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Le site de Michel Bouffioux

«L’avenir de la Belgique ? Posons la question aux citoyens» (10/03/2005)

Publié le 10 Mars 2005 par Michel Bouffioux in Ciné-Télé Revue

 

Entretien publié dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 10 mars 2005

 

Olivier Maingain, président du FDF

«L’avenir de la Belgique ? Posons la question aux citoyens»

 

Maingain

 

 

C’est sur fond de querelles communautaires que la Belgique fête son 175ème anniversaire. Une dispute de plus entre flamands et francophones. Cette fois à propos de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-Vilvorde. Un débat de trop? «A quoi bon encore chercher des formules de compromis avec les partis flamands quand on sait que l’accord d’aujourd’hui sera toujours remis en question dès le lendemain», s’interroge le président du FDF, Olivier Maingain. Pour lui, «il est grand temps de crever l’abcès», «de mettre fin à un climat malsain entretenu par les partis flamands». Et d’estimer qu’«il faut consulter la population sur la volonté de vivre ensemble et sur les objectifs et valeurs communes qu’elle veut partager». «Je suis convaincu qu’il n’y a pas une majorité en Flandre pour en finir avec la Belgique», estime l’homme politique bruxellois.

 

 

 

 

 

- En octobre 1832, soit très peu de temps après l’indépendance de la Belgique, l’homme politique français Charles Maurice de Talleyrand disait ceci : «Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir…». En 2005, la Belgique «tient» toujours, mais beaucoup se demandent pour combien de temps?

- Je ne tiens pas à faire de pronostic sur l’avenir de la Belgique. Je me contenterai seulement de deux constats. Primo, il vrai que l’Etat belge a pu surmonté beaucoup d’écueils pendant ses 175 ans d’existence mais dans le même temps le contrat qui lie ses deux principales communautés a été l’objet répété de coups de canifs. Secundo, on s’interroge de plus en plus sur la volonté d’encore vivre ensemble de certains citoyens du nord du pays. Pour moi, il est grand de temps de crever l’abcès. Il faut avoir la volonté de dire aux Flamands : «maintenant nous voulons voir clair dans vos intentions réelles». Et ainsi, mettre fin à cette situation d’hypocrisie entretenue par les partis politiques du nord du pays. Un récent sondage à montré que 70% des flamands étaient encore fier d’être belge. C’est bien de disposer d’une telle indication, mais une consultation démocratique directe ce serait encore mieux.

 

- Vous êtes donc favorable à l’idée de référendum sur l’avenir de la Belgique lancée par le président du PS, Elio Di Rupo?

- Je suis favorable à la tenue d’un tel référendum pour autant que l’on pose de vraies questions à la population. Se contenter de demander aux citoyens belges si ils veulent encore vivre ensemble me semble trop court. Une telle consultation devrait aussi apporter des réponses sur le «comment vivre ensemble», avec quels objectifs et quelles valeurs partagées. Par exemple, veut-on le maintien de la sécurité sociale commune à tous les citoyens belges de ce pays ? Veux-t-on que l’on protège les minorités dans ce pays où qu’elles soient établies? Et ainsi de suite… Il ne faut jamais avoir peur de consulter la population. La Suisse est un pays qui a plusieurs communautés et qui n’hésite pas à recourir au référendum. Des divergences d’opinion entre romands, alémaniques et italophones peuvent apparaître. Et alors? Cela ne conduit pas pour autant à une situation de guerre civile! Je suis donc pour que l’on pose les vraies questions aux citoyens du Nord, du centre et du Sud et, bien entendu, avec des collèges électoraux distincts parce que si les sensibilités devaient être différentes, il faudrait que cela apparaisse clairement. Ayons la franchise de ne plus nous abriter derrière le discours des partis politiques pour savoir quelles sont les intentions réelles des citoyens. A partir de là, je reste persuadé qu’un contrat clair et juste pourra être établi entre les communautés. De toute manière, il faut mettre fin à ce climat malsain qui règne au Nord du pays où, sous la pression du Vlaams Belang, on presse les Francophone de faire des concessions inacceptables à la Flandre nationaliste parce que sans cela les extrémistes seront encore plus fort.

 

- Justement, ne craigniez-vous pas que la tenue d’un tel référendum donnerait une dangereuse tribune de choix à ces courants extrémistes flamands ?

