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Le blog de Michel Bouffioux

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«Je suis la chair de la bête» (20/10/2004)

Publié par Michel Bouffioux sur 20 Octobre 2004, 13:17pm

Catégories : #Ciné-Télé Revue

Interview de Maryline Louis publiée dans l'hebdomadaire belge "Ciné-Télé Revue", le 20 octobre 2004

Ce 2 novembre s’ouvrira à Auxerre un procès qui fera grand bruit dans l’hexagone («Envoyé Spécial» sur France 2 y consacre d’ailleurs un dossier ce 14 octobre). Celui d’un papy de 71 ans dont le visage souriant dissimule une bête féroce accusée d’avoir enlevé, torturé, violé et tué sept jeunes filles entre 1975 et 1979. Comme Marc Dutroux en Belgique, Emile Louis a bénéficié étrangement d’une trop longue impunité. Il aurait pu, il aurait dû être arrêté dès le début des années ’80 si les investigations d’un gendarme qui avait rassemblé des éléments accablants à son encontre n’avaient fait l’objet d’un mystérieux classement sans suite par la magistrature icaunaise…

Mise sous pression par les familles de «disparues de l’Yonne» et par les médias, la justice française a enfin arrêté Emile Louis en décembre 2000. Croyant bénéficier de la prescription, il a alors avoué ses crimes et deux corps ont été retrouvés sur ses indications. Depuis qu’il a compris qu’il devrait répondre de ses actes devant la Cour d’assises, le tueur en série s’est rétracté. Au cours de l’instruction de cette affaire, Emile Louis a livré peu de ses secrets. Il s’est parfois réfugié derrière des propos délirants : «J'étais possédé par quelqu'un d'autre qui me poussait au mal, cette force me poussait à tuer (…) Le démon m'habitait, c'était la pleine lune.» Ou alors, il a entretenu les rumeurs sur les contours réels ou supposés de cette affaire: «Ce n’est pas moi, je paye pour d’autres».

Mais qui est donc ce Landru de l’Yonne? Une seule personne le connaît parfaitement. Nous l’avons retrouvée sur le continent sud-américain; En Guyane Française, où elle s’est exilée pour mettre un océan entre elle et son passé teinté de trop de tourments et de sévices. Elle s’appelle Maryline. C’est la fille aînée d’Emile Louis. «La chair de la bête, celle que personne ne voudrait être», comme elle dit elle-même. Agée aujourd’hui de 48 ans, cette mère de trois enfants nous a raconté son pervers de père : «Malgré ses mensonges et ses dénégations, je sais que tout cette violence a existé. Je sais ce dont mon père est capable. Depuis si longtemps… Il ne devrait jamais sortir de prison!». Sous la menace, Maryline a partagé de lourds secrets pendant plusieurs décennies mais ce n’est pas une complice d’Emile Louis. C’est l’une de ses victimes. «Une miraculée», explique-t-elle. Violée dès l’âge de cinq ans, humiliée, séquestrée, torturée par son père, Maryline dit aussi avoir assisté à l’un des meurtres commis par le tueur de l’Yonne.

 

«Je ne suis pas un phénomène de foire. C’est très difficile d’exposer publiquement la vie qui fut la mienne dans l’intimité du tueur», prévient-elle. La fille d’Emile Louis estime seulement que c’est son «devoir» de témoigner ; «D’être utile». Comment ? En faisant au moins passer ce message aux enfants qui vivraient actuellement sous le joug de pervers et d’abuseurs : «Il faut parler! On ne se libère jamais de la peur et de la honte que les sévices ont incrusté dans notre corps et dans notre cœur. Mais on peut se libérer du garrot du silence, on peut se dépouiller du manteau poisseux de la culpabilité. Non seulement c’est possible mais c’est la seule voie du salut. J’en suis le témoin vivant». Un terrible témoin à charge contre Emile Louis.

Pour accéder à l'intégralité de cet entretien, versez la somme de 0,5 euro et envoyez-moi un mail à l'adresse suivante : michelbouffioux@hotmail.be
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