Infrastructures vitales pour nos communications et nos économies, les câbles sous-marins sont vulnérables. Ils sont cartographiés par des puissances hostiles et parfois sabotés. Auteure d’une enquête fouillée (« La guerre silencieuse », Grasset), Marie Baléo appelle à prendre conscience de cet enjeu stratégique.
Un entretien publié par l’hebdomadaire Paris Match Belgique, le 22 octobre 1996.
À quel point nos sociétés sont-elles dépendantes des innombrables câbles sous-marins installés dans tous les océans du globe ?
Marie Baléo. Cette dépendance est immense. En quelque sorte, ces câbles sous-marins sont les artères de notre monde numérique. Si nous pouvons envoyer des messages à l’autre bout du monde, travailler à distance, accéder à des données stockées dans des clouds, c’est notamment grâce à eux. Dix mille milliards de dollars de transactions financières quotidiennes passent par ces câbles, notamment ceux qui traversent l’Atlantique. Ils interviennent évidemment dans l’organisation du commerce international : l’import-export des marchandises, les échanges entre fournisseurs, transporteurs, ports, douanes, banques et assureurs. Le réseau internet mondial, et donc une grande partie de notre activité économique, dépend ainsi de quelque 600 câbles seulement qui, mis bout à bout, représentent 1,4 million de kilomètres, soit 35 fois le tour de la Terre.
Ces infrastructures qui participent à la circulation de volumes de données toujours plus importants ne sont-elles pas fragiles ?

Lire la suite de cet article dans l’édition de Paris Match Belgique du 22 octobre 1996.
Lire aussi :
- Câbles sous-marins, ces fragiles artères du monde numérique
- Coup d’État numérique en Amérique : « Cette offensive a été préparée avec une extrême précision », affirme Thibault Prévost
- Sofi, diagnostiquée autiste à 35 ans : « Être moi, c’est vivre dans une énigme »
- Grands-pères, la révolution de la tendresse : « Je suis beaucoup plus grand-père poule que père poule »
- Comment l’IA pourrait devenir l’instrument d’un « pouvoir politique absolu » : Antoine Buéno envisage les conséquences de la révolution agentique






