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Guy Peiffer : « J’avais une belle gueule de coupable »

Michel Bouffioux par Michel Bouffioux
7 mai 2015
dans Justice, Paris Match Belgique
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Photo : Ronald Dersin

Photo : Ronald Dersin

Condamné au début des années 1990 à la perpétuité pour deux assassinats et l’organisation d’un trafic de cocaïne, le Luxembourgeois Guy Peiffer a toujours clamé son innocence. Libéré après vingt-quatre ans et neuf mois, il n’a rien perdu de sa détermination et entame un combat pour obtenir la révision de son procès. A 66 ans, celui qui fut le plus ancien détenu du Grand-Duché n’est pas un homme aigri. Tout sourire, plein d’énergie, il dit avoir bien supporté les longues années de son emprisonnement. «J’ai toujours eu la tête à l’extérieur parce que j’ai la conscience tranquille. Bien entouré par ma famille et quelques amis, je n’ai pas vu le temps passer », affirme-t-il à Paris Match. Devenu artiste-sculpteur, le bandit se dit définitivement rangé des voitures et veut prendre la posture du sage qui regarde la vie en face, sans peur et sans regret. Avec un souhait de justice mais certainement pas de vengeance. Le « cas Peiffer » dérange les autorités judiciaires luxembourgeoises mais l’intéressé n’en a cure: « Je ne renoncerai jamais à vouloir démontrer qu’on m’a condamné pour des faits que je n’ai pas commis ! »

Cheveux longs, moustache et barbiche. À coup sûr, cet homme que nous rencontrons dans les environs de Luxembourg-ville ne déparerait pas dans l’adaptation d’un roman d’Alexandre Dumas. Et bien évidemment, c’est au « Comte de Monte-Cristo » que l’on songe lorsque ce fort en gueule âgé de 66 ans évoque les trente-cinq années de vie qu’il a passées derrière les barreaux en France et au Luxembourg. Comparaison n’est cependant pas raison, car Guy Peiffer n’est pas en quête de vengeance. À la différence d’Edmond Dantès, il n’a pas le désir de régler des comptes avec ceux qui l’ont accusé – mensongèrement, dit-il. C’est le visage découvert qu’il pique le système judiciaire luxembourgeois à fleuret moucheté. Fier et démonstratif, son panache autant que son allure physique renvoient plutôt à un célèbre mousquetaire gascon, d’Artagnan, cet autre héros dont Dumas brossa un portrait romancé, lorsqu’il demande justice.

Après avoir crié son innocence en prison, le voici libre depuis près d’un an et déterminé à fourbir ses armes avec l’aide d’un ténor du barreau belge pour obtenir la révision du procès qui lui a valu la plus longue de ses périodes de détention : vingt-quatre ans ! Dont vingt-trois sans le moindre congé pénitentiaire. Après quatorze années, Edmond Dantès, lui, s’était déjà évadé du château d’If…

« En général, les condamnés à perpétuité retrouvent la liberté au bout d’une quinzaine d’années… Moi, on m’a fait attendre plus longtemps parce que je persistais à clamer mon innocence », raconte Guy Peiffer. « Au sein de la commission chargée d’évaluer mes chances de réinsertion, on a vu dans ma détermination une forme de dangerosité, un refus d’introspection, voire – je reprends le terme utilisé par un magistrat – une forme de “méchanceté” ! J’ai toujours su que, pour sortir plus vite, je n’avais qu’à avouer ces faits que je n’ai pas commis et pour lesquels on m’a condamné. Mon principal accusateur – qui s’est rétracté en cours d’instruction sans que la justice en tienne compte – a été condamné au titre de commanditaire de l’assassinat des deux gangsters que j’ai soi-disant exécutés. Après avoir si bien collaboré avec la justice, sa “perpétuité” à lui a été soldée après douze ans ! »

Que l’on ne se méprenne pas, l’histoire ici racontée n’est pas celle d’un enfant de chœur. Guy Peiffer est le premier à le reconnaître. Il regarde sans fierté son état de « connerie » d’antan. « J’ai fréquenté de drôles de milieux, j’ai volé, j’ai escroqué, je me suis battu et j’ai été impliqué dans différents trafics. Je ne connaissais pas les bonnes valeurs… C’est le fruit d’une histoire familiale compliquée, mais je n’ai pas envie de faire pleurer dans les chaumières », dit-il.

Le parcours est assez classique en effet. Enfant abandonné par une fille-mère, père absent, adoption, secret de famille sur ses vraies origines – jusqu’à 18 ans, il croit que ses grands-parents sont ses parents… Violences intrafamiliales, premières petites bêtises pendant l’adolescence, maison de redressement. Et là, les premières rencontres qui (dé)forment et invitent à aller plus loin dans la délinquance.

Malgré tout, à 18 ans, Guy Peiffer tente bien l’expérience d’une « vie normale », en couple, avec un travail. Mais il tombe pour un vol de voiture que, déjà, il prétend n’avoir pas commis… Après un premier passage par la case prison, il fait carrière dans le milieu de la nuit et des cabarets, notamment du côté d’Évreux en Normandie. Et il se retrouve bientôt derrière les barreaux, pour cinq ans et neuf mois. En cause, une bagarre très violente avec un tenancier de bar. Un véritable passage à tabac impliquant plusieurs personnes selon la justice, une affaire de dette réglée d’homme à homme selon Peiffer. Il séjourne alors dans le célèbre quartier de haute sécurité (QHS) de Fresnes, qui fut fréquenté par Mesrine et d’autres célébrités du banditisme.

Sa liberté recouvrée, il s’investit encore dans des milieux interlopes au Luxembourg où se mêlent bandits, prostituées et toxicos réduits à l’état de pantins par des stupéfiants de toutes sortes. Et le voici très vite qui retombe pour proxénétisme aggravé : six années de privation de liberté supplémentaires. À la fin des années 1980, proche de la quarantaine, Guy Peiffer est un vieux cheval de retour dans le milieu du banditisme. « Quand j’ai été arrêté pour la dernière fois en mars 1990, j’avais une étiquette grosse comme cela collée dans le dos : coupable présumé, coupable certain ! », dit-il.

Et cette affaire-là, c’est du lourd. Un trafic international de cocaïne colombienne impliquant de nombreuses personnes, dont certaines appartiennent à de « bonnes familles » luxembourgeoises. Tous les inculpés du dossier se livrent vite à des aveux… Sauf Peiffer, qui sera bientôt accusé par l’un de ses co-inculpés des assassinats de deux trafiquants liés à ce réseau !

Lors de l’interview qu’il nous accorde, le bandit retraité continue à nier ces crimes et il dénonce des « manipulations judiciaires visant à l’écarter pour longtemps de la société ». Si Peiffer ne manque pas d’arguments, ce n’est évidemment pas dans ces pages que l’on instruira le procès en révision.

Pour lire la suite, télécharger le PDF

ob_ed00b5_pmb712-peiffer-ok.pdfTélécharger

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Tags: Banditisme
Michel Bouffioux

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Curieux de beaucoup de choses, je m'intéresse notamment à des dossiers sociétaux, historiques, scientifiques et judiciaires. Depuis 1987, comme le temps passe, j'ai travaillé dans les rédactions de plusieurs quotidiens et hebdomadaires belges. J'ai aussi fondé l'hebdomadaire "Le Journal du Mardi" en 1999. Depuis 2007, je fais partie de l’équipe rédactionnelle de Paris Match Belgique.

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