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Commission sénatoriale « Gladio » : du « speakers bureau » au SDRA 11

Commission sénatoriale « Gladio » : du « speakers bureau » au SDRA 11

Michel Bouffioux par Michel Bouffioux
20 avril 1991
dans Enquêtes, Uncategorized
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Réunie à huis-clos, la Commission sénatoriale « Gladio » a procédé vendredi, durant toute la journée, à l’importante audition du colonel en retraite Paul Detrembleur, patron du SDRA entre 1981 et 1984 et du secrétariat du Coordination Planning Committee jusqu’en mars 1991.

Un article publié par le quotidien « Libertés », le 20 avril 1991.

Les sénateurs étaient impatients à l’idée de pouvoir interroger le colonel Detrembleur. Et pour cause, cet homme a joué un rôle important dans les structures de gestion des réseaux dormants (stay behind) belges. La commission a pu établir en effet que Detrembleur était le véritable patron du secrétariat du Coordination Planning Comitee (CPC) entre 1984 et 1991. Une retraite active en quelque sorte pour ce colonel qui aurait dû normalement terminer sa carrière en 1984.

Quid du CPC ? Il s’agit d’un bureau de liaison dépendant de l’Allied Clandestine Committee (ACC), soit une sorte de directoire qui rassemble les différents services secrets occidentaux qui se sont unis au fil des années de l’après-guerre afin de coordonner les actions des réseaux stay behind sur le théâtre européen.

Dans une déclaration explicative devant la Commission Gladio en janvier dernier, le ministre de la Défense nationale, Guy Coëme, avait expliqué que le CPC avait été créé en 1951 sous la désignation initiale de Clandestine Planning Committee, le mot « clandestine » étant remplacé par « coordination » en 1959. Quoiqu’en la matière, les sources de M. Coëme étaient plutôt contradictoires. En effet, le ministre devait également signaler qu’un document lui fournit par le Service général de renseignements (SGR) de l’armée établissait pour sa part l’abandon de la dénomination clandestine en 1966, époque à laquelle la France quitte l’organisation militaire de l’OTAN.

« En 1967« , disait encore M. Coëme, « la Belgique a accepté de faire partie du groupe exécutif du CPC (ndlr : qui rassemble des experts militaires et civils d’un nombre restreint de pays membres de l’ACC) et d’en reprendre le secrétariat« . En 1968, ce CPC est transféré à Bruxelles et prend pour mission la liaison entre les organisations clandestines de l’ACC et le SHAPE (Grand quartier général des puissances militaires en Europe, branche militaire de l’OTAN).

C’est ici qu’apparaît une contradiction importante entre les déclarations du ministre Coëme — qui se basait sur des informations communiquées par les services secrets militaires — et la réalité que découvre peu à peu la Commission Gladio. En effet, selon M. Coëme, dans l’organisation de l’ACC, « notre service de renseignements est cependant complètement indépendant de l’OTAN et ne reçoit aucune directive ni des autorités civiles ni des autorités militaires de l’OTAN« . Néanmoins, le ministre de la Défense nationale ignorait à l’époque l’existence du SDRA 11. Ce SDRA 11, dans lequel s’activaient notamment Paul Detrembleur et sa fille Mireille, n’avait semble-t-il comme seule raison d’être que d’effectuer une étroite collaboration avec les services de l’OTAN. Il est aussi question, selon certaines sources, de la participation de ce SDRA 11 à certaines opérations de transferts de fonds en provenance de l’étranger… La constitution d’un tel service qui, comme le SDRA 8, était inconnu du ministre de la Défense nationale et l’était encore en janvier dernier lors de son passage devant la Commission Gladio, laissent à penser que les stay behind n’étaient pas aussi indépendants de l’OTAN qu’on l’a laissé entendre. Il ne fait pas de doute que M. Detrembleur aura été cuisiné sur la question par la Commission sénatoriale d’enquête.

 » MENACE INTÉRIEURE « 

Mais comme Libertés l’a mis en évidence au cours de ces derniers jours, la personnalité du colonel e.r. Paul Detrembleur interpelle les parlementaires à d’autres titres encore. Au début des années 70, cet officier faisait partie du speakers bureau en compagnie notamment des MM. Hogaert, Vuylsteke et Bougerol. Ce qui implique que Detrembleur faisait partie de ces haut-gradés de l’armée qui se sont spécialisés dans le travail de contre-intelligence à la suite de la poussée contestatrice de mai 68. On retrouve ensuite Detrembleur dans les milieux militaires qui ont ardemment défendu les plans de réforme VdB de 1972 à 1975. Ce plan construit sur deux axes essentiels (renforcement de la puissance de la gendarmerie et plus grande « opérationnalité » des officiers de réserve, désignés comme les « garants de l’ordre civique ») visait principalement à répondre à la « menace intérieure » sur le territoire national.

Une préoccupation très largement partagée à l’époque par certains cercles d’officiers de réserve. Ainsi, le président et secrétaire de l’Union nationale des officiers de réserve (UNOR), soit MM. A. Gerbehaye et L. Courtois, écrivaient en 1973 : « La Belgique est le siège de l’OTAN et du SHAPE, et est par conséquent le lieu de rendez-vous de l’espionnage international. En période troublée (conflits sociaux et autres, situation économique difficile) ces réseaux peuvent devenir des éléments de subversion active« . En conséquence, l’UNOR critiquait la « Belgique, terre d’accueil de tous les étrangers, de toutes les tendances, de toutes les idéologies ; (…) l’abandon progressif de la notion de civisme à tous les échelons : famille, enseignement, entreprise, administration et surtout politique ; la fuite devant les responsabilités à tous les échelons, au profit d’une politique d’opportunisme ; la propagande subversive organisée par tous les moyens de diffusion de masse et principalement dirigée contre l’ordre établi et les institutions chargées de les défendre : police, gendarmerie, armée, etc.« 

À l’époque, ces officiers de réserve pensaient que la Belgique était en train de s’installer dans un système subtil d’instabilité inhérent aux principes de guerre révolutionnaire, cette nouvelle forme de lutte minant petit à petit les fondements de notre société. En conséquence, certains d’entre eux ont inévitablement pensé qu’il fallait agir pour contrecarrer le péril qui menaçait. L’un de ces officiers de réserve, Paul Latinus, s’est ainsi retrouvé dans un cercle plus actif que les autres, le Brabant Reserve Officer Club (BROC), où il était encadré par des officiers d’active, tel le colonel Detrembleur…

Lire aussi : Les dessous du Westland New Post (1) : Les plans anti subversion du S.D.R.A.(S’ouvre dans un nouvel onglet)

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Michel Bouffioux

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Curieux de beaucoup de choses, je m'intéresse notamment à des dossiers sociétaux, historiques, scientifiques et judiciaires. Depuis 1987, comme le temps passe, j'ai travaillé dans les rédactions de plusieurs quotidiens et hebdomadaires belges. J'ai aussi fondé l'hebdomadaire "Le Journal du Mardi" en 1999. Depuis 2007, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Paris Match Belgique.

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