- Non, ce serait peut-être l’occasion de leur briser le cou une fois pour toute. De faire apparaître qu’il ne sont pas en phase avec ce que veut vraiment la majorité de la population flamande.

 

- Mais si le résultat devait aller dans le sens des indépendantistes flamands ?

­- Je suis plutôt convaincu qu’il n’y a pas une majorité en Flandres pour en finir avec la Belgique. Je ne crois pas plus qu’il y en ait une pour la scission de la sécurité sociale. Néanmoins, comme chacun, je n’ai pas d’instrument objectif pour l’affirmer haut et fort. La parole du peuple flamand a été capturée sur ces points essentiels par les partis politiques. Et si par extraordinaire, le résultat devait aller dans le sens des indépendantistes flamands? Et bien, je trouverais utile qu’on le sache. Les Francophones en tireraient les conclusions. Dans ce cas, il ne servirait à rien de rester accroché à une sorte de mythologie ou de nostalgie belge.

 

- Vous estimez que, sur le terrain communautaire en tous cas, les partis flamands ne représenteraient plus le sentiment profond de la population flamande ?

- Il y a des sondages qui montrent  que sur des thèmes comme la scission de Bruxelles-Halle-Vilvorde, la population flamande est loin d’être aussi radicale que ce que prétendent les partis du nord du pays. Dans le même ordre d’idées, je ne suis pas certain que l’opinion publique flamande soit d’accord avec ce que je considère être une politique à la limite du racisme; Celle qui consiste à refuser des logements sociaux à ceux qui ne peuvent prouver qu’ils sont des flamands pur jus en passant un examen linguistique… Je constate que sur nombre de thèmes, notamment institutionnels, il existe des avis pondérés dans le nord du pays. Pourtant, je cherche désespérément la force politique flamande qui s’en ferait le relais. Même un parti politique comme Groen se sent obligé de devenir plus flamand alors que les Verts du nord du pays auraient certainement un espace politique plus grand s’ils respectaient leurs convictions fédérales.

 

- Le président du FDF est-il d’abord belge, européen ou bruxellois ?

- Je me sens d’abord très européen. Je crois que c’est aussi le sentiment de beaucoup de jeunes en Belgique. Il faut donner une dimension humaine à la construction européenne. Je suis pour l’Europe des citoyens, une Europe qui donnerait plus de possibilité aux populations de poser des choix politiques par le suffrage universel direct. Je rêve de l’élection d’un président de conseil européen au suffrage universel.

 

- Vous êtes européen avant d’être Belge ?

- Je suis respectueux du pays dans lequel je vis et de ses institutions sans tomber dans une sorte de belgicanisme niais.   La Belgique n’a de sens que si elle se fonde sur un contrat qui est respecté au bénéfice de toutes les communautés. Si il devait s’avérer à l’avenir que cela est impossible, il faudrait au niveau francophone, envisager d’autres horizons. Mais nous n’en sommes pas encore là.

 

- Et vous mettez «bruxellois» en troisième position ?

- Je suis aussi Bruxellois et francophone. Je ne vais pas dire que c’est synonyme, mais c’est tellement proche. Toutefois, je ne fais pas partie de ceux qui développent le discours régionaliste identitaire parce que cela me semble contradictoire avec l’universalisme qui imprègne notre culture française. Je suis donc un fédéraliste convaincu : nous avons voulu que Bruxelles soit une région à part entière, que les bruxellois soient maître chez eux, mais pas au point de vouloir leur plaquer une identité factice, inspirée d’un bilinguisme généralisé.

 

- Alain Destexhe, sénateur MR, vient de sortir un livre sur le déclin wallon. Le député wallon MR Serge Kubla répond  par voie de presse que la démarche de ce «Bruxellois» l’irrite au plus haut point et il ajoute «chacun chez soi». Un Bruxellois n’est pas chez lui en Wallonie?  

- Un Bruxellois est chez lui en Wallonie et l’inverse est vrai également. Cette polémique est d’ordre psychologique. Alain Destexhe a commis une maladresse énorme. Nombre de wallons estiment que pendant trop longtemps, certains bruxellois, plus particulièrement une certaine élite bourgeoise, a snobé les problèmes de la Wallonie. Et il est vrai que les wallons n’ont pas toujours eu le soutien des décideurs économiques et politiques bruxellois pour aider  à leur redressement économique et social. En ce sens, venir dire aujourd’hui aux Wallons qu’il sont toujours nulle part est profondément choquant et inacceptable. Je vais souvent en Wallonie et mes discours portent

comme titre : «Bruxelles solidaire de la Wallonie». Pour montrer combien Bruxelles est une chance supplémentaire pour les Wallons, plutôt qu’un obstacle. Je ne vais pas dire au Wallons ce qu’ils doivent faire. C’est une autre approche. M. Desthexe doit changer radicalement d’optique si il veut être crédible.

