« Le racisme est nourri par des préjugés et des stéréotypes qui ont été construits par la propagande coloniale. Il faut enfin regarder l’histoire droit dans les yeux, comprendre à quel point le passé influence le présent », dit le parlementaire bruxellois Kalvin Soiresse (Ecolo).
Un article publié par l’hebdomadaire Paris Match, 16 juin 2020 et repris par le site de Paris Match Belgique, le 20 juin 2020.
Les blessures de la colonisation sont importantes. Elles se sont aggravées parce la Belgique ne les a jamais vraiment soignées. L’espace public est truffé d’hommages à des figures coloniales bien plus célébrées, ici par des noms de rues, là par des bustes et des statues, que celles de résistants qui donnèrent leur vie pour la Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, que celles de militants pour la paix ou encore de personnages portant des valeurs de concorde, de vivre ensemble. Les Congolais massacrés, exploités, racisés, humiliés ? Aucun monument ne leur demande pardon. Dans le climat tempéré de la Belgique, l’histoire des crimes qui ont été commis a été le plus souvent dite du bout des lèvres. Mais comment croit-on que l’on puisse raconter des millions de morts en chuchotant? Le climat est tendu. La colère monte, partagée dans des couches de plus en plus larges de la population, surtout chez les jeunes, qui ne supportent plus cette chape de plomb sur un passé qui ne passe pas. A Bruxelles, la majorité affirme vouloir décoloniser l’espace public. Au fédéral, une commission d’enquête « vérité et réconciliation » sera bientôt mise sur pied. Effets d’annonce à à la suite de la grande manifestation « Black Lives Matter » et à quelques jours des célébrations liées au 60e anniversaire de l’indépendance du Congo ou véritable tournant politique ?
Pour introduire cette riche conversation avec Kalvin Soiresse, revenons sur une page d’histoire qui nous dit beaucoup de ce que fut l’entreprise de conquête coloniale. Une affaire exemplative aussi de la difficulté à dire ce passé en Belgique. Elle commence en 1883, à Mpala, sur la rive occidentale du lac Tanganyika, dans l’actuel Katanga. Emile Storms, mandaté par l’Association internationale africaine, une organisation présidée par le roi Léopold II, procédait alors à la conquête de territoires. Ce lieutenant belge disposait d’une puissance de feu qui le rendait « incontestable ». Mpala, un chef local, n’avait pu que le constater. Avant de lui céder son pays, ce dernier déclara à Storms : « Homme blanc, aux objets que tu as débarqués, je vois que tu veux bâtir ici. Comme tu es plus fort que moi, si je te refuse l’autorisation, tu construiras quand même. » Storms s’en était réjoui en ces termes : « D’après tes paroles, je comprends que tu es un chef intelligent. » Le 27 juin de cette année-là, la « soumission » de Mpala fut célébrée par un échange de sang. La cérémonie fut présidée par un autre chef de la région, Lusinga lwa Ng’ombe, qui tint alors ce discours inattendu : « Homme blanc, le serment d’amitié par lequel vous vous liez aujourd’hui doit être sincère. Vous venez au milieu de nous, vous ne pouvez pas nous mépriser. Si vous faites du mal à Mpala ou à l’un des siens, vous mourrez ; si vous lui faites la guerre, vous mourrez, tous les vôtres mourront et votre puissance finira. «
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Kalvin Soiresse : » Il est urgent de procéder à une réconciliation des mémoires «
» Le racisme est nourri par des préjugés et des stéréotypes qui ont été construits par la propagande coloniale. Il faut enfin regarder l’histoire droit dans les yeux, comprendre à quel point…
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Réconcilier les mémoires c’est de la foutaise. Il faut oser écrire l’histoire sans biais et scientifiquement. Tant que mémoire et histoire seront confondus, il n’y aura que manipulation et réécriture.