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Le site de Michel Bouffioux

«Elisabeth est avec moi» (23/09/2004)

Publié le 23 Septembre 2004 par Michel Bouffioux in Ciné-Télé Revue

Ceci est le seul témoignage accordé à un journaliste par Thomas Brichet, le frère d'Elisabeth.

Brichet.jpg

Entretien publié dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 23 septembre 2004.

 

Depuis l’enlèvement d’Elisabeth, en décembre 1989, vous ne vous étiez jamais exprimé publiquement. Pourquoi avez-vous décidé de nous accorder cet entretien ?

Au bout de ces quinze années, c’est la première fois que j’en ressens le besoin. Cela ne veut pas dire que je vais commencer à me répandre dans les médias : si j’ai décidé de m’exprimer aujourd’hui, je ne le referai plus avant très longtemps. Voire jamais! Sauf, bien sûr, s’il devait y avait avoir des choses à contester dans le traitement judiciaire du dossier relatif à l’assassinat d’Elisabeth.

    Vous vous méfiez de la presse ?

A la lumière de l’expérience de ma mère, je devrais peut-être! Sa confiance a parfois été abusée par certains journalistes. Tantôt elle a été ignorée, tantôt elle a été courtisée par les médias. Parfois, elle a été oubliée et à d’autres moments où elle avait besoin de calme, comme après les aveux de Fourniret, elle a été littéralement harcelée pour qu’elle s’exprime. L’agenda de la presse n’est pas toujours celui des victimes…

C’est pour cette raison que vous vous êtes tu pendant si longtemps ?

Dire cela serait un peu réducteur. Les médias ont aussi fait des choses utiles et importantes. Je tiens à rester nuancé. Mon long silence s’explique aussi par mon tempérament : je suis quelqu’un de plutôt secret ; Je ne me livre pas facilement. Pendant mon adolescence, l’expérience douloureuse de l’enlèvement de ma petite soeur a sans doute renforcé ce trait de caractère.

Quel âge aviez-vous quand Elisabeth a disparu ?

Quinze ans… (Il marque un temps d’arrêt, comme s’il revivait cette époque de sa vie) Je n’avais que quinze ans et fort logiquement ma mère m’a mis à l’abri. Sans que je ne me sente jamais négligé ou oublié d’elle, maman est montée au front. Sur le terrain public mais surtout au quotidien et pendant tant d’années, elle s’est battue contre l’inertie de la justice. Elle l’a fait remarquablement. En trouvant toujours les mots justes. Je ne voyais pas ce que j’aurais pu ajouter... Elle a tout tenté pour retrouver Elisabeth! Je ne voyais pas ce que j’aurais pu faire de mieux…


C’est pour témoigner de cela que vous parlez aujourd’hui ?

En effet, il s’agit de l’une de mes motivations. J’admire beaucoup maman pour toute l’énergie qu’elle a investie dans ce combat. J’ai besoin d’en témoigner, de le dire ; De la remercier. Mais il n’y a pas que cela. Je veux aussi faire savoir que je suis là… Et que je serai là jusqu’au procès de Fourniret ; Que je défendrai la mémoire de ma petite sœur dans le même état d’esprit que Marie-Noëlle Bouzet. Je me suis constitué partie civile dans le dossier d’Elisabeth et, jusqu’à l’issue du processus judiciaire, je le suivrai pas à pas. Je veux que rien ne soit laissé au hasard. Que l’on sache tout ce qu’il y a savoir sur les crimes de l’assassin de ma sœur. Et savoir tout, ce n’est pas seulement mettre en lumière ce qu’il lui a fait! C’est aussi connaître les raisons de son impunité pendant tant d’années. Etait-il possible de l’arrêter plus tôt ? C’est une question essentielle à laquelle je veux une réponse.

Conservez-vous des souvenirs de la funeste journée du 20 décembre 1989?

Comment pourrait-il en être autrement? Je rentrais d’un examen de géographie. Cela s’était bien passé et on était à la veille des congés de Noël. C’était donc une belle journée… Mais quand je suis arrivé à la maison, il y avait-là des tas de gens. Principalement des personnes de la famille. Maman m’a dit : «On ne retrouve plus Elisabeth»…

Comment avez-vous réagi ?

