Le blog de Michel Bouffioux
  • Enquêtes
  • Société
  • Planète
  • Justice
  • Politique
  • Sciences
  • Histoire
  • Psycho
  • Archives
  • A mon avis
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Michel Bouffioux
  • Enquêtes
  • Société
  • Planète
  • Justice
  • Politique
  • Sciences
  • Histoire
  • Psycho
  • Archives
  • A mon avis
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Le blog de Michel Bouffioux
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Jeunes aidants proches, ces héros invisibles

Photo : Unsplash

Jeunes aidants proches, ces héros invisibles

Michel Bouffioux par Michel Bouffioux
9 janvier 2025
dans Social, Société
Partager sur FacebookPartager sur Bluesky

Un entretien publié le 9 janvier par l’hebdomadaire Paris Match Belgique et le 11 janvier par le site Paris Match.be

Ils ont moins de 26 ans. Ils apportent une aide constante à un membre de leur famille en situation de maladie, de handicap et/ou de dépendance. Le dévouement de ces jeunes aidants proche se paie scolairement, socialement et psychologiquement, mais les décideurs politiques tardent à leur reconnaître un statut spécifique, déplore Maxime Delaite, directeur de l’asbl Aidants Proches.

Paris Match. Ces jeunes aidants proches, ne pourrait-on pas aussi les appeler « les invisibles » ?

Maxime Delaite. Parfaitement ! Même s’ils sont très nombreux, on se rend peu compte de la place qu’ils occupent dans notre société. En termes de prévalence, les statistiques officielles sont lacunaires, pour ne pas dire inexistantes. Mais diverses études, dont une réalisée par l’ULiège, indiquent qu’il est raisonnable de penser que, dans les classes d’école secondaire en Belgique, un élève sur cinq est jeune aidant proche (JAP). Une recherche menée en France, au niveau de l’enseignement supérieur, a confirmé cette proportion de 20 % au sein des auditoires. On ne doute pas qu’il y ait aussi beaucoup de JAP dans les écoles primaires, même si personne ne les a encore recensés. Pourtant, quand on sonde les élèves ou les étudiants, qu’on leur demande s’ils connaissent des condisciples qui sont aidants proches, quasiment tous répondent par la négative. Les JAP, on ne les voit pas ! Il est vrai que ces héros du quotidien sont très discrets : ils ne se signalent pas.

Pourquoi ?

Bien que ce soit une attitude admirable de soutenir un proche en difficulté, les JAP ont généralement du mal à en parler. Quand on est jeune, on n’aime pas trop afficher une vie compliquée. On veut ressembler à ses copains de classe ou d’auditoire. En plus, il arrive souvent que les JAP ne perçoivent même pas que leur mode de vie est singulier, habitués qu’ils sont à donner de leur temps à un ou plusieurs membres de leur famille. S’y ajoute le fait que les directions d’école et les professeurs s’intéressent trop peu aux enjeux de la « proche aidance ». En somme, une catégorie de la population considérable, plus ou moins 220 000 jeunes en Wallonie, environ 70 000 en Région bruxelloise, passe sous les radars.

Si vous deviez dresser le portrait-robot du jeune aidant proche ?

C’est un enfant, un adolescent ou un jeune adulte de moins de 26 ans qui apporte une aide constante, régulière et bénévole à un membre de sa famille souffrant d’une maladie chronique, d’un handicap, d’un problème de santé mentale, de toxicomanie ou d’une fragilité liée au vieillissement. Dit autrement, c’est un jeune qui, au quotidien, endosse un rôle qui n’est pas adapté à son âge. Le plus souvent (60 %), il s’agit d’une fille, ce qui correspond à un habitus culturel discutable : l’aide aux personnes est très genrée : il y a plus d’infirmières que d’infirmiers, plus d’aides-ménagères que d’aides-ménagers, etc.

Quelles tâches remplissent-ils ?

Elles sont très diverses. Cela peut être des soins, du nettoyage, des courses, les repas, un soutien moral, une présence, la gestion du courrier, le paiement de factures, ou un peu de tout cela en même temps. Les situations sont variables selon les âges, mais la plupart d’entre eux doivent jongler avec des emplois du temps surchargés.

« Faute de pouvoir concilier ses études, son job étudiant — indispensable financièrement — et les heures d’aide apportées à ses proches, elle a finalement renoncé à sa vocation d’ingénieure « 

Un exemple ?

