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Marius Gilbert : " L'été prochain, on ne pourra pas tout relâcher "

Un entretien publié le 25 mars 2021 dans l'édition papier de Paris Match Belgique et le 27 mars 2021 sur le site Paris Match.be. 

Avec l’épidémiologiste Marius Gilbert, nous faisons le point sur l’état de la crise sanitaire.

A la mi-mars 2020, il y a un an déjà, Marius Gilbert nous déclarait : « Une longue cohabitation avec le virus doit être envisagée. » L’épidémiologiste osait même un pronostic : « On ne se débarrassera pas de ce virus en huit ou neuf semaines, comme certains responsables politiques l’ont communiqué. (…) L’épidémie va durer quelques mois, voire un an. » Dans le contexte d’incrédulité collective de l’époque, ces propos paraissaient quelque peu décalés, pour ne pas dire inaudibles. On allait voir ce qu’on allait voir, ce n’était pas ce grain de sable qui allait nous contraindre et, en tous cas, pas trop longtemps… Mais en mars 2021, le SARS-CoV-2 est toujours parmi nous et, comme l’explique notre interlocuteur, « on n’est pas au bout de nos peines ».

La couverture de Paris Match, le 19 mars 2020… Il y a un an….

Paris Match. En 2020, votre pronostic de « longue cohabitation avec le virus » pouvait sembler alarmiste. In fine, la réalité a dépassé vos prévisions. A quoi faut-il s’attendre maintenant ?

Marius Gilbert. Clairement, nous sommes entrés dans une période défavorable, une séquence d’un à deux mois qui va être extrêmement critique. Le variant britannique produit ses effets en termes d’augmentation des transmissions. Il apparaît aussi qu’il est plus pathogène que la souche précédente. Toutefois, la vaccination va avoir des conséquences positives et celles-ci sont d’ailleurs déjà sensibles : on ne voit pratiquement plus de décès parmi les résidents des maisons de repos. L’un des enjeux actuels est de vacciner au plus vite les plus de 80 ans qui vivent chez eux. Et ensuite tous les plus de 65 ans. Cela diminuera fortement le nombre de décès et d’hospitalisations.

Cela ira mieux durant l’été ?

L’été prochain, on ne pourra pas tout relâcher. Même si elles seront bien plus légères qu’aujourd’hui, des mesures devront être maintenues parce que toute la population ne sera pas encore vaccinée. On voit bien aujourd’hui que de plus en plus de personnes de la tranche de 40 à 60 ans arrivent en soins intensifs, ce qui veut dire que toutes les catégories d’âge adulte sont concernées et qu’il est donc essentiel que la couverture vaccinale soit très large.

« Le vaccin AstraZeneca semble moins efficace contre le variant sud-africain »

Quand le sera-t-elle suffisamment ?

Pour l’automne ou l’hiver prochain. Avec cependant un bémol : de nouveaux variants pourraient venir jouer les trouble-fête. Aujourd’hui, on a déjà des données qui indiquent que le vaccin AstraZeneca semble moins efficace contre le variant sud-africain. Or, c’est un vaccin qu’on utilise beaucoup en Belgique. Ce même genre de problème pourrait apparaître pour d’autres vaccins, relativement à d’autres variants qui peuvent toujours émerger (Ndlr : Au lendemain de cet entretien, une étude israélienne a été publiée, laquelle démontre que le vaccin Pfizer est lui aussi moins efficace contre le variant sud-africain). Cela pourrait perturber nos plans en termes de relâchement des mesures. Dans le côté positif de la balance, il faut prendre en compte les capacités d’adaptation des producteurs de vaccins, en particulier ceux qui utilisent la technologie de l’ARN messager. Cela préfigure sans doute un avenir où les gens les plus vulnérables devront se faire vacciner à intervalles réguliers – comme dans le cas de la grippe saisonnière – pour se protéger contre le variant majoritaire du moment.

Un hiver prochain sans aucune mesure, est-ce envisageable ?

Non, je ne le crois pas. Elles seront sans doute plus légères que l’année précédente, mais il faudra encore respecter certaines mesures comme le port du masque dans les espaces intérieurs, le maintien des gestes barrières. C’est difficile à accepter, mais c’est une réalité : on n’est pas au bout de nos peines. Du bout des lèvres, parce que des inconnues demeurent à cause des variants, on dira qu’on peut espérer le retour vers une vie à peu près normale après l’hiver 2021.

