventions de votre part pour faire dégager les « gêneurs » ! Vous avez déposé plusieurs fois le dossier au Collège. Il y a eu cette polémique entre vous, O.G. et consorts, relativement aux interventions de SOS Pollution sur le marché de Charleroi. Ils sont allés se plaindre au Service de prévention de l’incompétence de leur nouveau chef. Et unanimement !

Y compris un chauffeur qui va conduire les pigeons d’un endroit à un autre ! Je ne peux admettre qu’un agent qui est payé 48 heures pour effectuer des gardes n’en preste aucune. Qu’il reste chez lui le week-end sans travailler alors qu’on a besoin de lui ailleurs. Vu les problèmes financiers et vu le manque de personnel dont souffre la ville, je n’accepte pas cela. Que quelqu’un reste chez lui samedi et dimanche avec un véhicule de la ville de Charleroi sans aller prester une heure avec la police et un directeur adjoint des Affaires économiques. Il y avait une vision de mettre en commun les efforts de la ville. Tous ceux qui ont le droit de constater des délits environnementaux étaient réunis. Ils ont dit qu’il n’y allait pas et moi je trouve que ce n’est pas une attitude correcte. Je n’accepte pas qu’ils soient payés à ne rien faire. Quand j’ai demandé combien d’intervention il y a eu pendant les gardes en 2010 ? On m’a dit 10. Vous trouvez normal qu’on mobilise les gens tous les week-ends pour faire dix interventions par an.

 

Le 10 juin 2011, les gens de SOS Pollution sont au SIPP et le 28 juin, vous êtes avec une note en séance au Collège pour les faire muter ! De plus, des témoins directs disent vous avoir entendu dire à la mi-juin : « Ceux-là, ils vont être punis ». Et vous parlez aujourd’hui de rationalisation, cela ressemble plutôt à une purge !

Ce que vous dites est grave ! Je n’ai jamais dit que j’allais les punir. D’ailleurs, cela fait très longtemps que je n’ai pas eu de contacts avec eux. Je n’ai pas de contacts avec les gens de SOS Pollution depuis très longtemps. Je ne sais pas qui a entendu : « je vais les punir !».

 

C’est un témoin dans votre cabinet…

Vous savez comment cela va se terminer ? Je vais déposer plainte contre quelques personnes notamment des personnes qui étaient dans mon cabinet. Des personnes qui, comme par hasard, ont dû quitter le cabinet. Je vous assure que tout cela est plus compliqué qu’on pourrait le croire. Et si des gens de mon cabinet ont témoigné en ce sens, c’est qu’ils ont leurs propres raisons. A propos du SIPP, vous dites que j’ai pris fait et cause. Et bien à la demande de la responsable de ce service, j’ai accepté qu’elle vienne à mon bureau et elle m’a expliqué la situation. Je lui ai parlé de façon neutre. Et je lui ai surtout dit d’aller rencontrer le directeur des Espaces verts qui est un administratif et qu’elle garde ainsi une certaine indépendance par rapport à l’opinion que je me faisais de l’affaire. Donc, je n’ai pas eu un comportement spécialement partial.

 

Quelques jours après leur déposition au SIPP, vous déposez en séance du Collège une proposition de mutation de trois agents du service !

Les dossiers en séance, on peut les déposer pour plusieurs sortes de raisons. On les amène pour en discuter d’abord. Ils ne sont pas forcément inscrits. J’apporte régulièrement des dossiers en séance, il n’y a pas de mal à cela. Pour la chronologie des faits, nous avons là exécuté quelque chose qui se trouvait déjà dans la logique de rationalisation des services. Il est écrit dans l’audit que ce service dysfonctionne et qu’il est resté trop longtemps sans responsable.

 

Mais non ! L’audit dit qu’il faut renforcer de deux personnes ce service…

Alors là, on ne parle pas du même audit.

 

L’audit ne dit pas de diminuer les effectifs de SOS Pollution !

Il faut reprendre l’audit en amont : il dit qu’il faut créer un secrétariat général au niveau des services techniques. Et de cette création va découler d’autres conséquences et donc des gens qui sont actuellement à SOS Pollution, comme des secrétaires, devaient monter dans ce secrétariat-là. C’est cela l’esprit dans lequel l’audit a été fait. Les agents de SOS Pollution étaient particulièrement mécontents de cet audit ; Ils estimaient qu’il était mal fait.

 

Infirmez-vous des accusations circulant au sein du MR de Charleroi et ayant fait l’objet d’une plainte en justice sur le fait que vous pourriez être impliqué dans la création lors de la dernière campagne électorale d’une page Facebook visant à nuire à une colistière ?