Prenons le cas de Nathan (NDLR : ce prénom est fictif, comme tous ceux utilisés dans cet entretien), l’un des jeunes que notre association Aidants Proches a rencontrés. Son papa souffre d’un handicap qui a diminué son autonomie, et sa maman doit partir travailler très tôt. Dès lors, tous les matins, ce gamin de 14 ans aide son père à se laver et à s’habiller. Ensuite, Nathan accompagne sa petite sœur jusqu’à l’école maternelle et, dans l’après-midi, c’est encore lui qui est chargé d’aller la chercher.

Une vie d’adulte avant l’heure…

Exactement. Les JAP sont privés de cette forme d’insouciance dont il est bon de bénéficier à l’aube de l’existence afin de se construire progressivement. Ils se trouvent plongés prématurément dans le bain de la vraie vie. Bien entendu, cela n’est pas sans conséquences. Je reviens au cas de Nathan : ce garçon est plus fatigué que la normale. Parfois, il arrive en retard en classe et il manque de temps et d’énergie pour faire certains devoirs. Et le comble, il n’est pas rare qu’il se fasse punir pour cela !

« Un enfant en difficulté, oublieux de ses devoirs, arrivant parfois en retard à l’école est vite catalogué par certains professeurs ». (Photo d’illustration) ©Unsplash

C’est choquant !

Pourtant, ce genre de scénario est assez habituel. Un enfant en difficulté, oublieux de ses devoirs, arrivant parfois en retard à l’école, est vite catalogué par certains professeurs : sans doute s’agit-il d’un fainéant ou d’un accro aux écrans qui ne dort pas assez la nuit. Mais non, il y a aussi des Nathan qui vivent quasiment une double vie : enfant parmi les autres à l’école, aidant proche à la maison. Cependant, beaucoup d’enseignants passent à côté d’eux sans les voir. Je pourrais aussi vous parler de Maud qui, à 23 ans, est un soutien indispensable pour sa maman en phase terminale d’un cancer et pour son oncle schizophrène. Faute de pouvoir concilier ses études, son job étudiant — indispensable financièrement — et les heures d’aide apportées à ses proches, elle a finalement renoncé à sa vocation d’ingénieure.

« Un emploi du temps surchargé », disiez-vous. Mais aussi, sans doute, une charge mentale très lourde ?

Récemment, dans un colloque que nous avons organisé, une jeune fille qui aide sa maman solo souffrant d’un cancer témoignait avec ces mots : « Je suis devenue la maman de ma maman. » Cela dit beaucoup de ce que certains jeunes peuvent éprouver. Oui, leur charge mentale est très lourde. C’est déjà celle d’un adulte. Il arrive que des enfants encore très jeunes vivent avec le stress permanent des « bêtises » pouvant être commises par l’un de leurs parents souffrant d’un problème psychique, d’une addiction ou, c’est encore plus tabou, d’un burn-out. Marie, par exemple. Cette jeune de 16 ans soutient autant qu’elle le peut sa maman alcoolique. Elle doit passer derrière elle pour beaucoup de tâches ménagères, elle gère les courriers. Surtout, elle est en permanence sur ses gardes car, sous l’effet de l’alcool, un accident est vite arrivé. À son âge, Marie n’a évidemment pas de permis. Mais, au fil d’une discussion avec elle, elle a reconnu qu’il lui arrivait déjà de conduire la voiture familiale pour faire les grandes courses au supermarché. Quand maman n’est pas en état, c’est Marie qui prend le volant. Pour cette gamine, la prise de risque paraît raisonnable, moins importante en tout cas que l’option « maman va conduire complètement saoule ».

Lire la suite sur le site Paris Match.be (accès gratuit) :

Rejoignez-moi sur ma page FB

Ou ici :

Âgés de – de 26 ans, les jeunes aidants proches apportent une aide constante à un membre de leur famille en situation de maladie, de handicap ou de dépendance. Ce dévouement à un coût social, scolaire, psychologique. Mais, les décideurs politiques tardent à leur reconnaître un statut spécifique.

