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Aux sources du Westland New Post (1) : Les plans anti subversion du S.D.R.A.

Aux sources du Westland New Post (1) : Les plans anti subversion du S.D.R.A.

Michel Bouffioux par Michel Bouffioux
17 avril 1991
dans Enquêtes, Uncategorized
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Le travail de la commission « Gladio » donne un nouvel éclairage sur les fondements de l’affaire « Latinus ». Aujourd’hui, « Libertés » remonte aux sources du Westland New Post : les plans antisubversion du Service de renseignements de l’armée cautionnés par Paul Vanden Boeynants au début des années 1970.

Une enquête publiée par le quotidien « Libertés », le 17 avril 1991.

Le 25 janvier 1973. Les accords de Paris sanctionnent l’échec de la politique d’intervention américaine au Vietnam. Les soldats U.S. étaient partis à la chasse aux « Viets » en criant « we are the best and the rightest« . Ils reviennent au pays la queue entre les jambes. Plus globalement, c’est la crédibilité même des États-Unis, leur « politique de dissuasion » à l’égard des mouvements révolutionnaires du tiers-monde qui est entamée. L’Amérique triomphante perd confiance. Le « syndrome vietnamien » prend naissance.

A Bruxelles, ce 25 janvier 1973, Susa Nudelhole, l’éditorialiste du quotidien du Parti Communiste de Belgique, « Le Drapeau Rouge », écrit : « aucun événement n’a aussi profondément marqué ces dernières années l’opinion mondiale que la guerre du Vietnam. Le phénomène universel de la ‘contestation’, c’est-à-dire en fait la remise en cause de l’idéologie capitaliste, de l’ordre établi et du mode de vie américain par une grande partie de la jeunesse du ‘monde libre’, trouve pour beaucoup son origine dans le dégoût provoqué par la guerre menée par les États-Unis au Vietnam.« 

Message reçu cinq sur cinq dans les milieux conservateurs et pro-américains qui, l’amertume de la défaite aidant, ne pensent qu’à une seule chose : il est urgent de remettre de l’ordre dans le pays. Une préoccupation très largement partagée au cabinet de la Défense nationale de l’époque. À sa tête, un pur et dur qui ne fait pas dans la nuance : Paul Vanden Boeynants. Entouré de personnalités très marquées à droite – Nicolas de Kerkhove d’Ousselgem, Marius Henin, Benoît de Bonvoisin – le ministre « social-chrétien » mijote déjà depuis plus d’un an un nouveau plan de « défense militaire globale du territoire« .

Philosophie sous-jacente : renforcer la lutte contre la subversion interne en provoquant un rapprochement des tâches de l’armée et d’une gendarmerie très nettement renforcée en effectifs et en matériel.

Philosophie sous-jacente : renforcer la lutte contre la subversion interne en provoquant un rapprochement des tâches de l’armée et d’une gendarmerie très nettement renforcée en effectifs et en matériel. Ce plan prévoyait par ailleurs un rôle accru des officiers de réserve de l’armée dans la prévention des « troubles » internes jugés menaçants pour le régime en place.

Ainsi, dans l’optique du plan VDB, cette réserve organisée sur base régionale devait être présente partout : dans les quartiers, les usines, les comités… Une étroite collaboration devait se créer entre les officiers de réserve et les officiers d’active, afin qu’une nouvelle force d’intervention soit mobilisable en cas de guerre ou de « troubles ». Un mot qui, c’est indiscutable au vu des textes de l’époque, signifiait « subversion interne et contestation« .

En 1973, cette approche de la défense du territoire a fait l’objet de nombreuses critiques des milieux progressistes dans le pays qui y voyaient clairement un objectif de constitution d’une nouvelle force de répression potentielle. Mais ce seront les jeunes qui, à l’époque, manifesteront le plus ouvertement leur opposition aux plans VDB, en raison principalement d’aspects très concrets, notamment une réforme de l’organisation du service militaire envisagées par Vanden Boeynants, dans la foulée de la DMT : la suppression pure et simple du sursis et le versement d’un « impôt de solidarité » par ceux qui sont exemptés du service, immigrés compris.

Le 26 janvier 1973, au lendemain des accords de Paris, se forme le gouvernement Leburton. VDB, qui avait préparé son plan DMT sous le précédent gouvernement (Eyskens), conserve le portefeuille de la Défense. Rapidement, de nouvelles poches de contestation se forment, des comités de lycéens se créent. Le 1er février 1973, 15.000 étudiants manifestent pacifiquement dans les rues de Bruxelles. La réponse brutale de la gendarmerie, qui n’hésite pas à charger sur des groupes assis au milieu de la rue Royale, indigne. Pendant plusieurs jours, les manifestations s’amplifient.

Au total, 175.000 personnes auront ainsi manifesté leur opposition aux plans VDB. Le ministre, lui, n’a qu’une expression à la bouche : « agitateurs professionnels ». Pendant plusieurs mois encore, des meetings sont organisés dans toutes les villes du pays, principalement en Wallonie et à Bruxelles, pour lutter contre les visées ultra-militaristes de VDB.

À l’état-major de l’armée, certains voient tout cela d’un très mauvais œil. Certes, un organisme militaire existe bien qui a pour but de porter la contradiction aux « agitateurs » dans les établissements scolaires : soit le « Speakers bureau », créé dans la foulée de la contestation de mai 1968, et dans lequel s’activent le major Bougerol, les colonels Vuilsteke, Detrembleur, Denbleyden, mais cette structure de « Conférenciers militaires » apparaît bien insuffisante à plusieurs spécialistes en uniforme de la « contre-information ».

