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Philippe Tellier à propos des « amours de détention » du meurtrier de sa famille

Michel Bouffioux par Michel Bouffioux
29 novembre 2007
dans Paris Match Belgique
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Un entretien publié dans l'hebdomadaire Paris Match Belgique, le 29 novembre 2007.

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Depuis septembre 2006, Rémy Lecrenier, l’homme qui, il y a dix ans, décima une famille entière à Bas-Oha, est dans les conditions légales pour demander sa libération conditionnelle. Il ne l’a pas encore obtenue. En attendant, il multiplie les conquêtes amoureuses derrière les barreaux… « Dois-je encore m’indigner ?», s’interroge, désabusé, le mari et père des victimes, Philippe Tellier.

Bien évidemment, c’est le genre d’affaire dont il importe de rappeler les horribles circonstances. Toujours. Pour ne pas oublier, ne pas banaliser. Et que soient posées les bonnes questions lorsque des juges auront la lourde responsabilité de décider d’un retour dans la société de l’auteur des faits. On parle donc ici d’un tueur responsable d’une série de meurtres terribles, quatre au total, commis froidement, avec préméditation, en une journée, au début du mois de juillet 1997. Parce qu’il était jaloux, insatisfait, frustré… Rémy Lecrenier a éliminé Geneviève Tellier (50 ans) et trois de ses filles, Laurence (19 ans), Vanessa (21 ans) et Vinciane (23 ans). Pour commettre l’innommable, l’homme, qui était alors âgé de 28 ans, s’était notamment armé d’une arbalète… Ce jour-là, il avait aussi violé… Post mortem.

« Le diable a toujours eu quelque chose de fascinant »

Est-ce un tel curriculum vitæ qui en fait aujourd’hui un redoutable séducteur ? « Il faut le croire. En fait, plus rien ne m’étonne », commente, d’évidence dépité, Philippe Tellier. « Je crois que le mal personnifié attire, oui ! C’est une nouvelle, cela ? Regardez tout ce qui se passe sur cette Terre… Le diable a toujours eu quelque chose de fascinant. Voyez aussi les « affaires Dutroux », « Fourniret », etc. De tous ces sinistres personnages, on a dit qu’ils recevaient de la correspondance amoureuse. Et c’était déjà le cas de Landru en son temps… Quels sont les ressorts de cela ? Je n’en sais rien… Bien sûr que c’est choquant de savoir que Lecrenier reçoit des V.h.s. (Visites hors surveillance) durant lesquelles, il peut avoir des rapports sexuels avec ses conquêtes du moment… Personnellement, j’étais déjà au courant depuis plusieurs mois. Je savais qu’il y avait eu et qu’il y a encore un véritable défilé. Cinq femmes au moins depuis qu’il est emprisonné… J’ai mes sources, moi aussi !»

Et cet homme meurtri, dont la vie a été complètement détruite en une journée par Lecrenier, de décoder : « Ce monstre à l’apparence humaine rentabilise à fond son ‘droit à une relation amoureuse’. En fait, il b… autant qu’il peut. Il prend son pied puisque c’est là le seul mobile de son existence : être pervers et sans scrupules.  Ses victimes actuelles et futures ont-elles seulement conscience que ce personnage, décrit comme psychopathe pendant son procès, est définitivement incapable de sentiments, d’altruisme ou d’un quelconque intérêt pour la souffrance d’autrui ? Ce qui compte pour lui, c’est sa jouissance, et il est prêt à l’obtenir par n’importe quel moyen… »

Mais pour Philippe Tellier, l’important n’est pas là : « Que des femmes soient assez stupides, naïves ou perverses pour caresser la bête qui les mordra, inévitablement, tôt ou tard, c’est finalement leur problème à elles. Moi, mon combat reste le même : comment protéger la société le plus longtemps possible du danger que représente cet individu. Il faut qu’il sorte le plus tard possible. C’est une question de morale : il y a à peine plus de dix ans que ma famille a été décimée par ce tueur. C’est aussi une question de sécurité. En décembre 1999, quand il a été jugé par la cour d’assises et condamné à la perpétuité, il a été décrit par tous les psychiatres comme un homme très dangereux. Il était tout à fait responsable des actes criminels qu’il a posés dans ma maison. Son caractère narcissique le rend incapable d’avoir un regard honteux et critique sur ses propres actes. Cet homme est un récidiviste en puissance ! S’il sort, je suis persuadé qu’il tuera encore… Et s’il sort trop vite, je l’ai déjà dit et je le répète : je l’attendrai. ».

Il y a quelques semaines, Philippe Tellier nous confiait ceci : « Je fais toujours le même cauchemar où j’apprends qu’on a tué mes enfants. Généralement, quand on ouvre les yeux pour se libérer d’un cauchemar, c’est pour se rassurer. Mais pour moi, c’est différent. Ce mauvais rêve que je refais sans cesse correspond à la réalité. Pour l’avoir connu, pour avoir constaté son détachement pendant son procès, pour avoir entendu les experts psychiatres qui ont décrit sa personnalité, je suis certain que Lecrenier dort beaucoup mieux que moi… ».

Michel Bouffioux

Michel Bouffioux

Curieux de beaucoup de choses, je m'intéresse notamment à des dossiers sociétaux, historiques, scientifiques et judiciaires. Depuis 1987, comme le temps passe, j'ai travaillé dans les rédactions de plusieurs quotidiens et hebdomadaires belges. J'ai aussi fondé l'hebdomadaire "Le Journal du Mardi" en 1999. Depuis 2007, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Paris Match Belgique.

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