Un article publié le 9 mars 2023 par l’hebdomadaire Paris Match Belgique et 11 mars 2023 par le site Paris Match.be
Une vingtaine de pays l’ont déjà fait. Des juristes, des philosophes en débattent. Faut-il que les forêts, les fleuves et les montagnes deviennent des sujets de droit, au même titre que les humains ? Des entités non humaines doivent-elles « recevoir la parole » dans les tribunaux ou des parlements pour faire valoir leurs intérêts ? Eclairages avec Matthias Petel, chercheur à la Harvard Law School et à l’UCLouvain.
Des juristes et des philosophes débattent de l’idée de reconnaître des droits à la nature. De quoi parle-t-on concrètement ?
Matthias Petel. Sur un plan juridique, la préoccupation est de permettre aux écosystèmes de mieux « se » défendre des agressions dont ils sont l’objet devant les cours et tribunaux. Aussi la discussion est de savoir si des entités non humaines, telles que des fleuves, des montagnes ou des forêts doivent devenir des « sujets de droit », comme le sont déjà les personnes physiques (nous, les humains) et les personnes morales (les entreprises et autres associations).
Autrement dit, les partisans de cette évolution normative plaident pour que des entités naturelles puissent être parties prenantes dans les procès qui les concernent ?
Oui. Mais les droits de la nature peuvent aussi être envisagés sous un autre angle, celui d’une réflexion sur l’intérêt de créer une représentation politique d’intérêts non humains. On discute alors de la création de lieux – par exemple un « parlement de la nature » ou un « parlement des choses », pour reprendre une formule de feu le philosophe Bruno Latour – où le point de vue des écosystèmes pourrait se faire entendre. On aboutirait ainsi à une forme de démocratie délibérative, incluant la « parole » de la nature et mettant en balance les intérêts écologiques, sociaux et économiques.
Faut-il reconnaître des droits à la nature pour sauver l’avenir ?
Une vingtaine de pays l’ont déjà fait. Des juristes, des philosophes en débattent. Faut-il que les forêts, les fleuves et les montagnes deviennent des sujets de droit, au même titre que les hu…
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