C’est de nouveau dans certains milieux proches des officiers de réserve qu’il faut aller chercher le sentiment profond de quelques militaires qui estiment qu’une certaine forme d’action est dorénavant nécessaire pour museler la « subversion » dans le pays.

Ainsi, le Bulletin de l’Union nationale des officiers de réserves, en mars 1973, préconise clairement des tâches d’infiltration et de renseignement : « Nous, officiers, avons à défendre le pays non seulement contre les menaces (extérieures) mais aussi contre la subversion (intérieure)… Il est maintenant prouvé que les étudiants qui ont manifesté en février 1973 étaient menés par des organisations révolutionnaires dont le but est de renverser notre régime social. Notre devoir est de participer à ces manifestations pour qu’elles ne puissent arriver à leur fin. Soyez attentifs, écoutez et faites écouter les membres de votre famille. Lorsque vous apprendrez que de telles manifestations ou réunions vont avoir lieu, prévenez-nous, nous viendrons. »

Ce discours est à coup sûr bien ressenti dans les sphères du cabinet de la Défense nationale et des services de renseignements militaires. Ainsi, le 13 septembre 1973, le lieutenant-colonel Weber – responsable de la contre-information au Service de renseignements et d’action de l’armée belge, envoie une « étude sur l’objectivité et les mass-médias », à destination du cabinet VDB. Le document a notamment transité par le big-boss de l’époque du SDRA, à savoir le général Bastogne, et est arrivé entre les mains du ministre de la Défense par l’intermédiaire de son collaborateur et ami, le lieutenant-colonel Everaert.

Point de mire du SDRA dans le document Weber : la « subversion » qui « fausse radicalement le libre jeu politique, en enlevant toute faculté de choix, par un lent empoisonnement des esprits, et qui drogue, anesthésie puis paralyse la majorité silencieuse« . Le 13 septembre 1973, le service secret militaire estimait que « l’existence même de nos libertés, de notre régime politique démocratique, voire de la nation et du monde occidental » était menacée. Et de stigmatiser « le principe universel de révolution permanente communiste » qui « impose d’affaiblir sans cesse le potentiel du monde occidental et est, en définitive, la clef même de toute la stratégie de temps de paix du bloc communiste« .

À l’époque, le lieutenant-colonel Jean Weber affirme encore que la subversion est telle qu’elle conduit le monde occidental à se gangrener par un pourrissement et une dégénérescence qui l’envahiront progressivement. Et d’accuser notamment les centres « Infor-Jeune », la RTBf de l’époque d’être des nids de subversion.

Conclusion de ce spécialiste de la contre-information : l’armée « est littéralement en position de légitime défense« . Pour « réaliser cette mission de défense qui s’impose à l’armée« , Weber préconise « une action antisubversive permanente« . Celle-ci passerait par un travail de documentation pour les cadres sur « le nouvel ennemi qu’ils doivent apprendre à connaître (…) l’ennemi de l’intérieur« .

Le document fait aussi référence à la formation d’officiers-conférenciers capables de fournir un travail de « satellisation de l’information objective« . Ainsi, « les cadres de réserve de l’armée et même les mass-média bien-pensants devraient être amenés à établir ce relais nécessaire à la diffusion et à la propagation de la bonne parole« .

« On sait aujourd’hui que l’ancien président du Cepic a menti. C’est bien à sa demande qu’est créé, simultanément à ses dénégations dans la presse et au parlement, le Public Information Office »

En février 1974, un vent favorable communique à la presse le document Weber. Interrogé à l’époque sur cette démesure de l’appréciation par le SDRA de la réalité politique et sociale, le ministre de la Défense national, Paul Vanden Boeynants, répondra que le rapport Weber n’est qu’un « document de routine » qui n’a pas été suivi d’effets. On sait aujourd’hui que l’ancien président du Cepic a menti. C’est bien à sa demande qu’est créé, simultanément à ses dénégations dans la presse et au parlement, le Public Information Office, dont la mission était justement de « satelliser » l’information.

L’ancien patron du PIO, le major Bougerol, a tenté de démontrer lors d’un récent interrogatoire par la Commission sénatoriale « Gladio » que le PIO n’était qu’un changement de dénomination pour les « speakers bureau ». Mais selon nos informations, ce major a bien dû reconnaître que ses activités de conférencier l’avaient mené à remplir des tâches de renseignement qui profitaient à certaines branches du SDRA, de la Sûreté de l’Etat et de la Gendarmerie.

Cet officier S2 (renseignement), qui, selon les informations de la commission « Gladio », a mis sur pied un réseau de renseignement parallèle de 445 correspondants (officiers d’active, de réserve, civils), entretenait des contacts étroits avec le baron de Bonvoisin, Victor Massart (Sûreté de l’État), le colonel Mayerus (Gendarmerie), Emile Lecerf (Nouvel-Europe Magazine), le général Tichon (Service de renseignement de l’armée), Bob Fagnart (SDRA), Maerschaelk (sécurité du ministère des affaires étrangères), Claude Nancy (ex-Révolution européenne), Marius Henin (cabinet de VDB), le colonel Malu-Malu (ambassade du Zaïre)…

Un milieu qui, à coup sûr, ne pensait qu’à « protéger » la démocratie contre la « subversion« , et dans lequel, comme nous le démontrerons demain, prend source la « carrière » de barbouze de l’officier de réserve Paul Latinus….

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Michel Bouffioux

Michel Bouffioux

Curieux de beaucoup de choses, je m'intéresse notamment à des dossiers sociétaux, historiques, scientifiques et judiciaires. Depuis 1987, comme le temps passe, j'ai travaillé dans les rédactions de plusieurs quotidiens et hebdomadaires belges. J'ai aussi fondé l'hebdomadaire "Le Journal du Mardi" en 1999. Depuis 2007, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Paris Match Belgique.

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