Aujourd’hui, Vincent Crouzet est romancier et consultant pour LCI. Mais avant cela, pendant vingt-cinq ans, il a parcouru le monde sous de fausses identités pour servir la France. Voici qu’il dévoile quelques pages de sa carrière d’agent sous couverture.
Un entretien publié par l’hebdomadaire Paris Match Belgique, le 19 mars 2026.
Et si nous commencions par évoquer ce « meuble sombre et grinçant » que vous décrivez dans votre dernier livre ? Qu’y avait-il de si attirant dans cette commode ?
Vincent Crouzet. Ce n’était pas un simple meuble. Pour moi, c’était un coffre au trésor. Je l’ai découvert au milieu des années 1970. J’avais 11 ans et je séjournais chez ma grand-mère à Béziers. La commode recelait la collection complète des romans de Ian Fleming dans leur édition originale française, chez Plon. Au fil de mes visites en Occitanie, je les ai tous lus, en commençant par « Casino Royale ». J’y ai découvert ce lieu mythique des aventures de » Bond, James Bond « , au point d’en sentir presque les odeurs de fumée et le parfum de Vesper. J’entrais dans un monde d’adultes fascinant, fait de calcul, de prise de risque, de désir et de séduction, mais aussi de désillusion et de cynisme. Bien sûr, je ne comprenais pas tout. De plus, le personnage de Fleming était sombre, violent, parfois misogyne. Enfant, je ne savais pas mettre de mots sur tout cela, mais cela ne me plaisait pas vraiment : Bond n’a jamais été un modèle pour moi. Cependant, ces lectures m’ont ouvert à une intuition : le monde n’est pas seulement ce que l’on voit. Il existe une architecture invisible, faite de renseignements, d’influence et de faux-semblants. Cela m’a fasciné. Au point que, encore adolescent, je me suis mis à écrire de petits romans d’espionnage, sans m’imaginer un seul instant que je deviendrais un jour espion, puis romancier.
Dans quelles circonstances embrassez-vous la carrière d’agent secret ?
À la fin des années 1980. Je venais d’achever mon service militaire, que j’avais effectué comme sous-lieutenant dans l’armée de l’air, sur la base aérienne 107 de Villacoublay. En quittant l’uniforme, je pensais retourner dans ma région d’origine, aux Arcs, en Savoie, et devenir moniteur de ski, voire guide de haute montagne. Et puis, un jour, le téléphone a sonné chez mes parents. Une voix m’a dit : « Votre profil nous intéresse. Nous aimerions vous rencontrer. » C’était un officier de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Évidemment, il ne s’est pas présenté comme tel dès ce moment.
Pourquoi vous ?

Lire la suite de cet entretien dans Paris Match Belgique (édition du 19 mars 2026).
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