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Le site de Michel Bouffioux

Quel est le nom du chien ? (09/03/2004)

Publié le 9 Mars 2004 par Michel Bouffioux in La Dernière Heure

Chronique "Si on me laisse dire", publiée dans le quotidien belge "La Dernière Heure" en marge du procès de Marc Dutroux et consorts 7 - Le 9 mars 2004

 

Peu après 12 heures, le 13 août 1996, Marc Dutroux, Michelle Martin et Michel Lelièvre sont arrêtés à Sars-la-Buissière. Dès 14 heures, ce même jour, le maréchal des logis René Michaux se trouve devant le 128, Avenue de Philippeville à Marcinelle. Sa mission : investir la maison du suspect principal de l’enlèvement de Laetitia Delhez afin d’y retrouver la jeune fille où, à tout le moins, une trace de celle-ci. Rappelons-le : Michaux connaît parfaitement les lieux qu’il va bientôt perquisitionner avec ses collègues Bernard Minette et André Noulard. Les 13 et 19 décembre 1995, il avait déjà visité l’endroit à deux reprises, dans le cadre de l’opération Othello. A l’époque, la gendarmerie savait que Dutroux était suspect d’aménager des caches et surtout des informations le mettaient en lien, depuis plusieurs mois déjà, avec l’enlèvement de Julie Lejeune et de Melissa Russo. En 1995, Michaux était descendu dans la cave de la maison de Marcinelle, mais il n’avait pas trouvé la cache. En 1996,troisième essai. Et troisième échec.

 

Et cela commence très fort : pour exécuter le mandat de perquisition du juge Connerotte, il faut entrer dans la maison… Michaux et ses collègues n’y parviennent pas. Il faut une demi-heure à un serrurier pour arriver sur place et se mettre à l’œuvre. Ce n’est finalement qu’à 15 heures 20 que la visite peut commencer. Elle ne durera que deux heures. René Michaux écrit dans son procès-verbal du 13 août 1996 : «Dès l’ouverture de la porte, nous investissons les lieux et nous pratiquons une visite rapide de ceux-ci afin de vérifier l’absence de toute personne, ce que nous constatons. (…) De plus, nous sommes également assistés d’un chien pisteur et de son maître dans notre perquisition. Le résultat du travail du chien est négatif, celui-ci n’a pas réagi à une piste éventuelle (…)

 

«Qu’en est-il de ce chien pisteur ?», a interpellé hier Me Beauthier : «Je ne trouve aucune trace dans le dossier de son nom, pas plus que d’un rapport du maître-chien!». Anecdotique ? Non. Hier des enquêteurs de la Cellule de Neufchâteau ont expliqué aux jurés qu’un élément très important du début des investigations dans le dossier Laetitia Delhez avait justement été apporté par un chien pisteur. A savoir, par ce brave toutou qui avait «marqué» la camionnette Renault Trafic ayant servi à l’enlèvement de Laetitia. On le sait, ce véhicule avait pourtant été «nettoyé» par Michelle Martin après l’enlèvement…

 

Comment se fait-il alors que le chien pisteur utilisé lors de la perquisition du 13 août 1996 n’a pas senti la présence de Sabine Dardenne et Laetitia Delhez dans la maison de Marcinelle ? Pourtant cette dernière avait très récemment séjourné au rez-de-chaussée et dans une chambre à l’étage, pendant trois jours, avant d’être descendue dans la cache. Pourtant, la maison de Marcinelle n’avait pas été «nettoyée». Les enquêteurs interrogés hier n’ont pu résoudre l’énigme. Ils ne se souviennent pas du nom du maître-chien et encore moins de celui du Rantanplan qui aurait mal reniflé le 13 août. Ils renvoient à René Michaux et à M. Donneux, l’officier qui avait coordonné les perquisitions du 13 août 1996. Auront-ils «souvenance» de cet épisode de l’enquête? Voilà donc un mystère de plus dans ce dossier qui, vous en conviendrai, n’en manque pas. Hier, la défense de Sabine Dardenne n’a pas cherché à savoir s’il y avait eu un dysfonctionnement, le 13 août 1996. Elle s’est tue. Durant toute la journée. Il est vrai que Me Rivière, l’avocat de Sabine, est aussi l’avocat de René Michaux…

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