Je n’ai pas compris. L’état de choc : j’étais subitement plongé dans une réalité que je n’avais absolument pas envisagée. Je me souviens qu’on a cherché dans le quartier, que j’ai fait le tour du cimetière tout proche… Dans les jours qui ont suivi, ma mère a tout de suite voulu me protéger. Cette année-là, j’ai passé les congés de fin d’année chez des amis. Elle a veillé à ce que je sois entre de bonnes mains, tout en se donnant la possibilité d’agir. C’était la meilleure réaction qu’elle pouvait avoir.

L’idée qu’elle ait pu fuguée était exclue?

Totalement! Elisabeth était plus jeune que moi mais elle était déjà très mure de caractère. C’était une petite fille extrêmement prudente et raisonnable. Pas du tout le genre à trainer dans la rue ou à ne pas respecter les consignes de sécurité. Il était impossible qu’elle se fût exposée stupidement à des rencontres potentiellement dangereuses avec des inconnus… Maman a tout de suite expliqué cela aux premiers policiers qui s’occupaient de l’enquête. Malheureusement, à cette époque, on ne considérait pas les dossiers de disparition d’enfants comme aujourd’hui. L’ère post-Dutroux n’avait pas encore commencée… Et puis, au fil du temps, on a ressenti une sorte de pression malsaine de certains policiers.

Une pression? Dans quel sens?

Leur enquête, ils la faisaient à la maison! Je veux dire qu’ils passaient plus de temps chez nous qu’ailleurs. De toute évidence, il s’agissait de nous tester, de chercher des contradictions dans ce qu’on pouvait déclarer. On était les principaux suspects! A tous le moins, c’est qu’on nous faisait ressentir. Evidemment, cela a très vite débouché sur des tensions.

Ce climat difficile entre les enquêteurs et votre maman durant les premières années d’investigation est de notoriété publique. Mais vous, comment l’avez-vous encaissé?

-Très mal : j’étais adolescent avec tout ce que cela comporte d’incompréhension et de révolte par rapport au monde des adultes, à la société. En plus, ma petite sœur avait disparu et voilà qu’en plus les enquêteurs semblaient plus attirés par une éventuelle mise en cause de ma mère que par une vraie enquête. Par moment, cela m’a fait péter les plombs. Je me souviens d’une terrible engueulade au téléphone avec l’un des policiers. De toute façon, il s’en fichait de ce que je pouvais bien dire : à quinze ans, on n’est pas forcément crédible. En tous cas, au yeux de certaines personnes… Aujourd’hui encore, j’en veux à deux de ces enquêteurs qui ne voulaient pas vraiment croire à la piste d’un enlèvement. Ceux-là, ils ont passé plus de temps à démonter les liens familiaux qu’à chercher ma sœur… Je suppose qu’ils se  reconnaîtront si je leur rappelle combien de fois ils ont fait pleurer ma mère. Moi, j’étais perdu. Anéanti. Amputé. Plongé dans une incertitude irraisonnée et omniprésente… Je me suis renfermé sur moi-même. Et sur une idée fixe qui s’est installée quelques semaines seulement après la disparition : je me disais qu’on ne la retrouverait jamais. Qu’elle avait été enlevée et tuée immédiatement… 

C’était finalement proche de la terrible réalité que l’on a découverte durant cet été…

En effet. Cela dit, j’ai eu aussi des soupçons sur les gens chez qui Elisabeth avait passé un moment, juste avant de disparaître. Ils sont bien entendu hors de cause en ce qui concerne l’enlèvement. Toutefois, je leur en veux toujours d’avoir laissé partir Elisabeth, seule et dans le noir, le soir de son enlèvement. Fourniret dit qu’il l’a attendue pendant un long moment, avant qu’elle sorte de la maison de ses hôtes. Voilà une autre interrogation qui reste entière : comment se fait-il que l’enquête de l’époque n’ait pas permis de déterminer la présence d’un véhicule suspect avec trois personnes à son bord, à proximité immédiate du lieu de l’enlèvement? 

