L’ancien patron de la gendarmerie pour la province du Brabant, le colonel Mayerus, était en relation avec Latinus, Faez Al Ajjaz et le major Bougerol.
Un article publié par le quotidien « Libertés », le 9 avril 1991.
Dans son édition du 3 avril dernier, Libertés publiait en primeur le contenu de certaines pistes suivies par la commission d’enquête « Gladio » en direction de l’officine de renseignements anticommuniste Public Information Office. Nos confrères du Morgen ont repris l’information dans trois longs articles, vendredi, samedi et lundi, et l’ont étayée de détails fort intéressants.
Pour rappel, le Public Information Office est, au départ, c’est-à-dire en 1974, un service inscrit au sein de l’organigramme de la Défense nationale à l’initiative du ministre de tutelle de l’époque, Paul Vanden Boeynants. Le PIO est le prolongement du « speakers bureau », créé vers 1972-1973 par le même VDB pour faire un travail de contre-information par rapport au pacifisme ambiant de l’époque et à « la manipulation des médias par les agents de Moscou », comme devait l’écrire en ce temps l’un de ses animateurs. Au sein du « speakers bureau », on trouvait notamment des personnes comme le commandant Vuylsteke — qui fréquente encore assidûment le Service d’information de la Défense nationale à Evere et y donne des cours sur l’utilisation des médias audiovisuels à destination de militaires et gendarmes — et le colonel Detrembleur, l’un des pontes actuels du Service de documentation, de renseignement et d’action de l’armée belge (SDRA), où il remplit des missions particulièrement délicates en matière de gestion de certains fonds.
Si le « speakers bureau » a rapidement disparu, il n’en a pas été de même du PIO. L’officine, on l’a déjà écrit, ne s’est pas contentée d’aller porter la bonne parole du ministère de la Défense nationale dans les établissements scolaires et autres maisons de la culture. À l’initiative du major Bougerol, l’homme qui le dirigeait, le PIO s’est rapidement transformé en une officieuse structure de renseignement financée sous le manteau par la société privée PDG, dirigée en coulisse par le baron de Bonvoisin. Ces activités étaient assurées par une sous-section secrète de PIO, l’organisation « Miller ». Ce nom, Bougerol n’a pas été le chercher très loin. Il s’est contenté, en réalité, de transformer le patronyme de son épouse, soit Millaire, une institutrice de la région de Charleroi qui n’a absolument rien à voir avec les entreprises de son ex-mari.
CONTINUITÉ
Parmi les personnes fréquentées de longue date par Bougerol — soit au moins depuis les années 1960 — nous avons déjà épinglé l’expert en balistique Claude Dery, un homme dont les analyses contestées ont permis d’orienter les soupçons en direction de la filière boraine lors de l’enquête sur les tueries du Brabant. Il y avait aussi, on le sait, Paul Latinus, l’ancien leader de la milice néo-nazie Westland New Post et, enfin, le baron de Bonvoisin. Ajoutons à cette liste Claude Nancy et Émile Lecerf. Le docteur Nancy, qui a notamment pratiqué à l’hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek, est, de longue date, l’une des figures bien connues de l’extrême droite belge. On le trouvait déjà dans les années 1960 dans la mouvance de « Jeune Europe », le mouvement fascisant de Jean Thiriart. Il était très proche notamment de Jacques Van Den Bemden qui a été pendant quelque temps à la tête de la revue Inforep et membre, en tant que rédacteur et éditorialiste, du mensuel d’extrême droite Nouvelle Europe Magazine, contrôlé lui aussi en coulisse par le baron de Bonvoisin. Le rédacteur en chef du NEM n’était autre qu’une relation commune à de Bonvoisin et Bougerol, Émile Lecerf. Dans un tel contexte, on ne s’étonnera pas que les conférenciers du PIO étaient reçus à bras ouverts dans les locaux du NEM-Club, truffés de militants du Front de la Jeunesse…
MOBUTU
Mais il y a plus intéressant encore. Au sein de PIO et de PDG, nous avons déjà signalé la présence d’une femme particulièrement active, Marie-Thérèse Legon, « Myrèse » pour les amis. Après quelques démêlés d’ordre financiers avec le baron de Bonvoisin, on la retrouve en mars 1980 au poste de secrétaire générale de l’European Institute of Management (EIM). En 1981, EIM change son objet social et devient une société de gardiennage. Bougerol, un homme pourtant suspect au SDRA et à la Sûreté de l’État en raison de ses activités de renseignement parallèle et de ses relations avec des extrémistes de droite, use avec succès des entrées qui lui restent à la Défense nationale et obtient une « clearance » pour EIM. Objet : le gardiennage de dépôts américains en Belgique. EIM est possédée pour 64 % par la Société Internationale d’Engineering (SIE) et pour le reste par le groupe Unibra, spécialisée dans l’exploitation de brasseries, de biscuiteries et de chocolaterie.
Derrière Unibra et la SIE se trouvent en fait des intérêts politiques et financiers considérables. Disons que ce n’est certainement pas de ce côté-là que les services de renseignements belges iront trouver « la main de Moscou ». Principale personne à apparaître : un certain Michel Relecom, l’un des principaux représentants du lobby mobutiste en Belgique. Mais l’homme possède bien d’autres intérêts encore, notamment dans Terrebois, Electrorail, la Cobepa (Compagnie belge de participation Paribas), la Financière internationale de participation, etc. On pourrait ainsi évoquer en long et en large les nombreux mandats possédés par les administrateurs d’Unibra, mais pour l’heure, il est préférable de s’en tenir à EIM.
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