« Un prochain Noël en famille ? C’est envisageable »

Les fêtes de fin d’année ?

Vous évoquez un prochain Noël en famille ? C’est envisageable car, à ce moment, la majorité des personnes seront vaccinées. Mais, encore une fois, la question de la résistance de certains variants aux vaccins pourrait se poser.

Comment va-t-on gérer cela ?

Il faudra créer de nouveaux vaccins ou plutôt les adapter mais, insistons sur ce point, ce n’est pas du tout un défi technologique intenable. De plus, les chaînes de production, de logistique et de distribution des vaccins ne feront que s’améliorer dans les mois à venir, ce qui permettra de réagir plus fort et plus vite par rapport à l’émergence éventuelle de nouveaux variants nécessitant un effort de vaccination complémentaire.

Les bugs actuels en termes de vaccination ne sont que des maladies de jeunesse ?

J’en suis convaincu. On peut comparer cela à ce qui s’est passé avec les masques ou le testing. Il faut seulement que le système trouve sa vitesse de croisière. Un exemple personnel : une personne avec laquelle j’avais eu des contacts répétés a été contaminée et lorsque je l’ai appris, je me suis mis en quarantaine. Comme j’avais des symptômes légers, je me suis fait tester. Tout s’est passé comme sur des roulettes. J’ai fait une demande de testing à 8 heures, j’ai eu rendez-vous à 11 heures et, sur place, en quinze minutes, tout était réglé. A 19 heures, j’avais le résultat (négatif). Dans l’intervalle, le service de tracing m’avait déjà appelé pour me mettre en garde. Il y a quelques mois encore, les experts auraient à peine osé rêver à une telle efficience. Il en ira de même avec les campagnes de vaccination, qui ne devraient que s’améliorer à l’avenir. Cela permettra de combattre efficacement les nouveaux variants qui pourraient émerger.

« Une couverture vaccinale insuffisante peut faire émerger des souches potentiellement plus résistantes et/ou plus virulentes »

C’est un modèle adaptatif qui fonctionne pour les pays les plus riches, mais tous les Etats du monde n’ont pas les moyens de mener de telles politiques vaccinales ?

Il faut bien distinguer les situations. Il y a des pays très pauvres qui ne sont pas dans des situations gravissimes malgré le déficit de structures hospitalières et la quasi-absence de vaccination. Ceci est lié à des facteurs comme la pyramide des âges (plus de personnes très jeunes) et la moindre présence de facteurs à risques liés à des maladies dites de la modernité (cancers, diabètes, problèmes cardiovasculaires). On voit bien que dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne, on ne déplore pas les mêmes excès de mortalité que ceux observés dans les pays occidentaux. Mais votre question a tout son sens relativement à des pays en transition comme le Brésil ou l’Inde, où l’on rencontre les mêmes facteurs de morbidité que chez nous avec, en parallèle, une politique de vaccination chancelante : cela pourrait poser en effet un problème en termes d’émergence de variants.

Par quel processus ?

Quand la couverture vaccinale dépasse un certain seuil (environ 70 % de la population), elle est susceptible d’empêcher la transmission, et donc le virus n’est plus capable d’évoluer. Mais à l’inverse, une couverture vaccinale insuffisante permet le maintien de la circulation du virus qui, par un procès de sélection-compétition, peut faire émerger des souches potentiellement plus résistantes et/ou plus virulentes. Avec la globalisation, les voyages, il y a donc un risque de nouvelle propagation à l’échelle planétaire de variants provenant de pays où l’on n’est pas en mesure de vacciner suffisamment. Cela dit, il convient de ne pas paniquer : ce raisonnement aurait pu s’appliquer à toute une série de virus qui ont affecté l’humanité et ça n’a pas empêché qu’on soit arrivé à s’en débarrasser. De plus, on peut imaginer un passeport sanitaire : l’obligation d’être négatif et vacciné pour venir en Europe. Celui qui peut se payer un billet d’avion peut aussi se payer un vaccin.