 

- On a parfois le sentiment qu’au nord et au sud, on vit dans deux pays différents. Les flamands ont leurs personnalités, leur télé, leur culture. Idem du côté francophone…

- Il faut nuancer ce constat. Bien entendu que nos références culturelles et intellectuelles ne sont pas les mêmes. Nous avons une vie culturelle qui nous amène plus à nous intéresser à ce qui se passe en France, mais pour autant est-ce que nos communautés sont des mondes étanches? Dans l’espace européen, de plus en plus de gens bougent. Pour voir des expositions, des évènements culturels, sportifs et autres. Fondamentalement, l’interpénétration culturelle existe encore.  Au niveau de la population et dans la vie de tous les jours, je ne crois pas qu’il y ait cette sorte d’incompréhension que l’on décrit parfois. Le nœud du problème est ailleurs. Matraquée par trop de ses médias et de ses partis politiques, l’opinion publique flamande tend à perdre certains repères démocratiques. C’est là que se trouve le vrai danger.

 

- De sorte que 59% des flamands ne sont pas opposé à une participation au pouvoir du Vlaams Belang…

- C’est perturbant et surtout très inquiétant. A cet égard, il convient de faireune mise en garde très claire : si après les élections communales, on constate que certaines forces démocratiques flamandes ont recourt à l’extrême droite pour former des majorités, il y aura un réel problème de coexistence en Belgique. Dans mon esprit, le cordon est déjà rompu par certains partis démocratiques flamands qui ont emprunté des pans entiers de discours au Vlaams Belang. Si cela va plus loin, quel parti francophone pourra encore assumer le fait de former une majorité au fédéral avec des partis qui s’allient par ailleurs aux héritiers du nazisme et de la collaboration.

C’est cela qui perturbe le plus le paysage politique en ce moment : ce grand dérapage qui semble s’annoncer en Flandre. Et dans le débat institutionnel, cette donne-là pèse lourdement. C’est pourquoi aucun accord institutionnel ne sera possible avant les élections communales : nous devons d’abord vérifier la sincérité des partis démocratiques flamand en termes de cordon sanitaire.

 

- Imaginons qu’un jour que le Vlaams Belang entre au gouvernement flamand ?

- Dans ce cas, il est fort probable que la Belgique ne puisse plus exister. Plus aucune coopération entre les régions ne sera possible. Cela ne veut pas dire que je ne soutiendrais pas les vrais démocrates flamands qui lutteraient contre une telle aventure politique. Mais vraiment, je ne vois pas comment la Belgique pourrait survivre à cela.

 

- Y-a-t-il un équivalent du FDF, côté néerlandophone?

- Non. Parce que nous ne sommes pas un parti nationaliste. Nous sommes allergiques au repli identitaire et égoïste qui caractérise le nationalisme flamand actuel. Un nationalisme flamand d’émancipation était autrefois légitime mais aujourd’hui, ce qui se passe n’a plus rien à voir avec cela. Le repli identitaire aboutit en réalité à aménager une voie triomphale au Vlaams Belang ; Il ne faut plus s’en cacher : bon nombre d’hommes politiques flamands ne sont plus éloignés, tant dans le discours que dans la pratique, de ce que voudrait le Vlaams Belang à propos des étrangers, en ce compris bien évidemment les «étrangers francophones». C’est cela que nous combattons : le flamingantisme; Nous ne serons jamais des nationalistes francophones qui se positionneraient pas opposition à une autre communauté.

 

- En 1912, Jules Destrée écrivait dans sa «Lettre au Roi» que «le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination du fanatisme…»

- Je ne suis pas d’accord dans la mesure où il faut toujours réfuter les généralisations abusives. Mais je dois bien constater que du côté des forces politiques flamandes – ce qui ne veut pas dire du côté de tous les citoyens flamands- il y a une sorte d’obstination à vouloir détricoter l’Etat belge et à imposer les réformes institutionnelles de manière unilatérale et sans respecter les accords antérieurs… Des fois, l’on s’interroge : à quoi bon encore chercher des formules de compromis quand on sait que l’accord d’aujourd’hui sera toujours remis en question dès le lendemain… C’est un jeu de dupe.