Je n’ai rien à voir avec cela. Cette collègue pourra vous confirmer que je l’ai d’ailleurs aidée pendant cette campagne électorale. J’ai personnellement collé ses affiches. J’ai appris que ce truc serait venu de mon ordinateur mais c’est faux. Je n’ai jamais été entendu par la police par rapport à cela. Je n’ai rien à voir avec cela.

 

Et l’histoire du bus des Tec, c’est vrai ? C’est faux ?

Ma pharmacie, elle emploie quatre personnes. Vous croyez que j’ai besoin d’un bus des Tec pour aller chercher quatre personnes en congé ? Et comme la pharmacie n’était pas fermée, je suppose qu’il y en avait au moins deux qui travaillaient ; C’est comme si, régulièrement, on m’attaquait pour que je ne fasse pas mon boulot. Je suis contraint de me défendre de choses que je n’ai même pas commises. Au moment du nuage formé par l’éruption du volcan islandais, il y a un membre de ma pharmacie qui était en vacance à l’étranger. Il a téléphoné à ma femme de ménage. Et la femme de ménage m’a dit qu’on cherchait  les moyens de faire rentrer des gens de l’étranger, est-ce que tu ne pourrais pas un peu voir dans tes connaissances ? On a pris contact avec Léonard à Liège, avec les car Elan ici et puis j’ai appelé Gérard Monseux parce qu’il est président des Tec Charleroi et conseiller communal. Je lui ai demandé si les Tec organisaient quelque chose pour aider les gens. Et puis Monseux a téléphoné à mon cabinet… Parce que tout ce qui est arrivé ici, cela venait de mon cabinet. J’étais en réunion de staff et il est tombé sur une secrétaire. .. Qui, comme par hasard  fait partie des gens dont je parlais tout à l’heure. Et il a expliqué que ‘non les TEC ne font rien »  Cela a été pris à la lettre par des gens qui ont voulu me descendre dans la presse.

 

Je ne comprends pas très bien cette histoire…

J’ai téléphoné à M. Monseux au même titre que j’ai téléphoné

à des sociétés privées d’autocar pour savoir s’ils organisaient quelque chose de spécial pour les belges qui étaient bloqués à l’étranger. Avant d’être conseiller communal, j’ai aidé des belges qui, ayant perdu leur passeport, étaient coincés à Madagascar. C’est dans ma mentalité d’aider les gens. Je n’ai exercé aucune pression. J’ai demandé un renseignement d’ordre général. Jamais je ne ferai quelque chose qui va dans le sens d’un abus social. Mais je suis pris dans une tourmente.

 

Vous avez l’impression qu’on vous cherche ?

On me cherche en permanence ! Il faut que je réagisse, que je fasse quelque chose. Sinon, je passerai plus de temps à répondre aux attaques qu’au redressement de la ville. C’est tout le temps.

 

Qui veut votre peau ?

Ils sont nombreux parce que la plainte à l’auditorat du travail est collective. Plusieurs personnes ont déposé plainte.

 

Cela vient de votre camp ?

Je n’ai pas de chance, cela vient des deux camps.

 

Il paraît que vous avez voulu faire table de rase de tout ce qu’avait fait votre prédécesseur Philippe Sonnet quand vous êtes devenu échevin ?

Non, c’est faux. Comme je l’ai fait précédemment quand j’ai repris des pharmacies, j’ai maintenu le personnel en place au cabinet lorsque j’ai remplacé Philippe Sonnet au pied levé. C’était une erreur, si j’avais constitué une nouvelle équipe, j’aurais évité beaucoup de difficultés. Je suis un échevin qui n’a pas désigné son chef de cabinet, qui n’a désigné aucun membre de son cabinet. Pour faire table rase, il aurait fallu que j’engage des gens qui étaient à moi.

 

Si vous deviez être inculpé ?

Je démissionnerais. C’est de toute façon la règle. J’ai compris que cela ne va de toute façon pas s’arrêter avant que je sois dégoûté. Et puis, on approche des élections.

 

 

Discussion de sourds avec Monsieur A.A  responsable du « Service SOS Pollution» :

«Par contre, si vous voulez des informations techniques… »

 

Nous voudrions recueillir votre témoignage relativement aux accusations formulées contre vous par des membres du service dont vous êtes le responsable…

 

Je peux vous parler de tout ce que l’on fait sur le plan du fonctionnement, ce que l’on fait exactement sur le plan technique. Cela, je sais vous répondre. Autre chose, je ne pense pas, non. Je ne sais rien vous répondre à ce niveau-là, non.

 

Il y a des gens qui ont émis des critiques contre vous ; Vous n’avez pas envie d’y répondre ?

Comment, je n’écoute pas bien.

 

Vous n’avez pas envie de répondre aux critiques que certains membres du personnel de la ville ont pu formuler quant au management de SOS Pollution ?

