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Apprendre à reconnaître cette haine qui habite chacun d’entre nous, c’est commencer à l’apprivoiser, explique le psychiatre Gérard Apfeldorfer

Apprendre à reconnaître cette haine qui habite chacun d’entre nous, c’est commencer à l’apprivoiser, explique le psychiatre Gérard Apfeldorfer

Michel Bouffioux par Michel Bouffioux
10 juin 2025
dans Psycho, Société, Uncategorized
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Mais pourquoi tant de haine ? C’est la question que pose le psychiatre Gérard Apfeldorfer dans son dernier livre. Pour ce thérapeute, vouloir effacer la haine de la nature humaine est illusoire. Aussi dérangeant que cela puisse être d’en prendre conscience, cette force d’exclusion contribue à façonner notre identité. La reconnaître, c’est déjà commencer à l’apprivoiser et à prévenir ses débordements afin de ne pas en devenir l’esclave, explique-t-il.

Un entretien publié le 29 mai 2025 par l’hebdomadaire Paris Match Belgique, repris par le site Paris Match.be, le 10 juin 2025.

« Sans quelque chose ou quelqu’un à haïr, nous pourrions perdre la source même de la pensée et de l’action. La vie se transformerait en une mare stagnante « , écrivait l’auteur britannique William Hazlitt au début du XIXe siècle. «  Lorsque nous devons choisir entre aimer et haïr, notre tendance spontanée est d’aller du côté de la haine, car c’est ainsi que nous sommes programmés « , ajoutait-il. Vous-même, en tant que psychiatre, vous affirmez dans votre dernier ouvrage que «  la haine habite chacun d’entre nous « . Serait-elle donc consubstantielle à la nature humaine ?

Gérard Apfeldorfer. Ce texte de William Hazlitt est effectivement très éclairant, car il remet en cause bien des idées reçues sur la haine. En tant que psychiatres et psychothérapeutes, nous sommes fréquemment confrontés à la haine dans notre pratique quotidienne : nos patients expriment souvent de la colère, parfois des désirs de vengeance, du ressentiment, de la jalousie ou de l’envie. C’est notre banalité, en quelque sorte, et celle-ci témoigne d’une généralité : présente en chacun de nous, comme chez tous les primates d’ailleurs, la haine fait partie intégrante de la nature humaine, même si elle s’exprime de manière plus ou moins intense ou consciente selon les individus. Un autre point essentiel est souligné par Hazlitt, et nous le constatons en tant que thérapeutes : la haine procure une forme de jouissance. Il n’y a donc pas que l’amour qui donne à jouir. Pour certains individus, la haine peut offrir une structure à l’existence, un sentiment d’identité, un but.

Ce constat que nul n’échappe à la haine n’est-il pas décevant ? Vous l’écrivez d’ailleurs : « Décidément, nous ne sommes pas ce que nous désirerions être. » On aimerait croire qu’il existe des êtres humains débarrassés de toute haine.

Vous partagez là une illusion très répandue, qui consiste à croire que l’on pourrait un jour se débarrasser complètement de la haine. Être entièrement bon, en quelque sorte. Mais non, en chacun d’entre nous coexistent amour et haine. Ou plutôt, disons qu’en chacun de nous œuvrent deux forces, une force d’attachement et une force d’exclusion. Dès la naissance, l’être humain se construit à travers le lien. On s’attache d’abord à la mère, puis ce cercle s’élargit peu à peu à d’autres figures, et l’attachement se décline alors sous différentes formes : amour, amitié, sympathie, camaraderie… Nous sommes aussi fortement attachés à des croyances, des concepts comme la nation, la culture, la religion, qui nous structurent, qui semblent nous constituer. Parallèlement à cette force qui nous relie aux autres existe une force opposée qui vise à repousser ce qui ne nous convient pas, ceux qui ne nous conviennent pas, à marquer notre différence, à préserver notre intégrité, à trouver notre identité. Cette force d’exclusion ou de séparation, c’est la haine. Elle nous sert aussi à nous définir, à nous protéger de ce que nous rejetons, de ceux que nous voyons comme nos ennemis. Mais quand la haine l’emporte et domine, la vie change de couleur : il n’existe plus que la colère, la vengeance, la violence, motivées par le sentiment d’injustice, ou encore l’envie, la jalousie.

Lire aussi : « Ce qui se passe dans notre tête infuse dans tout notre organisme », la docteure Rapoport-Hubschman témoigne des fascinants liens corps-esprit

Ces forces contraires dont vous nous entretenez entrent donc en confrontation dès l’aube de la vie. Est-ce à dire qu’un bébé peut éprouver de la haine ?

Les psychologues évolutionnistes estiment que haine et altruisme sont programmés dans nos gènes. Les psychanalystes voient quant à eux la haine comme naissant du mécontentement du nourrisson face à une mère qui ne répond pas à tous ses désirs, qui se révèle imparfaite, ce qu’elle est toujours, par nature. Cette haine originelle serait ce qui lui permet de se différencier de sa mère, du monde. Cette étape est essentielle : c’est en se confrontant à la déception, à l’altérité, qu’on apprend à se définir, à tracer ses propres frontières. Ensuite, tout au long de l’existence, ces mouvements d’attachement et de rejet, d’amour et de haine, structurent nos relations humaines. Nous raisonnons en différenciant ceux qui font partie des « nous » et ceux qui sont des « eux ».

En conséquence, existe-t-il toujours une part d’ambivalence dans nos relations aux autres, et cela même dans les liens les plus forts ?

Lire la suite de cet entretien sur le site Paris Match.be

Précision : sur le site Paris Match.be, l’article est en accès membre >>> abonnement gratuit en renseignant une adresse e-mail. Une opération unique qui offre un accès permanent à l’ensemble des articles du site.

Membre de l’Association française de thérapie comportementale et cognitive.,auteur de nombreux ouvrages, Gérard Apfeldoffer vient de publier le livre : « Pourquoi tant de haine. Psychologie du ressentiment, de la colère et de la violence », chez Odile Jacob.
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Tags: Expert psychiatreHainePsychologie
Michel Bouffioux

Michel Bouffioux

Curieux de beaucoup de choses, je m'intéresse notamment à des dossiers sociétaux, historiques, scientifiques et judiciaires. Depuis 1987, comme le temps passe, j'ai travaillé dans les rédactions de plusieurs quotidiens et hebdomadaires belges. J'ai aussi fondé l'hebdomadaire "Le Journal du Mardi" en 1999. Depuis 2007, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Paris Match Belgique.

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