— Michel Bouffioux (@michelbouffioux.bsky.social) 2025-01-12T10:46:08.801Z
  • Psychédéliques : l’amorce d’une révolution thérapeutique
  • Paul Klotz dénonce la « brutalisation de nos existences » : « Sans expérience sensible, il n’y a pas de bonheur possible »
  • La musique prend soin de nous : « Il n’existe pas d’autre forme de médecine naturelle qui produise des effets aussi multiples »
  • Gaëlle avait 24 ans quand un chauffard ivre a fait basculer sa vie : « Je prends ce qui est, j’essaie d’en faire quelque chose de beau »
  • Vincent Crouzet, espion-voyageur : « Bond n’a jamais été un modèle »

Michel Bouffioux

Abonnez-vous gratuitement pour être averti des nouveaux articles publiés.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Tags: Aidants prochesDroit des jeunesEnseignementJeunesSocialSociétéSolidarité
Michel Bouffioux

Michel Bouffioux

Curieux de beaucoup de choses, je m'intéresse notamment à des dossiers sociétaux, historiques, scientifiques et judiciaires. Depuis 1987, comme le temps passe, j'ai travaillé dans les rédactions de plusieurs quotidiens et hebdomadaires belges. J'ai aussi fondé l'hebdomadaire "Le Journal du Mardi" en 1999. Depuis 2007, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Paris Match Belgique.

Vous aimerez aussi

Psychédéliques : l’amorce d’une révolution thérapeutique

Psychédéliques : l’amorce d’une révolution thérapeutique

par Michel Bouffioux
19 mai 2026

Alors que les troubles psychiques explosent et que les traitements classiques montrent leurs limites, les psychédéliques deviennent une piste thérapeutique...

Paul Klotz dénonce la « brutalisation de nos existences » : « Sans expérience sensible, il n’y a pas de bonheur possible »

Paul Klotz dénonce la « brutalisation de nos existences » : « Sans expérience sensible, il n’y a pas de bonheur possible »

par Michel Bouffioux
4 mai 2026

Tantôt brutalisés, tantôt appauvris, nos sens sont mis à rude épreuve : trop de bruit, trop de lumière polluent nos sociétés...

Gaëlle avait 24 ans quand un chauffard ivre a fait basculer sa vie : « Je prends ce qui est, j’essaie d’en faire quelque chose de beau »

Gaëlle avait 24 ans quand un chauffard ivre a fait basculer sa vie : « Je prends ce qui est, j’essaie d’en faire quelque chose de beau »

par Michel Bouffioux
4 avril 2026

Quatorze années après avoir été victime d'un criminel de la route, alcoolisé et récidiviste, Gaëlle Evrard témoigne de sa lente...

Vincent Crouzet, espion-voyageur : « Bond n’a jamais été un modèle »

Vincent Crouzet, espion-voyageur : « Bond n’a jamais été un modèle »

par Michel Bouffioux
22 mars 2026

Aujourd'hui, Vincent Crouzet est romancier et consultant pour LCI. Mais avant cela, pendant vingt-cinq ans, il a parcouru le monde...

Walter Benjamin, chez lui à Bruxelles, le 4 mars 2026.

Attentats de Bruxelles, la tragédie sans fin

par Michel Bouffioux
12 mars 2026

Dix ans après le 22 mars 2016, certaines victimes continuent de livrer un combat invisible. Entre procédures interminables, nuits hantées...

« Jamais nous n’avons été aussi puissants, jamais nous n’avons été aussi fragiles », constate le philosophe Gilles Lipovetsky

« Jamais nous n’avons été aussi puissants, jamais nous n’avons été aussi fragiles », constate le philosophe Gilles Lipovetsky

par Michel Bouffioux
8 mars 2026

Les avancées fulgurantes de la technoscience, le capitalisme globalisé et l'hyperindividualisme nous ont fait basculer dans une civilisation de "surpuissance"...

Voir plus
Article suivant
Climat, le temps de l’adaptation : « Nous devons bien mieux nous préparer à survivre dans un monde plus chaud »

Climat, le temps de l'adaptation : "Nous devons bien mieux nous préparer à survivre dans un monde plus chaud"

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le blog de Michel Bouffioux

Enquêtes, reportages, entretiens, archives

© 2025 Michel Bouffioux – Site réalisé par Michaël Perrin

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Enquêtes
  • Société
  • Planète
  • Justice
  • Politique
  • Sciences
  • Histoire
  • Psycho
  • Archives
  • A mon avis

© 2025 Michel Bouffioux – Site réalisé par Michaël Perrin

Ce site web utilise des cookies. En continuant à l'utiliser, vous consentez à l'utilisation des cookies.