 

Franchement, je ne sais pas vous répondre. Honnêtement, quoi ! Moi, je m’occupe du service SOS Pollution. Si il y a des questions au niveau technique, au niveau du fonctionnement du service, cela je peux vous donner un descriptif très détaillé de comment tout fonctionne. Mais s’il y a des critiques, je ne sais pas. Je n’ai pas entendu de critiques.

 

Nous en avons parlé déjà avec Monsieur Eyenga…

Si vous avez eu Monsieur Eyenga, alors c’est très bien ainsi. Vous avez des choses exactes. Moi je ne m’occupe pas ces affaires-là. On ne m’a pas donné d’instruction. Par contre, si vous voulez savoir comme tout fonctionne sur le plan technique ou administratif ou quoique ce soit ? Autre chose, je ne sais pas vous répondre.

 

Eh bien, nous nous contenterons de cela à propos des problèmes que vous avez rencontrés avec Monsieur O.G et consorts…

Des problèmes ? A mon niveau ?  Moi, je n’ai de problèmes avec personne !

 

Allons, tout le personnel de votre service est allé se plaindre au SIPP, en juin dernier !

Je ne sais pas ; Je ne suis pas au courant.

 

N’avez-vous pas donné des instructions à certains membres de votre personnel d’ignorer Messieurs O.G et … ?

Pas du tout, non. Ce n’est pas mon boulot.

 

Votre boulot, n’est-ce pas d’être responsable du service «SOS Pollution », d’être le patron ?

Je ne suis pas le patron. Je travaille à la Ville et j’ai mes instructions qui viennent de mon directeur, c’est tout. Point barre, quoi ! Tout ce qui ce qui est critique etc, je ne peux rien vous dire à ce niveau-là. Par contre, si vous voulez plus de renseignements sur tout ce qui est déroulement, cela je sais vous répondre.

 

C’est bien aimable à vous, je crois que j’avais compris.

Je pense que vous ne vous adressez pas à la bonne personne. Mais si vous voulez plus de renseignements sur le plan technique, administratif et le fonctionnement de SOS Pollution…

 

Dans ce cas, je vous rappellerai… Mais ici il est plutôt question d’un dossier de harcèlement ?

Moi, je n’ai pas de problème de harcèlement. Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte.

 

C’est bien pour cela que je vous appelle ; pour avoir votre point de vue !

Je n’ai pas de point de vue, monsieur ! Je n’ai de problème personnel avec personne.

 

Continuerez-vous dans cette fonction après mars 2012 ?

 

Pardon ?

 

Continuerez-vous dans cette fonction après mars 2012 ?

 

Je ne comprends pas cette question. 

 

Votre contrat est fini en 2012, sera-t-il prolongé  par la ville pour que vous restiez responsable du service SOS Pollution?

 

C’est quelque chose de purement privé ; Je ne sais pas vous répondre.

 

En fait, vous ne savez pas répondre à grand-chose.

 

Je peux vous répondre sur les aspects techniques et administratifs…

 

Oui, oui, merci.  Justement, une question technique : vous avez combien d’agents présents sur le terrain ?

 

Pour l’instant ?

 

Oui, en cette période.

 

Pour l’instant, on est à trois.

 

Mais il y en a un en congé de maladie, non ?

 

Oui.

 

Donc, vous n’êtes qu’à deux ?

 

On est à deux et un malade.

 

Et ceux qui avaient été « mutés » et qui sont revenus maintenant dans votre service, ils ne travaillent pas ?

 

Ecoutez, ça c’est quelque chose qui ne dépend pas de moi. Ce n’est pas à moi de répondre à cette question.

 

Mais c’est tout de même vous qui devez leur donner du travail puisque vous être le responsable du service, non ?

 

Non, ce n’est pas moi, je dépends de la hiérarchie, donc…

 

Est-ce que la hiérarchie vous a demandé de leur donner du travail ou pas ?

 

Comment ?

 

Que vous a dit la hiérarchie à cet égard ?

 

Je n’ai pas encore reçu d’instruction.

 

Et que font-ils en attendant ces instructions ?

 

Comment ?

 

Et que font-ils pour l’instant comme travail ?

 

Je ne sais pas, Monsieur. 

 

A deux, vous arrivez à faire tout le travail ?

Je ne sais pas si je dois répondre à ce genre de question. 

 

C’est une question technique !

 

On répond aux demandes des citoyens, on est bien à jour.

 

Donc pas besoin d’être à cinq comme auparavant ?

Que l’on soit à deux ou à dix, on fait le travail, ce n’est pas à moi de demander du personnel.

 

 

Commenter cet article

Michel Bouffioux 25/04/2012 10:24

http://www.rtl.be/info/votreregion/hainaut/873247/charleroi-alain-eyenga-est-reconnu-coupable-mais-ne-sera-pas-sanctionne