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Pensionnés au boulot : Vers une société du " travail à perpétuité " ?

Un reportage publié dans Paris Match Belgique et sur Paris Match.be, les 18 et 22 mars 2021.

Par choix ou par nécessité, de plus en plus de pensionnés prolongent leur vie professionnelle. Selon les statistiques du SPF Finances, ils sont d’ores et déjà près de 100 000 à travailler au-delà de l’âge légal de la retraite en Belgique. Si nous vivons de plus en plus longtemps, est-ce pour travailler toujours plus longtemps ? Ces retraités actifs préfigurent-ils le monde de demain ?

« Je n’ai pas le choix : je crois que je travaillerai jusqu’à ma mort. » Agée de 66 ans, Francine Pirlot tient un commerce de confection de tissus et de décoration à Lillois. Autrefois, pendant de nombreuses années, elle fut épouse-aidante dans l’horeca. « A cette époque, je n’ai pas cotisé. Ayant divorcé, mon mari dispose d’une pension complète mais, pour ma part, je me retrouve avec une aumône de 525 euros brut par mois », raconte-t-elle. Théoriquement, Francine a le droit de bénéficier de la Grapa (Garantie de revenus aux personnes âgées), mais si elle acceptait cette aide sociale, elle devrait arrêter son activité et se contenter d’environ 1 000 euros par mois. « A ce compte-là, je préfère garder ma petite pension et y additionner les revenus d’un boulot. Tant que je tiendrai debout, je continuerai », dit-elle. Francine a conscience qu’elle a posé un choix qui « équivaut à une condamnation au travail à perpétuité », mais elle préfère ne pas trop penser à l’après, à ce moment où elle n’aura plus la force d’ouvrir le volet de son commerce. « Qui vivra verra ! » s’exclame-t-elle. « Finirai-je au CPAS ou à la rue après avoir travaillé pendant toute une vie ? Je ne le sais pas. Le présent est déjà assez compliqué comme cela. Ce qui me tourmente le plus, c’est de passer à côté d’une troisième partie de vie que j’aurais imaginée autre. Si j’avais eu le choix, je ne me serais peut-être pas totalement mise à l’arrêt, mais j’aurais organisé mon temps autrement. J’en aurais consacré une partie à mes petits-enfants. J’aurais quitté ce mode de vie conditionné par le travail. »

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Michel Bouffioux


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