 

- Dernière étape de cette remise en question perpétuelle, le débat sur la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-Vilvorde. Les francophones céderont-ils ?

- A ce propos, je me réjouis que les partis francophones ont pu prendre une position commune le 11 janvier dernier : pas de scission si il n’y a pas d’élargissement du territoire de Bruxelles aux communes à facilités, lesquelles sont majoritaires peuplées de francophones. Par le biais de cette scission, c’est une frontière d’Etat que les Flamands veulent nous imposer. C’est la première étape du confédéralisme : faire émerger deux Etats, la Flandre d’un côté et la Wallonie de l’autre. Encerclé par la Flandre, les liens de Bruxelles avec la Wallonie seraient niés, de même d’ailleurs que son statut de région à part entière. Bref, c’est tout ce que l’on ne veut pas.   

 

Mais les flamands veulent une scission sans contrepartie ?  

Alors, ils n’auront rien. Ils doivent au moins accepter l’élargissement de la Région bruxelloise qui permettrait une continuité géographique de Bruxelles vers la Wallonie et qui permettrait aux francophones de la périphérie de ne pas rester en Flandre. S’ils veulent leur Etat flamand, il y aura de l’autre côté une unité inébranlable entre Bruxelles et la Wallonie.

 

- Certains seraient prêts à discuter d’un «petit élargissement». Votre collègue au parlement, M. Viseur (CDH) évoquait la piste de Rode Saint Genèse…

- C’est beaucoup trop peu. Demandons l’avis des gens habitant dans les communes à facilités voire au-delà.  La consultation populaire est techniquement possible sur le plan local.

 

- On voit mal comment les positions en présence vont déboucher sur un compromis ?

- Il faut prendre le temps. La pire erreur serait de vouloir régler ce débat dans l’urgence. Il vaut mieux, du côté francophone, bloquer les choses tant que l’on n’avancera pas sur nos revendications.

 

- Faisons un peu de politique fiction. Imaginons que le «génie» belge qui a toujours trouvé des compromis ne suffise plus un jour à empêcher le séparatisme…

- Dans ce cas, ce serait la Flandre qui serait la principale perdante. Bien plus que la Wallonie et Bruxelles. Les flamands perdraient à coup sûr Bruxelles et son rayonnement européen… C’est pour cela d’ailleurs que je n’ai jamais vraiment cru qu’ils veulent le séparatisme. Ils souhaitent le confédéralisme qui revient à vouloir les avantages du séparatisme sans en avoir les inconvénients.

 

- C'est-à-dire ?

- Ils veulent que ce qui se passe en Flandres, en ce compris  Bruxelles dans leur esprit, ne regarde que la Flandres. Dans ce cas, ils seraient mêmes prêts à accorder un régime de facilité pour les francophones à Bruxelles… En parallèle, ils maintiendraient certaines formes de solidarité minimales et limitées dans le temps avec la Wallonie. Mais il n’iront pas jusqu’au séparatisme parce qu’ils se rendent compte qu’il serait difficilement envisageable que l’Etat «Flandres» demande sont adhésion à l’Europe. Ca ferait mauvais genre et cela amènerait peut-être les Européens à s’interroger sur la vocation de Bruxelles en tant que capitale européenne. Avantage escompté : placer Bruxelles dans le giron de la Flandre. Inconvénient évité : ne pas devoir supporter les critiques de l’Europe.

 

- Mais si on devait tout de même arriver au séparatisme que deviendrait Bruxelles ?

- A Bruxelles d’exprimer ses préférences. Personnellement,  je préconiserais de faire l’unité avec la Wallonie;  Une Belgique résiduelle en quelque sorte. Je suis très hostile à  l’idée du district européen et international que défend Charles Piqué (PS) parce que Bruxelles échapperait à la volonté des Bruxellois. Cela deviendrait une ville sans âme, une ville de bureaux racrapotée sur sa fonction administrative. L’idée du district de Bruxelles se concilie finalement bien avec les vues confédéralistes de la Flandre qui y conserverait une fonction européenne et internationale.

 

Et si la Wallonie pensait à un rattachement à la France?

