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Affaire Schoonejans : «Handicapé pour la vie, mon fils n’a reçu que 1.000 euros d’indemnités !»(130406)

Michel Bouffioux par Michel Bouffioux
13 avril 2006
dans Ciné-Télé Revue
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Jacques Schoonejans

Jacques Schoonejans

Un entretien publié dans l’hebdomadaire belge « Ciné-Télé Revue », le 13 avril 2006

 

Depuis près de huit ans, Jacques Schoonejans espère que son fils, victime d’une sauvage agression, sera enfin indemnisé à hauteur du préjudice qu’il a subit. Et pour cause. Pascal, seize ans au moment des faits, en paye encore les séquelles à l’heure actuelle : «Mon garçon a perdu des facultés essentielles. Il n’a plus d’odorat et plus de goût. Et c’est vraiment handicapant pour sa vie de tous les jours», explique Jacques. Il y a deux ans, ce papa dont la colère commence à atteindre des sommets recevait une note manuscrite de l’avocat auquel il avait confié ses intérêts. «Sans que je lui donné un quelconque mandat pour accepter une transaction, il m’annonçait avoir négocié un royal dédommagement avec la compagnie d’assurance de la partie adverse : 1000 euros pour solde de tout compte! Depuis lors, on a entamé des poursuites contre cet escroc du barreau, mais rien ne bouge…».

 

– Quand commencent vos ennuis et ceux de votre fils?

 

– Vers la fin du mois de juillet 1998. Agé de 16 ans, Pascal venait de décrocher un job d’étudiant dans un parc d’activité qui se trouvait à quelques kilomètres de notre maison. Vu que ce lieu était mal desservi par les transports en commun, j’ai décidé de lui acheter un vélo. A cette fin, je me suis rendu sur un marché à Anderlecht où j’ai rapidement déniché ce qui me semblait être une magnifique affaire : un vélo qui devait valoir dans les 500 euros et que le vendeur voulait bien laisser partir pour le cinquième de ce prix! Le lendemain, je l’ai offert à mon fils et il est monté dessus pour aller faire une course avec un copain à une centaine de mètres de notre domicile. C’est là qu’intervient un hasard aussi extraordinaire que malheureux.

 

– A savoir ?

 

– Ils sont arrivés devant un magasin. Pascal a attendu dehors pendant que son ami réglait un achat. C’est alors qu’un homme a surgit face à lui. Il était en colère et il lui a crié : «C’est mon vélo!». Pascal a tenté de lui expliquer qu’il venait de le recevoir en cadeau mais l’homme ne lui en pas laissé le temps : «Tu n’es qu’un menteur!». Il lui a arrache le vélo et lui a donné une volée de coups de poings dans le visage. Pascal a fini par pouvoir s’enfuir et à revenir jusqu’à la maison. Quand il est arrivé, son visage et son t-shirt étaient pleins de sang. Il m’a raconté ce qui s’était passé. Je l’ai pris avec moi. On a plongé dans ma voiture et nous nous sommes mis à la recherche de son agresseur. Par chance, on est parvenu à l’intercepter. Il marchait dans une rue, pas loin de chez nous, avec le vélo à ses côtés. Il a avoué tout de suite l’agression sur mon fils en la «justifiant» par le fait qu’il avait reconnu son vélo volé quelques jours plus tôt à la côte belge.

 

– C’était bien son vélo ?  

 

– Oui, l’enquête le confirmera plus tard. Comme elle démontrera aussi que je n’avais rien à me reprocher puisque je l’avais acheté légalement sur le marché. Mais même si cela n’avait pas été le cas, ce n’aurait tout de même pas été une raison pour s’en prendre avec une telle sauvagerie à un gosse! On s’est rendu au commissariat et l’agresseur y a confirmé ses aveux et sa «justification»…

 

– Dans quel état était Pascal ?

 

– Il avait une double fracture du nez et son visage était presque entièrement noirci par un énorme hématome. Son job, il n’a pu le commencer que deux semaines plus tard. Choqué par la violence inouïe de l’agression, Pascal n’a en plus dormi pendant plusieurs semaines. La nuit, il n’arrêtait pas de faire des cauchemars, ma femme et moi, on l’entendait pleurer et crier dans sa chambre. Mes relations avec lui en ont également pâti. Ne trouvant d’autre moyen d’extérioriser sa colère, il a commencé à m’en vouloir à de lui avoir acheté ce vélo. Avec le temps, cela s’est tassé mais une séquelle physique très handicapante est restée et les médecins estime qu’elle sera permanente : mon fils a perdu l’odorat et le goût (lire encadré).

 

– 8 ans après les faits, quelle réparation a-t-il obtenu ?

 

– En tout et pour tout, 1000 euro d’indemnités! Ce n’est pas très cher payé pour un handicap à vie. L’assurance de son agresseur s’en est très bien tirée!

 

– Comment en est-on arrivé à une telle injustice ?

 

– Par l’insoutenable légèreté d’un escroc d’avocat. C’est pour cela que je témoigne. Je voudrais que les gens prennent conscience qu’il ne faut jamais faire une confiance aveugle à un avocat. Il faut suivre son travail, lui demander régulièrement des comptes car si vous tombez sur un mauvais conseil, les dégâts peuvent s’avérer irréparables… Au tout début de l’affaire, c’est Me H. qui s’est d’abord occupé de l’affaire. Cette avocate était désignée par notre compagnie d’assurance qui payait ses honoraires. A la suite de diverses expertises, elle a estimé que Pascal pouvait réclamer une première indemnisation provisoire qui tournait autour de 15.000 euros. Je crois que le dossier suivait une bonne voie jusqu’au moment où j’ai été moi-même victime d’un grave accident de la route.