Quelle relation entreteniez-vous avec votre sœur ?

On était très proche. Je crois que c’était notamment lié au caractère de recomposition de notre famille après la séparation de nos parents : on a galéré ensemble; On avait un lien très intime. J’étais très attentif à elle. C’était ma petite sœur, quoi… 

Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?

Très peu de temps avant l’enlèvement. Je ne saurais plus dire de quoi nous avons parlé. Je me vois, avec elle, dans le cadre des préparatifs de la fête de Noël. Ce moment a toujours été très important dans notre famille. J’ai un souvenir de douce insouciance.

Elle était, paraît-il, pleine de joie. Mais peut-être qu’on a tendance à idéaliser l’être disparu…

On n’idéalise pas! Elle était heureuse et cela rejaillissait véritablement sur son entourage… Nous étions tous très heureux en 1989.

 

Elle avait des projets?

Plein la tête ! Elisabeth voulait faire bouger le monde. Elle philosophait sur le bien et le mal… Moi, à cette époque, je ne pensais qu’à faire du skate et à écouter de la musique avec mes potes. Elle, elle pensait déjà à devenir juge…

Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait voulu aider ce couple (Fourniret et Olivier) qui prétendait chercher un médecin pour son enfant malade…

Cela lui ressemble, en effet. Elle était très serviable. Mais elle avait aussi un autre trait de caractère : c’était une battante. Comme sa maman. Je suis certain qu’elle ne s’est pas laissée faire par Fourniret. Et cela ouvre d’ailleurs sur une autre question : comment son ravisseur s’y est-il pris pour la transporter tranquillement dans sa voiture où il y avait aussi son enfant en bas âge? A cet égard, il y aura une reconstitution en octobre. Ce sera intéressant d’en connaître les résultats. Pour moi, les aveux de Fourniret ne doivent pas être pris pour argent comptant. Ce sont les paroles d’un pervers, d’un type sans scrupules qui dit ce qu’il a envie et qui arrange certainement une partie de la réalité au gré de ses humeurs et de ses fantasmes de psychopathe.

Votre maman dit qu’elle parle encore à Elisabeth. C’est votre cas aussi ?

Je lui reparle depuis peu. Depuis que je sais où elle est… Elisabeth est rentrée à la maison.

Ne pourrait-on pas dire que Fourniret a volé la vie de votre sœur, qu’il vous a aussi kidnappé votre maman et qu’enfin, il a tué votre adolescence ?

J’ai tout de suite compris que maman faisait ce qu’elle avait à faire. Bien sûr que cela l’a absorbé. Mais elle a toujours gardé une place pour moi. Malgré cette situation particulière, j’éprouvais un sentiment de sécurité sur le plan affectif. C’est ce qui m’a permis de mener à bien des études supérieures (ndlr : Thomas Brichet est biologiste et brasseur de formation et il travaille actuellement pour l’agence de la sécurité alimentaire, un service public fédéral).

Elle devait avoir une énergie hors du commun !

Je lui donne 10 sur 10… Bien entendu, cela lui a beaucoup coûté. Sur le plan de sa santé, notamment. Cette lutte harassante l’a fortement diminué. Elle a notamment dû surmonter un cancer. Peut-être s’était-il nourri de ses angoisses. Dans le même temps, elle a toujours eu cette force en plus qui l’a maintenue debout et digne malgré l’accumulation des épreuves et de la fatigue. Je trace un parallèle avec Carine Russo. J’ai la chance de la connaître. Elle aussi, elle a cette force en plus.

Comment définiriez-vous cette «force en plus»?