Cela pose également la question des brevets : ne faut-il pas les faire tomber dans le domaine public pour augmenter la production de vaccins ?

D’un point de vue moral, cela semble indéniable. Sauf à remettre en question le modèle économique de la production pharmaceutique, il s’agit de négocier des équilibrages juridiques permettant aux industries pharmaceutiques de rémunérer leurs investissements de manière raisonnable, tout en cherchant à faire valoir l’intérêt général. Mais le « raisonnable » des uns n’est pas forcément celui des autres.

« On avance plus vite vers le goulet d’étranglement redouté depuis le début de la crise sanitaire »

Il y a un exactement un an, vous nous disiez : « A ce stade, le pic de l’épidémie n’est absolument pas prévisible. Cela dépendra de l’adhésion de tous nos concitoyens aux mesures de sécurité recommandées par les autorités. » Aujourd’hui, votre confrère Yves Van Laethem déclare : « Nous nous trouvons au pied de ce qui pourrait devenir une nouvelle vague. Nous ne pouvons pas prédire quand on atteindra le sommet. (…) Si nous prenons des mesures, on peut améliorer cette courbe. » On a comme l’impression d’un « replay » ?

Ce n’est pas tout à fait la même situation. En conséquence de la seconde vague, 20 % des personnes qui résident en Belgique disposent d’anticorps. C’est comme si on avait démarré la vaccination avec un train d’avance sur d’autres pays européens. A cela s’ajoutent presque 10 % de personnes de plus de 18 ans d’ores et déjà vaccinées par une première dose. En d’autres termes, il est vraisemblable qu’aujourd’hui, plus d’une personne sur quatre soit protégée en Belgique, en ce compris les personnes exposées aux formes les plus sévères de la maladie.

Quoi qu’il en soit, les chiffres de l’épidémie ne sont pas bons. Etes-vous inquiet ?

Au moment de notre échange (lundi 22 mars, NDLR), oui, effectivement, on assiste à une remontée inquiétante de tous les indicateurs, sauf celui de la mortalité, mais on sait que celui-ci a toujours un certain temps de retard. Cette remontée est un peu supérieure aux prévisions du modèle mathématique de Niel Hens et Nicolas Franco présenté le mois dernier, qui annonçait une augmentation graduelle – pas exponentielle – d’ici à la fin avril. Et ensuite une redescente lente vers la fin du mois de mai, début juin. Mais ce modèle mathématique a été défini sur base d’un plan de vaccination sans bug, sans tenir compte de certains relâchements qui ont eu lieu ensuite (métiers de contact, comportements moins prudents d’une partie de la population) et sans anticiper la plus grande virulence du variant britannique.

C’est donc un scénario qui était trop optimiste ?

Sans doute. Il prévoyait un pic à 250 hospitalisations par jour, et je pense qu’on va le dépasser. L’augmentation ininterrompue qu’on constate depuis plusieurs semaines est préoccupante, mais la courbe des personnes qui arrivent dans les unités de soins intensifs (USI) l’est plus encore. Elles sont plus jeunes et ce n’est pas sans conséquence en termes de gestion des flux d’hospitalisations : les patients meurent moins, ce qui est évidemment très bien ; en même temps, ces malades plus résistants séjournent plus longtemps en USI, moins de lits se libèrent, et donc, on avance plus vite vers le goulet d’étranglement redouté depuis le début de la crise sanitaire. Il y a là un vrai risque qu’il faut anticiper et c’est pourquoi, dans la situation actuelle, on ne peut laisser perdurer ce taux de reproduction supérieur à 1 qui annonce une amplification de l’épidémie.

« Imaginer qu’on puisse venir à bout d’une reprise significative de l’épidémie en ne fermant que les écoles, c’est un leurre »

Quel est votre regard sur la stratégie du Codeco, en ce compris le débat sur les écoles ?