 

– Quel rapport avec le dossier de votre fils ?

 

– Le 27 juin 2001, alors que je roulais à vélo, je suis renversé par une voiture à Koksijde et j’échappe de justesse à la mort après trois jours de coma. Je vous passe les détails de ce dossier mais je n’étais pas d’accord avec la manière dont Me H. voulait l’aborder. J’estimais qu’elle laissait trop facilement passer certains arguments de la partie adverse. Elle s’est donc retirée de cette affaire, mais aussi de celle de mon fils. N’ayant aucune connaissance du monde judiciaire, je me suis retrouvé complètement désorienté. A la commune d’Anderlecht, on m’a conseillé de me rendre dans une association qui organisait une permanence juridique. C’est là que je suis tombé sur un certain Me S. Déontologiquement, ce juriste ne pouvait que me donner un conseil et il n’avait pas le droit de me prendre comme client. Je ne le savais pas et il a pris les deux dossiers. Mon assurance était d’accord de payer ses honoraires. J’étais rassuré. Il me garantissait qu’il s’occupait de tout…  

 

– Mais en fait…

 

– Il ne s’est occupé de rien sauf de ses honoraires! Pendant près un peu plus d’un an et demi, ma femme et moi, on a passé notre temps chercher à savoir comment évoluaient le dossier mais l’homme était difficile a rencontrer et lorsqu’on parvenait à le voir, il nous racontait des salades. Bien sûr, on sentait qu’on n’était pas entre de bonnes mains mais on ne savait pas quels recours utiliser et ce d’autant plus que j’avais déjà changé une fois d’avocat. Ce n’est qu’en 2003 qu’on a compris que Me S nous avait complètement roulé dans la farine. D’abord, il y a eu l’affaire de mon accident qui est passée au tribunal de Furnes en février : je me suis retrouvé dans la salle d’audience sans Me S. qui brillait par son absence! L’affaire a été jugée à mon désavantage. J’ai pris contact avec lui, il m’a dit qu’il interjetterait appel et, bien sûr, il ne l’a pas fait. Quelques jours plus tard, Me S. m’envoie une note manuscrite par laquelle il m’annonce qu’il a conclu une transaction en mon nom dans le dossier de mon fils. Qu’il a accepté 1000 euro de la compagnie d’assurance adverse pour solde de tout compte! C’est totalement illégal, pour conclure cela, il devait avoir mon accord préalable et écrit, ce qu’il n’a jamais eu. En avril, enfin, j’apprends que l’affaire de mon fils est passée au tribunal de première instance de Bruxelles. Le jugement qui accorde la suspension du prononcé pour l’agresseur révèle que Me S. n’était pas présent à l’audience, qu’il n’a jamais entamé de démarches pour nous constituer partie civile dans cette affaire et que la transaction qu’il avait conclue dans mon dos avait été jugée par le tribunal comme un élément favorable pour le prévenu! Là, encore, bien sûr, aucun appel n’a été interjeté dans les délais.  

 

– Où en êtes-vous aujourd’hui ?

 

– Depuis la mi-2003, deux autres avocats se sont occupés de mon cas mais ils sont arrivés trop tard. Ils sont formels : par l’inaction caractérisée de Me S dans les deux dossiers que je lui avais confié, mon fils et moi avons obtenu de très mauvaises décisions mais elles ne peuvent plus être remises en question. La seule voie qui reste, c’est un recours en responsabilité contre Me S. Cette action a été introduite depuis 3 ans! C’est long. Trop long! Etant pensionné, je ne roule pas sur l’or et suite à mon accident, j’ai encore d’énormes frais médicaux aujourd’hui. Un huissier est déjà venu chez moi parce que je ne savais plus payer certaines factures… Me S., lui, il continue son petit bonhomme de chemin. Tranquillement. Avec son cabinet près de l’avenue Louise à Bruxelles et sa villa à la mer. Moi, je dois vivre avec l’espoir qu’in fine, l’assurance professionnelle de cet escroc qui est toujours en activité, finira par nous indemniser du préjudice qu’il nous a infligé. Avec l’espoir aussi que cette fois, cela ne se limitera pas à 1000 euros!

 

Pour en savoir plus

 

«Ca sent le brûlé ? Ca sent mauvais ? On sonne à ma porte, est-ce que ça ne sent pas le renfermé chez moi ? La bouffe de midi ? La clope ? Le pipi ? Le caca ? Et si il y avait un pigeon mort sous mon canapé ? J’emmène des amis dans ma voiture, ça sent quoi ? Je suis devenu un obsédé du nettoyage, un chasseur d’odeur névropathe, un maboul de l’eau de Javel». Dans un précédent coup de gueule, le 19 mai de l’année dernière, nous donnions la parole à Michel Doriez. Ce français racontait avec beaucoup d’humour (noir) ce qu’est la vie d’un homme qui n’a plus de goût et d’odorat. Cette maladie grave a un nom : l’agueusie/anosmie. Très handicapante au quotidien, elle finit inévitablement par jouer sur le moral. Michel Doriez raconte son histoire avec beaucoup de talent dans un livre : «Je ne peux plus me sentir», Flammarion, Paris.

Michel Bouffioux

Michel Bouffioux

Curieux de beaucoup de choses, je m'intéresse notamment à des dossiers sociétaux, historiques, scientifiques et judiciaires. Depuis 1987, comme le temps passe, j'ai travaillé dans les rédactions de plusieurs quotidiens et hebdomadaires belges. J'ai aussi fondé l'hebdomadaire "Le Journal du Mardi" en 1999. Depuis 2007, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Paris Match Belgique.

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