On pourrait résumer cela à l’amour d’une maman mais ce n’est pas suffisant. Il y a aussi cette dimension de combat. Cette volonté de toujours refuser la fatalité ; De résister coûte que coûte; Ce goût pour la vérité. Comme l’a dit ma mère lors de la Marche blanche dont elle fut l’initiatrice : «cette foi qui soulève des montagnes». C’est très récemment que j’ai pris conscience de tout cela. Pendant longtemps, je n’ai pas compris que ma mère était exceptionnelle… Puisque je  l’avais toujours connu comme cela…

Votre maman (lire aussi Ciné Télé Revue du 22 juillet 2004) nous déclarait que vous vous êtes «sacrifié» pour qu’elle puisse «survivre»?

Je l’ai lu. Ca m’a touché, mais je ne le ressens pas ainsi. J’ai fait ce que je croyais devoir faire. Peut-être fait-elle allusion au fait que j’ai pu être relativement autonome. Mais quand on est en retrait, il faut assumer ce choix. Si j’ai souffert, je ne me suis jamais laissé abattre. J’ai fait des études supérieures. Sans perdre une année, malgré les circonstances. Il faut dire que j’avais un modèle de courage en face de moi. C’est cet exemple qui m’a boosté.

Pourquoi est-elle partie au Canada ?

A cause de ses problèmes de santé…

Mais elle pouvait se faire soigner en Belgique aussi…

Elle avait besoin de quitter une vie, un stress permanent, qui nourrissait sa maladie. Un besoin de respirer, de lâcher prise. Même si elle ne l’a jamais vraiment fait. Ca n’a pas été facile pour moi, mais pour elle c’était indispensable. Là-bas, elle a rencontré d’autres personnes. Elle s’est investie notamment en faveur de populations indiennes en difficulté. Cela l’a aidé à retrouver un espoir de vie. Je vais la voir aussi souvent que possible.

Comment avez-vous appris que Fourniret pouvait être impliqué dans l’enlèvement et l’assassinat de votre sœur?

Ma mère m’a téléphoné du Canada. Elle m’a dit d’emblée : «on a retrouvé Elisabeth». Je n’y ai pas cru. J’étais sceptique jusqu’à ce qu’on nous rende Elisabeth. Ensuite, je l’ai formellement identifié

Cela a du être un moment très difficile…

Non. Ce fut un soulagement. Vraiment. C’était fondamental d’avoir enfin cette certitude. De voir des mes yeux qu’elle était bien revenue. Le plus difficile, c’était avant. C’était de trouver la force d’y aller. J’ai du retarder d’un jour parce que je n’y arrivait pas...

Maintenant, vous savez. Quel sentiment vous inspire Fourniret ?

C’est une caricature des travers les plus détestables de notre société : Un égocentrisme immonde, le lucre à tous prix, le ‘plaisir’ immédiat, l’absence de considération pour les plus faibles, l’inhumanité, l’imperméabilité à toute forme de scrupule, le non-respect de la vie. C’est un monstre terriblement horrible et banal. On n’éprouve pas un sentiment par rapport à un pauvre type de cet acabit…

Mais ne vous inspire-t-il pas de la colère ?  

Au moment où je vous parle, je ne ressens pas de colère. Mon état d’esprit, c’est que je suis soulagé. Soulagé de savoir où se trouve Elisabeth. Encore une fois, elle est rentrée à la maison. Cela donne aussi un sens à tout de ce qui a été entrepris par ma mère : elle a eu raison de se battre pendant aussi longtemps; Fourniret n’a pas pu indéfiniment cacher ses crimes. Ma sœur aurait peut-être dit que, finalement, le bien l’a emporté sur le mal…

Votre maman estimait nécessaire que Fourniret soit «lobotimisé»…

C’est la réaction d’une maman. Je la comprends. Cependant, je crois qu’il y a d’autres moyens pour neutraliser Fourniret. Il conviendra de s’assurer qu’un personnage aussi dangereux pour la société ne puisse un jour recouvrir sa liberté. Si ce devait être le cas, il est tellement évident qu’il recommencerait.

Et si vous pouviez parler à l’assassin d’Elisabeth…

Je n’aurais rien à lui dire! Mais j’aimerais le regarder droit dans les yeux.