Les écoles sont un lieu de transmission parmi d’autres et l’on a focalisé très fortement les regards sur celles-ci en raison de la plus grande visibilité des cas, liée à un système de dépistage qui n’a cessé de s’améliorer. Mais imaginer qu’on puisse venir à bout d’une reprise significative de l’épidémie en ne fermant que les écoles est un leurre. Si l’on veut donner un grand coup de frein à la transmission dans les prochains jours, il va falloir agir sur les écoles, mais aussi simultanément sur les autres composantes de la société. (Ndlr : Ce qui a été décidé par le Codeco au lendemain de cet entretien) La population est fatiguée des mesures, attend autre chose, et il y a un grand découragement face à la reprise de l’épidémie, avec la tentation de changer le moins possible et de ne pas revenir sur des assouplissements qui sont vus comme des acquis. Mais une mobilisation générale de différents secteurs, y compris celui de l’éducation, pendant quelques semaines, a tout son sens pour laisser à la vaccination le temps de se déployer et reprendre après Pâques dans de meilleures conditions.

Vous nous avez dit tout à l’heure que le vaccin Astra Zeneca « semble moins efficace » contre le variant sud-africain. Dès lors, ne serions-nous pas dans l’embarras si celui-ci se propageait beaucoup en Belgique ?

Oui, bien entendu. Actuellement, ce variant est déjà présent, mais il est minoritaire (environ 5 %). Cependant, il y a déjà eu des clusters de cas, notamment dans une maison de repos dont les résidents étaient vaccinés. Actuellement, cela fait l’objet d’investigations supplémentaires. Lors d’événements de contamination de ce type, il est essentiel d’agir très rapidement pour séquencer le virus (déterminer de quelle souche il s’agit) et couper la transmission le plus vite possible. Plus généralement, cela doit nous inviter à réfléchir à notre stratégie de commandes de vaccins dans les prochains mois.

En effet, faut-il poursuivre la vaccination avec un Astra Zeneca qui semble déjà trop faible face à l’un des variants ?

Alors qu’on manque encore d’autres vaccins et que domine le variant britannique, cela garde son sens. Mais le risque est réel que des personnes qui ont été vaccinées avec de l’Astra Zeneca devront l’être une fois encore avec un autre vaccin dans quelques mois. Théoriquement, cette potentialité n’est pas exclue pour des personnes protégées par d’autres vaccins. Cela dépendra de l’évolution des variants. En soi, ce n’est pas un drame.

Des vaccinations successives ne poseront elles pas question en termes d’innocuité ?

La répétition de la vaccination n’est pas synonyme de danger supplémentaire. De nombreuses personnes se faisaient vacciner tous les ans contre la grippe saisonnière sans que cela pose de problème particulier.

« J’ai le sentiment que le discours de sensibilisation et de responsabilisation a vécu »

Le fait que de plus en plus de jeunes de moins de 19 ans soient infectés est-il lié à une évolution du virus ?

Non. D’ailleurs, l’accroissement de contagiosité concerne toutes les classes d’âge. Et quoi qu’il en soit, c’est plutôt lié aux comportements. Des enquêtes par questionnaire sont régulièrement réalisées. Elles montrent bien qu’il y a un relâchement dans l’observation des gestes barrières et de la limitation du nombre des contacts chez les plus jeunes : ils se sentent moins concernés.

Auriez-vous envie de leur dire quelque chose ?

J’ai le sentiment que le discours de sensibilisation et de responsabilisation a vécu. Il est largement passé auprès de ceux qui y étaient sensibles, il est devenu inaudible auprès de ceux qu’il ne touchait pas et tous ceux-là sont las, voire révoltés. D’une certaine manière, il y a eu tellement peu de prise en compte des besoins et spécificités des jeunes dans la gestion de cette crise qu’on ne peut pas vraiment leur donner tort. En mars, le commissaire Corona annonçait des initiatives participatives avec les jeunes, des « hackathons ». Mais c’est une goutte d’eau : le budget dégagé pour toute la Belgique est inférieur à celui que nous avons dégagé à l’ULB pour soutenir une initiative analogue pour nos étudiants. Au mieux, on peut encore demander aux jeunes qui souhaitent se rencontrer de le faire dehors, d’être prudents dans les contacts avec leurs aînés – ce qu’ils font déjà largement – et de montrer encore un peu de patience jusqu’à ce que les personnes à risque soient vaccinées.

