« Vaillants soldats d’une cause sacrée, j’ai confiance en votre bravoure tenace et je vous salue au nom de la Belgique. Vos concitoyens sont fiers de vous. Vous triompherez parce que vous êtes la force mise au service du droit.» Ces paroles du roi Albert Ier, prononcées au tout début de la guerre à destination de la petite armée belge – sous-équipée, sous-entraînée, disposant de fortifications obsolètes et commandée par un état-major divisé – étaient caractérisées par un certain optimisme de la volonté.
Toutefois, la situation d’infériorité militaire belge aurait pu être encore plus marquante. C’est ce qui ressort notamment des mémoires du général Emile Galet, publiées en 1931. Cet officier qui fut conseiller militaire du Roi avant et pendant la guerre écrit : « Le roi Albert monta sur le trône, au mois de décembre 1909, avec la conviction que la conflagration européenne se déchaînerait sous son règne. La préparation à la guerre prit place au premier plan de ses préoccupations. Tout était à reprendre. Selon le mot du général Brialmont, trop de bonheur et de prospérité avait égaré la nation et endormi sa vigilance. (…) Coincée entre deux voisins qui pouvaient mettre en opération en quelques jours deux millions de soldats chacun, la Belgique maintenait ses effectifs de campagne au chiffre de cent mille hommes, comme au temps où les armées françaises et allemandes en comptaient à peine un demi-million. Grâce à Léopold II et à Brialmont, nous possédions, il est vrai, sur la Meuse, les belles de forteresses de Liège et de Namur ; sur l’Escaut, l’immense place d’Anvers ; mais leurs garnisons de guerre étaient mesurées avec une parcimonie qui proscrivait toute action extérieure, qui n’assurait même pas la conduite satisfaisante de leur défense. Au sein d’une opinion publique indifférente aux événements de l’étranger, l’armée a perdu la foi ; certains officiers généraux s’abandonnaient à une anarchie intellectuelle que l’on peut difficilement se figurer. » (NDLR : Général Galet, « S. M. Le roi Albert, commandant en chef devant l’invasion allemande », Plon, Paris, 1931.)
Ainsi, quand Albert devient roi, la tactique militaire envisagée en cas de guerre est de rassembler toutes les troupes au centre du pays et d’ensuite les diriger vers l’endroit d’où viendrait l’envahisseur. Une drôle de stratégie qui fera l’objet de beaucoup de controverses au sein de l’armée de l’époque. C’est encore Galet qui écrit, sans langue de bois : « Cette conception de l’emploi de notre appareil militaire appelait plus d’une objection. En rassemblant l’armée au centre du pays, dans la région Louvain, Bruxelles, Malines, on évacuait volontairement, sans tenter la moindre défense, peut-être sans nécessité, tout le territoire situé à l’est et au sud. Ce repli instantané de toutes nos forces loin de la frontière constituait un abandon blâmable d’une grande partie du pays livrée bénévolement à l’invasion. Il faisait litière de nos obligations internationales, qui nous conviaient à faire acte d’opposition immédiate à toute violation de la neutralité. Un régiment d’infanterie restait à Liège et à Namur comme noyau de la défense de ces places ; mais que représentaient 3000 hommes pour garnir des périmètres de 45 à 60 kilomètres ! »
Plus loin, dans ses mémoires, Emile Galet résume le propos : « Dans tous les pays du monde, les plans d’opérations, de concentration et de transport étaient établis dans tous leurs détails et tenus à jour en permanence pour toutes les éventualités de guerre susceptibles de se présenter. C’est la fonction essentielle de l’état-major. En Belgique, quand l’heure tragique sonna, rien de ce genre n’existait. (…) Rien n’était prêt en 1914 pour concentrer l’armée dans quelque hypothèse que ce fût. (…) L’orage trouvait la Belgique sans plan, avec un commandement divisé. » (Général Galet, « S. M. Le roi Albert, commandant en chef devant l’invasion allemande », Plon, Paris, 1931.)

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