Vous pourrez le faire lors du procès…

C’est prématuré de parler de ce procès. Et encore plus d’annoncer que je m’y rendrai. Tout dépendra de la qualité de l’instruction qui le précédera. C’est un élément fondamental.

Qu’attendez-vous de la justice?

Je veux qu’on comprenne toutes les circonstances de cette affaire. Que tout soit bien recadré. Que ce ne soit pas comme le procès Dutroux…

A savoir ?

Un grand cirque médiatico-judiciaire qui a laissé les parents de victime les plus combatifs sans véritables réponses à des questions essentielles. Et je le répète : je veux savoir ce qui a été fait à ma sœur mais aussi savoir si l’enquête n’aurait pas pu aboutir avant ces quinze années d’une interminable attente. Je veux que l’on reconnaisse enfin que le temps qui a été consacré à la recherche d’Elisabeth dans les heures qui ont suivi sa disparition n’a pas été suffisamment mis à profit. Les policiers et ex gendarmes de l’époque préférant creuser l’hypothèse familiale… Je veux savoir pourquoi fonctionnaires ont contribué à la mauvaise santé de ma mère en alimentant des tourments qui étaient déjà largement difficiles à supporter par le simple fait de la disparition d’Elisabeth. Dans cet ordre d’idée, je tiens à dire que j’ai introduit une demande d’aide  auprès du «SPF Justice». A ce jour, l’aide d’urgence du fonds d’aide aux victimes nous a permis de payer partiellement les funérailles d’Elizabeth. Pour le dédommagement moral, 15 ans après, ni moi ni maman n’avons encore recu quoi que ce soit!

On dirait que vous annoncez un nouveau bras de fer avec l’institution judiciaire ?

Non, pour le moment, cela n’aurait pas de sens. D’ailleurs, je ne me sens pas en opposition avec la justice. Je voudrais simplement que les victimes et la justice ne constituent pas deux blocs séparés, voire antagonistes. Si je veux tout comprendre, ce n’est pas pour que des gens soient sanctionnés mais pour qu’on soit forcé d’en tirer un certain nombre de leçons qui serviront peut-être dans d’autres dossiers à venir. C’est pour cela que je veux savoir où on été les manquements. Etre fixé définitivement sur ce qui n’a pas été fait pour retrouver Elisabeth.

D’ailleurs, les contacts de votre famille avec la justice sont meilleurs que dans le passé. Le courant passe bien, semble-t-il, avec le procureur du Roi Visart de Bocarmé…

C’est clair! Ce magistrat est très direct. Pas de langue de bois mais dans le même temps beaucoup de disponibilité et, il me semble, beaucoup de sincérité. C’est un grand professionnel. Malheureusement, les contacts avec la juge d’instruction renvoient plus aux mœurs judiciaires d’il y a quinze ans. Je ne lui lance pas la pierre. C’est plutôt un appel pour qu’elle soit plus accessible.

Quand on vous écoute, on pense inévitablement à votre mère. N’y aurait-il pas une sorte de passage de témoin ?

On peut présenter les choses comme cela. En tout cas, je le répète : je suis là et je serai là.

Lors des funérailles d’Elisabeth, Marie-Noëlle a lu des extraits d’un texte écrit par les indiens Navajos : «Le chant de la nuit». Il y avait notamment ces phrases : « (…) Avec joie, je me rétablis/ Avec joie, mon intérieur s’apaise/ Avec joie, mes membres retrouvent leur force/ Avec joie, ma tête devient calme/ Avec joie, j’entends à nouveau/ Avec joie, je marche/ Insensible à la douleur, je marche (…).»

Je pense qu’elle nous a tous soignés avec son poème. C’est un message de paix et de renouveau. Je devrais lire et relire ce texte…

Il y eu aussi la lecture d’un autre texte, lequel recoupe tout à fait le contenu de notre entretien : «Elisabeth ne nous a pas quitté. On a tenté de nous l’enlever. Aujourd’hui, elle est toute présente au fond de notre cœur, au sein même de notre conscience.»

(Thomas prend un temps de réflexion et résume sa pensée en quatre mots) Elisabeth est avec moi!

 

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