« On pourrait arriver dans un scénario qui obligerait à reprendre en compte une possible stratégie d’éradication »

Notre lutte contre le virus s’éternise. D’autres pays comme l’Australie ont mis en place des plans « zéro Covid » impliquant des confinements plus stricts. Des opérations « bazooka », en quelque sorte. Ils ont moins de morts et revivent à peu près normalement, tout en étant extrêmement vigilants à tout événement de contamination.

La question d’une stratégie d’éradication du virus, dite du « zéro Covid », peut être posée. Par exemple, en Australie, ils ont été très loin en ce sens, avec un lockdown très sévère pendant deux mois. Idem en Nouvelle- Zélande, à Taïwan, et ailleurs encore. Ces pays vivent aujourd’hui à peu près normalement. Ils ont réussi à descendre si bas le niveau de transmission que cela leur permet de mener des enquêtes extrêmement détaillées sur chaque événement de contamination : quels sont les contacts de la personne infectée, quels endroits elle a fréquentés, etc. C’est un travail de fourmi, mais il devient praticable quand il y a très peu de personnes contaminées. Le corollaire d’une telle politique, c’est de mener des contrôles stricts aux frontières. En Nouvelle-Zélande, par exemple, toute personne qui arrive de l’étranger passe deux semaines de quarantaine dans un hôtel. Pour un pays comme la Belgique, ce serait assez compliqué à mettre en place. Nous ne sommes pas une île, nous avons énormément de frontières, de travailleurs transfrontaliers, une économie ouverte, énormément de transit routier, des fonctionnaires internationaux, etc.

Certains défendent pourtant cette piste du « zéro Covid ». L’économiste française Cécile Philippe déclarait récemment dans un quotidien : « Une économie en bonne santé, c’est une économie qui fonctionne avec des gens en bonne santé. Et pour cela, on ne peut pas traiter cette épidémie avec les moyens qu’on utiliserait pour une grippe. Comme pour Ebola, on ne peut pas vivre avec ce virus, il faut l’éradiquer. Un mois de confinement strict tel que celui qu’on a connu en mars dernier a coûté en France 40 milliards d’euros par mois. Le reconfinement moins strict de cet automne a coûté 30 milliards par mois. Le couvre-feu actuel, lui, représente dix milliards. Il vaut mieux éradiquer le virus avec un confinement très strict de cinq ou six semaines (et surtout un déconfinement très rigoureux, pas comme l’été dernier) que de prolonger des demi-mesures à durée illimitée. » Qu’en dites-vous ?

Cela pourrait se défendre si l’on n’avait pas les vaccins et qu’il ne restait que la prévention comme instrument. Personne ne peut évidemment prédire l’avenir avec certitude, mais l’espoir est très réaliste d’arriver à une mortalité du type de la grippe saisonnière grâce aux vaccins. A partir de là, on pourra mener ce travail de fourmi, « à l’australienne », dont nous avons parlé précédemment.

N’en demeure-t-il pas moins cette faille liée à la temporalité de notre stratégie : plus le temps passe, plus des variants peuvent se développer, lesquels peuvent être plus résistants ?

De fait, personne ne peut affirmer avec certitude que les vaccins vont nous permettre une vie qui sera à 100 % normale et que nous ne serons pas soumis à un impératif de revaccinations successives. Dans le pire des cas, si l’on devait constater que de nombreux variants ne cessent d’apparaître avec des résistances qu’on n’arrive pas à combattre, on pourrait arriver dans un scénario qui obligerait à reprendre en compte une possible stratégie d’éradication. Il faut rappeler, une fois encore, que nous sommes confrontés à un nouveau virus. Nous avons choisi une voie dont nous pensons qu’elle a de très bonnes chances d’aboutir. Mais de certitudes, il n’y en a point.

Quel serait le prix à payer en Belgique pour une stratégie « zéro Covid » ?

Deux mois de lockdown strict en ne laissant ouvertes que deux vannes : les commerces alimentaires et les soins médicaux. Ne le faire que pendant un mois, ce serait trop court, car on observe une hausse des contaminations intrafamiliales durant les premiers temps d’un confinement complet. Mais deux mois, c’est fort long alors que les gens sont déjà épuisés par cette crise sanitaire. Et cela ne réglerait en rien les problèmes de réintroductions successives du virus si les pays frontaliers ne faisaient pas de même.

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