Que le choix se fasse par volonté populaire. Mais je crois que la pire des erreurs que feraient les Wallons, ce serait de concevoir leur avenir sans Bruxelles. Il n’y a aucune raison qu’ils renoncent à la plus value en terme d’économie et d’emploi que représente cette ville. Chaque fois que je vais en Wallonie, je leur dis qu’être présent à Bruxelles, c’est un avantage en termes d’emploi, y compris d’emploi à créer en Wallonie.

 

- Paul Henri Gendebien, partisan du «rattachement» de la Wallonie et de Bruxelles à la France déclarait récemment à «La Libre Belgique»: «La Belgique ne fêtera pas ses 200 ans. La nation flamande se prépare à accoucher d’un Etat, la République de Flandres. Or, deux Etats ne peuvent vivre sur le même territoire. Le plus faible s’effacera, à savoir la Belgique dont la déliquescence a déjà commencé. (…) Il serait plus rationnel de préparer un autre avenir (ndlr : le rattachement à la France) plutôt que de regarder en arrière vers un mythique paradis perdu, qui, de tout façon, ne ressuscitera plus»… Trop pessimiste?

- Gendebien est un bon analyste politique et je peux le rejoindre dans certaines de ses analyses. Mais il y a une sorte de romantisme dans son discours qui lui fait fuir les réalités immédiates. Je préfère d’abord me battre sur les enjeux d’aujourd’hui comme Bruxelles-Halle-Vilvorde que de me réfugier dans une perspective indéterminée dans le temps. Pour le moment, la thèse d’un rapprochement avec la France, - plutôt qu’un rattachement- en cas où l’inéluctable se produirait, est sans doute présente en arrière-fond dans l’esprit de beaucoup de décideurs francophones. Pour autant, je ne crois pas que ce soit la priorité du débat politique actuel.

 

- Il y a des craintes qui sont exprimées en ce qui concerne le séparatisme, mais il y aussi des signaux qui se manifestent dans l’autre sens. Certains, même du côté flamand, parlent de pause nécessaire dans les réformes institutionnelles, voire même de la nécessité «renationalisation» de certaines compétences…

- Je suis ouvert au débat mais ne nous trompons pas, c’est peut-être un calcul de certains hommes politiques flamands : Affirmer d’une part qu’on va remettre certaines compétences en commun pour mieux faire accepter le transfert de nouvelles compétences vers les régions et communautés…

 

Comment êtes-vous perçu en Flandre ?

J’ai souvent été diabolisé par les médias, mais je constate que, récemment, un quotidien de référence comme le «Standaard» m’a longuement interviewé. Peut-être le signe d’un nouveau questionnement au nord du pays. Peut-être que certains sont en train de comprendre que nous sommes les meilleurs alliés des flamands qui souffrent des excès du flamingantisme. J’ai le sentiment que ces flamands-là sont de plus en plus nombreux mais qu’ils trouvent difficilement à s’exprimer. C’est d’ailleurs pour cela aussi que le référendum serait une bonne chose.

 

Cela vous plairait d’aller sur les plateaux des grandes émissions politiques de la télé flamande comme l’ont récemment fait Elio Di Rupo et Didier Reynders?

Tout à fait. Je suis preneur et je pourrais tenter de m’exprimer  dans la langue de Vondel. Bientôt, la VRT va me suivre pendant toute une journée, c’est peut-être le prélude à une invitation.

 

Que diriez-vous aux Flamands ?

Que nous pourrions nous entendre, mais que nous devons rénover la maison Belgique. Pour ce faire, il faut négocier un pacte de respect fondé sur des valeurs démocratiques communes. La réflexion, elle est là : quels sont les valeurs que nous voulons partager et défendre ensemble.

 

On dit parfois que les derniers «liants» belges sont plutôt la Monarchie, l’équipe nationale de foot, l’une ou l’autre joueuse de tennis…

Moi je voudrais que si il y a encore un projet d’avenir pour l’Etat belge, il soit fondé sur quelque chose de plus significatif. Dire que l’on se retrouve autour de la bière, des frites et des Diables rouges me semble très court. Essayons plutôt de nous distinguer par une volonté réelle de compréhension qui déboucherait sur un contrat commun pour des valeurs partagées.

 

Si vous deviez prendre l’image d’un couple ? 

Je dirais qu’on ne cohabite pas longtemps dans un couple si chacun n’y trouve pas sa juste part et la reconnaissance de ce qu’il est.

 

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